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Critique du Film : A Sound of Thunder
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Critique du Film : A Sound of Thunder

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 10 décembre 2006 à 0156

L’ère des dinobabouins

Dans un futur proche, l’humanité sera capable de voyager dans le temps. La compagnie Time Safari Inc. utilise ses compétences technologiques avancées pour organiser des voyages trépidants dans l’ère Jurassique, offrant à des clients fortunés des expériences riches en émotions. Mais lors de l’un des derniers sauts, l’expédition temporelle commet une erreur. Une erreur qui remet totalement en cause la légitimité du présent et menace même d’entraîner la disparition de l’humanité…
La genèse de A Sound of Thunder est une histoire rocambolesque. Librement adaptée d’une nouvelle de Ray Bradbury, (1952) le projet de construire une histoire s’appuyant sur la théorie de Lorenz voit le jour au début des années 2000. Le lancement de ce film, originellement appelé The Butterfly Murder, doit démarrer en 2001, sous la direction de Renny Harlin, avec Pierce Brosnan dans le rôle principal, celui de l’aventurier-physicien Travis Ryer. Mais les tuiles se succèdent, le tournage ne peut se dérouler en lieu et date et Renny Harlin est finalement remplacé par un Peter Hyams, appelé en urgence.
Entre temps, le tournage s’éternisant, la compagnie de production allemande fait faillite. Une catastrophe, d’autant plus qu’en 2002, tous les décors des studios tchécoslovaques de Prague sont détruits par une terrible tempête et des inondations. Autant dire que le tournage, à cours de moyens financiers et de temps, se déroule dans la confusion et les désagréments. Une fois le film enfin bouclé, les mauvaises surprises continuent quand les producteurs apprennent des responsables de la Warner – qui a récupéré à 100% le projet -que la sortie sur les écrans doit être repoussée, en raison de la toute récente sortie d’un film au thème assez proche ; Timeline (Prisonniers du Temps, de Richard Donner). Au final, A Sound of Thunder atterrit jusqu’en 2005 au fond d’un carton et n’est toujours pas sorti dans les salles de l’hexagone (je doute fort d’ailleurs qu’il y parvienne un jour…).
Empêtré dans tous ces problèmes, on peut se demander comment s’en est sorti Peter Hyams ? Cinéaste très expérimenté dans le domaine de la SF spéculative, professionnel et patient, il parait alors être l’homme de la situation. Mais une fois le film visionné, force est d’admettre que la mission qui lui incombait mettait la barre à un niveau bien au-delà de ses capacités. La faute en revient tout d’abord à scénario faussement écologiste, une adaptation bâclée, mainte fois remaniée pour des obligations budgétaires qui accuse un nombre hallucinant d’incohérences (trop nombreuses pour les énumérer) qui entraînent carrément le projet dans la voie de la série Z. Conscient de ce fait, le cinéaste aurait pu certainement mieux s’en sortir en choisissant d’employer un traitement au second degré, pour se contenter de construire un film de genre survitaminée et rafraîchissant. Au lieu de cela, il décide d’assumer l’objectif premier : réaliser un blockbuster apocalyptique. Le ton est donc sérieux, trop sérieux, et le rythme narratif complètement à coté de la plaque.
La qualité du niveau de l’interprétation paye les frais des carences de ce script. Plombée par cette fumisterie faisant office de scénario, la mise en scène des personnages sombre lentement dans des situations ridicules et décrédibilise le jeu de comédiens qui malgré leurs efforts n’arrivent pas une seconde à nous faire croire à la véracité de ce qui leur arrive. Ils ne sont même pas drôle, ou ridicules, juste inintéressants. Au niveau de la réalisation à proprement parlé, Peter Hyams a choisit d’utiliser une chromatique très sombre (moins que Relic tout de même), avec des bains de couleurs tirant sur une gamme de rouge. Il en sort parfois de bonnes choses, comme quelques plans larges bien cataclysmiques, mais la plupart du temps, cela entraîne une image laide et une surexposition désagréable des tons chairs qui donne l’impression que tous les acteurs ont abusés des séances d’UV avant d’aller à la plage. A coté de ça, les prises de vue et le montage sont les rares éléments satisfaisants du film, avec des plans très courts et un montage très nerveux dans les scènes de poursuite. Deux choix qui ne sont pas sans nous rappeler un certain Jurassic Park. Ce qui finalement me réconcilie quelque peu avec le cinéaste. Finalement, dans le seul secteur où il a la maîtrise totale des facteurs incriminés, il s’en sort avec les honneurs.
Le département qui a souffert le plus des restrictions budgétaires est celui des effets spéciaux. La plupart des tuiles sont en effet arrivées durant la phase de post-production. Et le spectateur, dés le début, se rend hélas rapidement compte de l’étendu des dégâts. Si les décors numériques ne sont pas à proprement dits mauvais, les inserts manquent assurément de finition et le travail d’incrustation (notamment les étalonnages) apparaît comme bâclé. Il est ressort un résultat étrange, presque kitsch, mais qui finit par devenir ridicule pour un film de 80 millions de dollars. On se croirait revenu dans les années 80 (remarquez, pas bête pour un film sur les voyages dans le temps).

La conclusion de

Enième film sur les voyages dans le temps et l’effet papillon, A Sound of Thunder est un ratage monumental, au regard des moyens déployés. Peter Hyams, embourbé dans de nombreux problèmes durant la quasi-totalité du tournage, a certes de nombreuses excuses, mais le résultat est là. Implacable. Ce film est un navet.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation soignée
  • Quelques effets réussis
  • Décors numériques luxueux.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario peu crédible et bourré d’incohérence
  • Ton trop sérieux
  • Interprétation insipide
  • Bain de couleurs laid.

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