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Critique du Film : Johnny Mnémonic
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Critique du Film : Johnny Mnémonic

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 7 mars 2006 à 0754

Out of Memory

A l’origine, Johnny Mnemonic est une nouvelle, que l’on peut trouver en version française dans le recueil Gravé sur chrome, édité chez J’ai Lu. Et son auteur est l’un des plus grands porte-parole de la culture cyberpunk, le célèbre William Gibson. Un écrivain peu prolixe qui est d’ailleurs l’auteur de ce scénario qui marquait définitivement, il y a dix ans déjà, l’entrée de ce style artistique dans le monde du cinéma.
Pourtant, à la base, le pitch de Johnny Mnemonic n’a rien de révolutionnaire. Vous connaissez le terme de passeur ? Ces individus, soldés par des trafiquants en narcotiques, qui tentent de faire traverser les frontière, et les différents contrôles qui en découlent, en planquant de la dope au fin fond de leur anatomie ? Et cela au risque d’y laisser peau en cas de fuite, causée par un traumatisme ou une simple chute ? Et bien, Johnny Mnemonic est tout simplement un passeur futuriste. Au lieu de drogue, c’est des informations numérisées qu’il convoie, et au lieu de se glisser un CD-rom dans le fion, ce qui avouons-le, ne doit pas être commode, il télécharge directement les données dans un espace spécifiquement créé dans un coin de son cerveau. Vous l’avez compris, Johnny est un disque dur amovible avec des bras et des jambes, une clé USB humaine.
Il faut dire que le monde de demain est quelque peu bizarre. Hormis un goût vestimentaire de merde qui rend les tenues du 5ème Elément, en comparaison, presque viriles, et une stagnation totale dans les progrès automobiles, le spectateur s’aperçoit rapidement que le futur n’est guère réjouissant. Accrocs aux médias et aux culte de la ‘’customisation’’ cyber, les humains sont devenus des êtres superficiels et manipulés par les artifices des multinationales, et les rares individus ne voulant pas entrer dans le jeu sont condamnés à la marginalité. En fait, malgré un habillage résolument avant-gardiste dans le fond, les choses n’ont guère changées ; les riches, les pauvres, les putes, le caniveau, la délinquance, la drogue, le SIDA (remplacé par le SAN, objet de la traque)… Les enjeux et les atouts sont les mêmes. On se retrouve avec un raisonnement similaire à celui de Blade Runner. Alors, pourquoi donc le film de Ridley Scott est un chef d’œuvre et celui-ci une bouse puante ? Les raisons sont multiples.
Commençons par la réalisation pitoyable de Robert Longo. Qui c’est d’abord ce type ? En cherchant un peu, on découvre que c’est un ancien clipper, avec entre autres, des collaborations avec REM. REM a fait des clips ? Super… En tous cas, des inconscients ont filé au type la coquette somme de $26 millions. Un magot qu’il dilapide avec une délectation sympathique mais un talent inexistant. Il va même dépasser le budget, pour un produit final qui va peser 30 patates (et qui va d’ailleurs en rapporter 20, faites le compte…). Et pour ce prix là, le spectateur va devoir se contenter, en guise de scènes mémorables, de quelques explosions accompagnées de trois chutes de bagnole en feu. Le tout mollement filmé, sans aucune imagination, avec un montage archi-nul qui donne parfois l’impression que les comédiens se meuvent comme des trisomiques. Un véritable foutage de gueule.
Et ne parlons pas des décors. Un hôtel, une boite de nuit, une ruelle, et le repaire des rebelles. Si les extérieurs de la base rebelle (un pont suspendu) sont assez convaincants, il n’en est pas de même avec les intérieurs qui se résument à une coursive de cargo, le pont d’une barge poubelle et une ‘’grande’’ salle informatique encombrée par un gros tas de vieux téléviseurs pourris et un bassin aquatique piqué à Maryland (dans lequel se trouve Mr Jones, un dauphin hacker doté d’un joli casque hi-fi). Y’a pas à dire, ces rebelles font pitié, d’autant plus qu’ils n’ont même pas de flingues et qu’ils sont obligés d’utiliser des arbalètes et des crachats.
Venons-en aux personnages. Johnny Mnemonic, ce passeur qui effectue une course contre la montre avec des Yakusas et une embolie cérébrale, est interprétée par le célèbre homme-courgette ; Keanu Reeve. Toujours aussi placide et inexpressif, l’acteur trimballe sa carcasse sans vraiment s’investir, ayant peut-être peur de donner trop de profondeur psychologique à un disque dur ambulant. Qui sait ? Pourtant, il s’énerve parfois un peu (il faut voir quand il se met à pleurer sa mère debout sur un tas de détritus) et il illustre ça par un serrage de dents, son regard restant toujours aussi vide. A ses cotés, on peut trouver la belle Dina Meyer. Desservie par son joli visage et des fringues complètement inadaptées (le must du kitch : la grenade rose bonbon !), elle a un mal fout à rendre crédible son rôle de fille des rues, et certaines séquences d’exposition qui sont cadrées sur elle la rendre même ridicule (comme lorsqu’elle défait ses beaux cheveux bouclés).
A coté de ce duo chiant à mourir, on trouve quelques bonnes gueules de série B. Le réalisateur-acteur Takeshi Kitano incarne le riche Takahashi. Une guest-star bienvenue, qui donne au rôle un air mélancolique nécessaire à ce personnage tiraillé par les remords et miné par la tristesse. Moins réussi, Ice-T en J-Bone (le chef des rebelles). Manque de charisme, jeu approximatif, pas grand-chose de bon à en tirer, surtout attifé comme ça ! J’ai bien rigolé par contre avec l’intervention du géant Dolph Lundgren dans la peau Prêcheur des Rues, un tueur obsessionnel qui massacre ses victimes en récitant des psaumes des Evangiles ! Ah, quelle belle époque que les années 90, où l’on pouvait déconner sur la religion sans y laisser des plumes ! Essayez aujourd’hui pour voir !

La conclusion de

Johnny Mnemonic partait d’une bonne idée, mais s’est complètement vautré lors de sa conception. La totale incompétence du ‘’réalisateur’’ Robert Longo (qui mettra à l’occasion fin à son éphémère carrière de cinéaste) y est pour beaucoup, même si cela n’est pas évidemment la seule raison. On peut y rajouter des décors pourris, des fringues nases et une interprétation sans saveur. Reste quelques effets spéciaux kitch très rigolos (dans le style Le Cobaye) et un Dolph Lundgren illuminé pour tirer quelque peu le film de l’ennui. Mais, bon, n’ayons pas peur des mots : Johnny Mnemonic est un disque à formater…

Que faut-il en retenir ?

  • Dolph Lundgren en prédicateur
  • Takeshi Kitano en guest star
  • Quelques effets spéciaux amusants.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation sans saveur et poussive
  • Interprétation fade
  • Décors et costumes misérables.

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