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Critique du Film : Reeker
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Critique du Film : Reeker

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 13 juin 2006 à 0827

Odeur de graillon… Mauvaise cuisine...

Le film commence par une séquence pré-générique choc ; une petite famille heurte avec son véhicule un animal sauvage – à travers des plans inondés par des gerbes de sang - puis est transformé de manière mystérieuse et très gore en un joli assortiments de pièces de boucherie. Une ouverture prometteuse, très réussie au niveau des effets spéciaux, avec un impact qui n’est pas sans rappeler les débuts fracassants de Destination Finale 2 ou du Vaisseau de l'angoisse , deux œuvres aux démarrages tonitruants mais surtout véritables feu de paille pelliculés.
Après avoir mis son audience dans l’ambiance, le réalisateur-scénariste-producteur-musicien David Payne nous présente les principaux protagonistes de l’histoire ; cinq jeunes gens qui fleurent bon les victimes toutes désignés d’un quelconque croque-mitaine de passage, stéréotypes éculés qui abondent dans les horror teen-movies des années 90. Il y a la jolie écervelée (là, pour le coup, l’actrice en fait des tonnes, depuis Marilyn Monroe, j’ai rarement vu une blonde aussi conne), la brune réfléchie mais plutôt casse-couilles, son copain, assez débrouillard mais un peu trop amateur de substances illicites, l’alter ego masculin de la blonde, et enfin, une petite touche d’originalité, avec un beau gosse aveugle destiné à amener la dose d’humour potache au métrage à grand renforts de gags bien nases.
Partis dans un trip à bord d’un vieux 4x4 dans le but inavoué de se rendre à une bonne vieille party de derrière les chaumières, les jeunes vont finalement atterrir - suite à une prétendue panne d’essence - dans un relais routier inexplicablement abandonné. Le cinéaste va alors s’amuser à jouer avec les nerfs de ses personnages isolés dans le désert, en utilisant à outrance toutes les bonnes vieilles ficelles issues des premiers slashers et devenues depuis si vulgaires. Malgré l’inconfort de la situation – lieu abandonné, téléphone en panne, pas d’essence –, les imbéciles se séparent, fouillent des lieux obscurs, se fricotent, picolent, dansent autour d’un feu ; on pourrait se croire revenu dans un vieux Vendredi 13. On attend donc Jason… Il ne va pas tarder.
A la manière des ghosts stories, David Payne rajoute alors des apparitions, la plupart du temps au fond du cadre, et de furtives visions fantasmagoriques noyées dans le décors. Il n’oublie pas non plus les effets de surprise à la Scoubidoo avec des séquences ‘’Bouh ! C’est moi !’’ d’une naïveté déconcertante. Pour résumer, on assiste à un défilé de situations aussi terrifiant qu’un épisode d’Arabesque, et presque aussi soporifique.
Puis survient le Reeker – le faiseur de puanteur, pour traduire littéralement -, une créature inspirée vaguement d’un Creeper (Jeeper Creepers) auquel on aurait greffé un masque à gaz de la Grande Guerre et des prothèses mécanisées achetées dans un magasin de bricolage (perceuse, ponceuse, tronçonneuse). On a cependant du mal à bien discerner les exactions de cette étrange créature sponsorisée par Castorama tant le nuage de puanteur qui l’entoure est opaque. Il n’empêche que pour les jeunes gens, chaque reniflement dégoûté est alors une alarme olfactive qui anticipe les attaques du Reeker (tu sniffes, t’es mort ! Un nouveau message contre les méfaits de la drogue ?). Cela donne lieu à des attaques plutôt bien filmées qui auraient pu être impressionnantes si les situations ne prêtaient pas tant à rire. On est à la limite de la parodie mal assumée, avec notamment cette séquence des chiottes à peine moins drôle que celle du délirant Street Trash, c’est dire l’impact horrifique !
Au milieu de ces belles gueules condamnées à d’atroces et ridicules morts, les cinéphiles pourront reconnaître le comédien Michael Ironside qui interprète un chauffeur de camping-car cardiaque à la recherche de sa femme. Intrinsèquement convaincant, son rôle est cependant trop faible pour que son personnage – qui est le responsable de cette succession d’évènements – arrive à égarer le spectateur. Un spectateur qui a depuis longtemps compris que les quatre jeunes gens ne se trouvent plus sur le même plan de réalité que d’habitude. Reste à savoir duquel il s’agit.
La réponse arrive avec un final très – trop? – explicite qui fait plus office de résumé que de révélateur. Une fin aux forceps, qui pose arbitrairement une conclusion sans prendre la peine de nous éclairer sur certains choix cosmétiques et esthétiques, et qui garde sous silence d’éventuels explications sur la symbolique de certaines situations. Un style traitement qui me laisse décidemment penser que David Payne est plus attaché à mettre en scène une débauche de scènes chocs qu’à leur donner matière à réflexion.

La conclusion de

Croque-mitaine post-mortem, le Reeker pue de la gueule autant qu’un vieux camembert. Pas impressionnant ni original pour deux sous, il subit de plus une narration mal maîtrisée qui entraîne parfois le film sur le sentier bien nauséabond de la parodie involontaire. Bien que moins spectaculaire – les effets spéciaux sont en effet le seul aspect réussi de Reeker –, mais beaucoup plus malin et délirant, Dead End abordait ce thème – les tribulations de morts ignorant leur condition - avec beaucoup plus de talent.

Que faut-il en retenir ?

  • Photographie propre
  • Bons effets spéciaux

Que faut-il oublier ?

  • Scénario sans aucune originalité
  • Personnages stéréotypés
  • Un slasher de plus
  • Plus parodique que terrifiant

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