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Critique du Film : Le Prestige
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Critique du Film : Le Prestige

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 février 2007 à 1547

Film prestigieux

Le Prestige est le troisième acte d’un tour de prestidigitation. Le plus glorieux, celui au cours duquel l’illusionniste remet les choses à leur place de manière inexplicable, à travers un effet qui permet à l’auditoire de retrouver le monde du rationnel, sans trop savoir comment. Sans acte de Prestige, le tour reste inachevé, dans le sens où il laisse le public sur sa faim, dans une situation de manque. Sans acte de Prestige, il n’y a pas de reconnaissance… ni de gloire.
Au cinéma, le Prestige pourrait être comparé bien entendu à la phase de révélation, comme celle qui est présenté par Christopher Nolan à la fin de son film. Une phase qui remet les choses à leur place et qui offre sans équivoque une conclusion à ces tours de prestidigitation modernes que sont les œuvres cinématographiques. Une fois cet acte révélé, il revient au spectateur de juger la qualité de ce tour, et dans le cas du film qui nous concerne, peut-on le qualifier d’acte réussi ? Voyons un peu…

Un début de connivences

Le Prestige narre une histoire de concurrence entre deux jeunes illusionnistes qui démarre par une phase de connivence, mais qui, par le fait d’un malheureux accident entraînant la mort de la femme de Robert, va s’enchaîner par une dégradation de leurs rapports. Tout d’abord purement professionnel, la lutte va rapidement devenir plus vicieuse, dans le fait que l’un, par pur sentiment (injustifié ?) d’infériorité, va s’acharner à voler les secrets de l’autre pour compenser un handicap imaginaire. Au lieu de mettre en avant ses propres qualité, il veut copier (il veut se dupliquer ?) celles de l’autre pour lui ressembler le plus possible. En mieux.
En au final, tout s’appuie sur la notion de double. Fausse ou véritable gémellarité, le tour de l’Homme Transporté repose en réalité sur la notion de projection de Soi en un autre lieu, mais aussi en un autre Soi, ou en un autre Lui. Ce Lui étant, bien sûr, le rival tant haï. On en arrive rapidement à la conclusion que, malgré la jalousie qui les entredéchirent, les deux jeunes illusionnistes sont deux copies déformées de ce que pourrait être le magicien idéal. Finalement fortement identique, Robert et Alfred partagent tout : la même passion pour la magie, mais aussi la même conscience (matérialisé par le vieil ingénieur Cutter) et la même fougue amoureuse (matérialisé par la belle assistante Olivia). Refusant cette évidence, les deux hommes ont décidé qu’il y avait un exemplaire de trop.
Robert (Hugh Jackman), aveuglé par le désir de vengeance

Cette exposition purement philosophique ne pouvait être émise que par un scénario de haut vol. Et c’est vraiment ce qu’est le script du Prestige. Très habilement écrit, il permet au spectateur de participer à l’histoire dans le sens ou il est invité dans les phases de résolution. Si on peut le trouver bien trop bavard et trop long, il a le mérite de détruire les clichés en nous entraînant dans les coulisses de ce monde de spectacle ou tout est permis. Que cela soit le talentueux Alfred ou le charismatique Robert, tous deux sont prêts à accomplir les viles bassesses pour atteindre leurs objectifs. Loin de nous cacher les défauts de ces deux hommes, le script les met en évidence, couvrant même d’un voile leurs piètres qualités humaines.
Il est également intéressant de noter qu’en privant son film de tout élément fantastique, Christopher Nolan et Jonathan Nolan (son frère) font entrer la magie dans le domaine de la science-fiction. En effet, le seul véritable magicien du film est l’ingénieur Nikola Tesla. Il n’y a que lui qui parvient à créer la ‘’véritable’’ machine permettant de réaliser le tour de l’Homme Transporté. Encore que, douloureusement créatrice d’un double de Soi, cette machine ne permet en fait que la matérialisation d’un transfert psychologique - illustration par les faits d’un thème proposé depuis le début du film. Une création pervertie, voir maléfique, et une expérience douloureuse dans le fait qu’après chaque spectacle, Robert doit se contraindre à se tuer pour redevenir lui-même. Rien de guère réjouissant.
Albert (Christian Bale), victime de son génie

Au niveau de la réalisation, il faut bien admettre que Christopher Nolan possède un certain brio pour mettre en image les plus sombres histoires. Après Memento et Batman Begins, il fait encore mieux avec The Prestige. Prenant un malin plaisir à effacer la technique au service de l’histoire, il parvient à rendre cette dramatique aventure passionnante et intrigante. La photographie, somptueuse, ajoute aux personnages une aura mystique et quasi-mélancolique, entraînant le spectateur dans un monde déprimant et superficiel, mais incroyablement accrocheur. Christopher Nolan a également parfaitement choisi ses comédiens. Il a tout d’abord rappelé Christian Bale (qui avait travaillé avec lui sur Batman Begins). Un choix judicieux dans le fait que Alfred est le personnage le plus mystérieux, et que l’acteur a le don pour cultiver l’ambiguïté. Puis, il y a Hugh Jackman, qui interprète Robert. Un rôle plus difficile dans le fait que le personnage doit progressivement perdre la sympathie du public au fil du métrage, pour devenir au final le bad guy du film. Et l’acteur australien, comme d’habitude, s’en tire à son avantage. De plus, les seconds rôles ne sont pas en reste. De Michael Caine (incarnant Cutter, nouvelle sorte de Geminy Crickett) à David Bowie (le mystérieux Nikola Tesla), tous sont remarquables. On pourrait juste noter la mise en retrait de Scarlett Johansson, un peu perdue dans son interprétation. Après la performance très médiocre de Katie Holmes dans Batman Begins, on peut désormais considérer la direction des rôles féminins comme le point faible de Christopher Nolan.
Nikola Tesla (Davod Bowie), un personnage ''Vernien''

La conclusion de

The Prestige est un film remarquable. Riche dans l’écriture et dans sa réalisation, appuyé par de solides comédiens, le film est passionnant de bout en bout, même s’il comporte parfois quelques longueurs nécessaires à la narration. Christopher Nolan, avec ce troisième succès public et critique, peut se considérer aujourd’hui comme l’un des plus grands espoirs de la nouvelle vague de cinéastes hollywoodiens. J’attends avec impatience son prochain film…

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario très accrocheur
  • Réalisation impeccable
  • Interprétation sans faille des deux personnages principaux

Que faut-il oublier ?

  • Quelques longueurs
  • Rôles féminins encore trop en retrait

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