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Critique du Film : Et l'Homme créa la Femme
Et l'Homme créa la Femme >

Critique du Film : Et l'Homme créa la Femme

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 10 janvier 2006 à 0905

Faire du Tim Burton ? Il fallait Ozer.

Femme dynamique, autoritaire et carriériste, Joanna tombe en pleine dépression nerveuse lorsqu’elle apprend qu’elle est virée comme une malpropre de son travail. En compagnie de son mari dévoué et des ses deux enfants, tous décident de s’installer loin de la ville, dans un charmant petit village du Connecticut, Stepford. Là, ils découvrent un monde étrange, peuplé d’hommes rentiers passant leur temps dans un club, et de femmes magnifiques et dévouées corps et âme à leurs époux.
Véritable festival de second degré caricaturant les réactionnaires machistes de l’époque, la première version de ce film sortit au début des années soixante-dix, au cœur d’une période hautement militante dans les domaines délicats de la liberté sexuelle et de l’égalité des sexes. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et les temps ont bien changé, aussi traiter le sujet de la même manière aurait pu paraître bien incongru. Conscient de cela, et pour nous faire avaler la pilule, le cinéaste Frank Oz décide alors de passer dans le camp de la démesure, à la limite du conte baroque et de la fable burlesque.

Stepford ; le paradis artificiel du macho

Dans ce but, il décide de donner au village cossu de Stepford l’apparence de ce que aurait pu être la véritable matérialisation de l’American Way of Life des années 50. Une ère considérée par de nombreux américains – et leurs économistes, d’ailleurs – comme la période la plus heureuse de la courte histoire de leur pays. Il faut croire qu’ils ont oublié le Maccarthisme et les ségrégations raciales ! Les jeunes femmes ‘’idéales’’ de Stepford porte donc ces jolies robes à fleurs typiques de l’époque, ont de très esthétiques décolletés, le lipstick Rouge-Baiser, les escarpins blancs et les chevaux décolorés. Le design des maisons, coquettes et à l’ameublement kitch, rappelle également ces années des ‘’happy days’’, avec son atmosphère puritaine et très dixieland.
Seulement, Frank Oz n’hésite pas à mélanger les genres. Car le style de vie et la mode vestimentaire des hommes nous renvoie, cette fois-ci, à la fin du 19ième siècle, avec ces gentlemen de la classe aisée – caste élitiste composée d’industriels des pétroles, de l’acier ou des transports, de riches banquiers ou de membres de l’aristocratie terrienne – qui passaient leurs soirées libres dans de confortables clubs - ou loges -, à jouer aux échecs, fumer des cigares, boire du brandy, tout en refaisant le monde.
Joanna au pays de la famille Ingalls

Frank Oz utilise donc ce support composé de ces deux décors désuets, mélangeant les styles et usant d’anachronismes pour amener ses effets comiques. Si on peut affirmer que de nombreux gags, pris séparément, sont assez drôles, on constate hélas que le sujet ne décolle vraiment jamais, car le cinéaste ne maîtrise pas le style narratif qu’il s’est choisi, lorsqu’il a opté pour un traitement ‘’burtonien’’. En effet, suivre les traces du créateur de Edward aux mains d’argent et autres Big Fish n’est pas chose facile, et il ne suffit pas de faire appel à une bande originale de David Arnold (copiée sur les oeuvres de son compositeur fétiche, Danny Elfman), pour donner le change. Il aurait fallu que Frank Oz fasse preuve de beaucoup plus de folie, de poésie ludique et d’excentricité.
Au lieu de cela, ce bon réalisateur – n’oublions pas qu’il est le créateur du remake de la Petite Boutique des Horreurs – essaye de compenser par ce qu’il sait faire le mieux ; le comique de situation, qui placé dans un tel contexte ubuesque, entraîne l’apparition de séquences parfois amusantes, mais aussi assez souvent ridicules. En conséquence de fait, un bon nombre d’effets voulus comiques tombent un peu à plat. On peut également regretter qu’il n’ait pas un peu plus fait appel aux capacités de ses acteurs, car il est vraiment dommage d’avoir à sa disposition un tel panel de comédiens talentueux et de les utiliser en de si faibles proportions.
Car la distribution de ce film est un véritable bonheur, et un rêve inaccessible pour un bon nombre de réalisateurs. Malheureusement, les second rôles sont véritablement enserrés dans un carcan, et on sentirait presque certains d’entre eux – comme l’intenable Bette Midler - taper du pied pour qu’on leur laisse un peu plus de liberté créatrice. En tête d’affiche, dans le rôle du gentil mari amoureux, Matthew Broderick a vraiment le look de l’emploi, mais à part rouler des yeux et arborer un petit sourire timide, il ne fait pas vraiment pas grand-chose. Christopher Walken se voit confier, quand à lui, un costume de robot gentleman qui lui sied à ravir mais, là également, son rôle est tellement cadré qu’il ne peut laisser libre cours à son sens inné de l’humour classieux.
Seuls les personnages incarnés par Nicole Kidman et Glenn Close sont réellement des pierres indispensables à l’édifice. Et là, on peut dire que Et l’Homme créa la Femme sert enfin à affirmer quelques chose ; la maturité de l’ex-dulcinée de Tom Cruise. Si elle n’a plus rien à prouver au niveau dramatique – suite à ses excellentes prestations dans Les Autres et dans Dogville -, elle avait encore tout à démontrer dans la comédie légère. Je dois avouer que j’ai été sous le charme, de son extraordinaire beauté bien sur – Nicole, reste brune !- mais aussi de sa fraîcheur et de son sens de l’humour qui lui a également bien servi dans Ma Sorcière Bien Aimée – sans tenir compte, bien entendu, de la qualité intrinsèque du film. Le rôle de Glenn Close est, lui, beaucoup plus exubérant et l’on sait depuis longtemps qu’il est une des multiples cordes de l’arc de cette grande actrice. Et comme d’habitude, il n’y a strictement rien à lui reprocher.

La conclusion de

Frank Oz, avec ce Et l’homme créa la Femme, a essayé de marcher sur les plates-bandes de Tim Burton mais, malheureusement pour lui, il a souvent glissé sur la pelouse. Le film est loin d’être mauvais et comporte des moments bien drôles, mais il est bien en deçà de ce qu’il aurait du être, au regard d’un scénario rempli de possibilités inexplorées et d’une pléiade de comédiens talentueux sous exploités. Au lieu d’une grande fiesta délirante et cynique, le réalisateur nous accouche au final d’un petit cocktail distrayant mais un peu trop guindé

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario riche en possibilités
  • Casting grandiose
  • Quelques moments drôles

Que faut-il oublier ?

  • Oz qui se prend les pieds dans le tapis

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