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Critique du Film : Isolation
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Critique du Film : Isolation

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 2 janvier 2007 à 1452

Mort aux vaches !..

La nuit… Un trou perdu de l’arrière pays irlandais…Une ferme bovine misérable couverte de bâches en plastique… La pluie… La boue…. La crasse. Le décor est planté, le drame peut se nouer. Ces quelques éléments décrivent en fait en détail le théâtre dans lequel vont se dérouler, durant une heure trente, les abominations d’Isolation, film glauque par excellente, une version revue et corrigée à la mode écolo de l’Alien de Ridley Scott qui raconte l’histoire d’une expérimentation génétique qui tourne mal. Et cela de la façon la plus dégueulasse possible.
Dés le début du film, Billy O’Brien , un réalisateur qui connaît ses classiques (de 2000 Maniacs à Razorback), annonce la couleur à force d’examens utérins en plan serré et de longs plans sur une étable noyée de boue et de paille détrempée. Puis deux brèves scènes dialoguées entre personnages louches qui s’échangent des regards complices et une séquence sur un camping-car miteux qui abrite deux jeunes gens aux attitudes étranges et paranoïaques achèvent, dans ces conditions, de mettre le spectateur dans une situation de vigilance et d’inconfort. Une situation qui va basculer dans le cauchemar irréaliste avec l’extraordinaire scène de l’accouchement au treuil. Une très longue séquence, pleine de souffrance, de crasse et de sang souillé, qui met à dure épreuve les nerfs du spectateur et dont la plupart des plans ne dévoilent finalement qu’une corde tendue et une paire de pattes liées. Du grand art…

Une ambiance glauque dans un lieu sordide

Pourtant, au fil des minutes, par l’accumulation de plans révélateurs sur des culs de vache et des mains coupées, l’on s’aperçoit que le cinéaste préfère jouer la carte de l’écœurement plutôt que celle du suspense et du subjectif. Une décision respectable tant l’environnement sordide et malsain dans lequel évolue des personnages névrotiques se prête à l’exercice. Orientant ainsi son métrage dans la voie du gore (dans le sens craspec du terme), il amène ainsi de manière de plus en plus crue le moment paroxysmique du film, la naissance par disection des aberrations génétiques, ou plutôt la naissance de LA créature.
Et malgré les moyens déployés et l’exubérance du traitement (gros plans insistants sur des tas de chairs visqueuses et des entrailles fumantes), je dois admettre que c’est à partir de cet instant que j’ai commencé à inexorablement décrocher de l’intrigue. Car suivre un peu plus les errements et les ‘’pétages de plomb’’ de tous ces protagonistes brillamment introduits – notamment ce génial savant fou, digne d’un film de Paul Morrissey - m’aurait certainement plus intéressé que partir dans cette chasse au monstre un peu convenue. Une sale bête que j’ai eu le plus grand mal à prendre au sérieux, notamment lorsqu’elle agresse violemment ses victimes à travers maintes contorsions piquées à Alien appuyés par de très risibles meuh ! Course poursuite dans une grange humide mal éclairée, exploration débile d’une mare à grand renfort de tracteur (qui évidemment tombe en panne en plein milieu !), reptation dans un tunnel obscur - bref, rien de bien original ni de très réjouissant - illustrent ainsi les tentatives de ces individus pour tenter d’éliminer une sorte d’empilement cartilagineux difforme. Heureusement, au milieu de tout ce déballage de références que j’ai vraiment trouvé trop facile, il y a des scènes complètement déjantées qui mettent en vedette un scientifique complètement dingue qui exécute son entourage à coups de pistolet à clous. La prochaine fois, Billy, consacre un long métrage aux exactions de ce mec !
Un petit air de The Thing

Au niveau de la réalisation, rien d’extraordinaire, mais malgré des moyens que l’on devine limité, le cinéaste réussit à donner au métrage une excellente atmosphère. Modeste, il utilise sans pudeur tous les codes du genre – que cela soit au niveau musical que photographique – pour mettre son histoire en valeur. Une histoire qui finalement vaut surtout pour l’honnêteté de sa conduite (on ne prend pas les spectateurs pour des cruches et les situations s’enchaînent sans accrocs majeurs) et la bonne construction de ses personnages.

La conclusion de

Loin des effets de style et des traitements chocs que recherchent les jeunes cinéastes contemporains, Billy O’Brien a choisit la voie de la sagesse. Cela lui a rapporté un prix à Gerardmer et c’est mérité. Si ce n’est pour la qualité intrinsèque de l’œuvre, cela le vaut en tout cas pour une démarche qui pourrait se résumer en ces quelques mots : le respect du genre. Bien réalisé, doté d’un scénario plutôt intéressant, avec des personnages originaux et haut en couleur, Isolation, même s’il peine un peu en fin de métrage, est un film d’horreur tout à fait respectable. Pour le jeune Billy O’Brien, il ne lui reste plus qu’à confirmer l’essai…

Que faut-il en retenir ?

  • Bonne maîtrise du genre
  • Personnages bien construits et intéressants
  • Une atmosphère bien sordide

Que faut-il oublier ?

  • Une créature ‘’bof-bof !’’
  • Une deuxième partie moins originale.

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