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Critique du Film : Dark Water
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Critique du Film : Dark Water

Avis critique rédigé par Emmanuel G. le dimanche 2 mars 2003 à 1050

Dark Water

Eaux noires et profondes
Depuis Ring, du même Hideao Nakata, les histoires de fantômes revanchards, on en pourtant vu quelques unes, sans même compter avec le remake américain dudit Ring. Nakata remet le couvert et réussit à nouveau à nous effrayer avec une efficacité impressionnante. Amusant de constater qu’une fois de plus, la surprise vient du Japon. A quand le dernier film américain nous ayant seulement fait la moitié de l’effet de ce Dark Water ?
Comme dans toutes les grandes réussites du fantastique, c’est en voyant se pervertir et se teinter de surnaturel des situations quotidiennes et banales que naît l’effroi, comme cette tâche d’eau qui ne cesse de s’aggrandir sur le plafond de l’appartement de Yoshimi, mère divorcée et désemparée, et de sa fille Ikuko.. De la même manière, c’est un objet pourtant anodin (le petit sac rouge) qui annonce le drame à venir et en marque les étapes de progression. A l’exception d’un final qu’il serait dommage de déflorer, toute l’ambiance de Dark Water fonctionne sur ces éléments a priori anodins : des bruits de pas ou d’eau qui goutte, aussi efficaces que n’importe quel effet spécial ; la pluie incessante qui efface tout élément de repère physique ; une poignée de cheveux qui coule mystérieusement d’un robinet ouvert…
Mais si Dark Water effraie, ce n’est pas réellement en raison de son scénario, efficace mais sans réelle surprise (encore que…). La trame de l’histoire peut sembler classique et l’explication du mystère sera rapidement éventé. Malgré cela, la pression et l’ambiance restent constantes, continuant à nous scotcher. C’est parce que Dark Water, au delà d’une histoire convenue, joue intelligemment sur le registre psychologique. On suit donc le calvaire de Yoshimi, qui voit resurgir les démons de son passé (sa propre histoire d’enfant délaissée par des parents divorcés), se mêlant à sa peur de ne pouvoir offrir mieux à sa propre fille. La solitude des personnages est ainsi particulièrement angoissante, tant le réalisateur évite les scènes ou apparaissent en même temps plus de 4 personnages. A l’exception notable de l’école de la petite Ikuko, qui sera pourtant la scène d’une apparition fantomatique traumatisante pour la petite fille, alors que ses camarades et professeurs ne sont qu’à quelques pas.
On assiste en fait pas à un remake de Ring, puisque Nakata part dans une direction finalement opposée, en ne parlant plus de sorcellerie ou de malédiction, mais en décrivant un drame « domestique », complètement ancré dans un univers urbain déshumanisé. A ce titre, l’immeuble pourrissant qui abrite l’intrigue en est un personnage à part entière, avec ses couloirs vides et déguelasses et ses innombrables portes fermées… Cette dramatisation de la vie des personnages est soutenue par le jeu excellent des deux actrices principales, particulièrement convaincantes, dynamisant les scènes horrifiques par l’émotion qu’elles leur confèrent.
Tout au long du film, Nakata fait preuve d’une grande maîtrise du cadre et du placement. La caméra renforce durant tout le film le sentiment de malaise qui nous tient à la gorge. Témoin ou complice, le spectateur l’est tour à tour, mais ne le sait jamais à l’avance, et se fait surprendre aussi bien que les deux héroïnes de l’histoire. Le réalisateur se joue avec brio des contraintes physiques de décors volontairement étriqués, réussissant à installer un suspens par simple rotation d’angle de vue dans une salle à manger. Le film doit beaucoup de son efficacité à son irréprochable photographie, qui magnifie l’omniprésence de l’eau, noire et putride, qui semble submerger tout le film. Dark Water procure son lot de scènes tétanisantes, comme lorsque Yoshimi entre enfin dans l’appartement au dessus du sien pour y découvrir ce qui s’y cache…

La conclusion de

Drame de la solitude, de l’abandon et de l’aliénation autant que film d’épouvante, Dark Water est un film poignant, bouleversant et authentiquement terrifiant.

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