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Critique du Film : Abîmes
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Critique du Film : Abîmes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 19 octobre 2005 à 0928

Damnation sous les mers

David Twohy, le réalisateur de Abîmes, n’est pas vraiment un inconnu, même si l’on ne peut pas vraiment affirmer qu’il soit considéré comme une célébrité dans le milieu. Le film qui lui avait permis d’acquérir une certaine notoriété parmi les fans de fantastique est Pitch Black, une sorte de remake très flippant de la Planète des Vampires de Mario Bava, avec en vedette Vin Diesel. Mais David avait déjà avant ce film roulé sa bosse, comme on dit, dans le petit monde du cinéma de genre, de ses débuts en tant que scénariste indépendant (Critters 2, Warlock) à ses travaux pour les studios qui vont du meilleur (Le Fugitif) au pire (Waterworld). Puis, il s’est orienté vers la réalisation signant, avant Pitch Black, deux séries B sympathiques ; Timecop et The Arrival - comme par hasard, deux films très paranoïaques. Avec Below, il passe la vitesse supérieure, que cela soit au niveau budget, ou purement artistique.
Below raconte l’histoire d’un sous-marin américain, le Tiger Shark, envoyé par l’Amirauté sur les lieux du naufrage d’un navire hôpital, lors de la deuxième guerre mondiale. Après avoir recueilli les quelques survivants à bord, le sous-marin reprend le cours normal de sa mission. Des évènements étranges commencent alors à survenir, qui laissent à penser à certains hommes d’équipage que le navire est hanté. La situation se complique plus encore lorsque le Tiger Shark est pris en chasse par un destroyer ennemi.
Sur ce pitch commun a un bon nombre de films de guerre, David Twohy y ajoute le thème de la maison hantée en le reportant dans un autre huis clos, l’univers cloîtré des sous-mariniers. Il fallait y penser, mais il faut dire que ce milieu vraiment spécial est idéal pour y développer sa claustrophobie, et un cadre exemplaire pour un David Twohy aimant les films d’atmosphère. Et de ce fait, Below développe à la fois, et de manière assez subtile, les différents ingrédients que composent les films de guerre, les films d’épouvante et même le film noir avec cette histoire d’infiltration et de traîtrise.
Il faut bien le reconnaître, grâce à un scénario très bien léché de Daren Aronofsky (Pi), le film, par ses multiples fausses pistes, est parfois assez flippant. Ici, point d’ectoplasmes, d’effets sanglants, de coups de théâtre et d’effets faciles. Juste une atmosphère. Tellement naturelle qu’elle est devient inquiétante. En usant le moins possibles de techniques modernes et en évitant l’esbroufe, Twohy parvient à nous faire oublier la caméra pour vous inviter à pénétrer dans le monde très particulier des sous-mariniers, où la peur est une composante essentielle de leur existence. La peur d’être surpris et détruit.
L’USS Tiger Shark a appris a se cacher dans les ombres abyssales, afin de mieux surprendre sa proie, ou d’échapper à sa punition, mais ce prédateur – Ce requin tigre – se voit soudainement la victime d’une force utilisant les mêmes armes que lui ; la dissimulation et la menace. Les réactions des sous-mariniers sont alors sérieusement décortiquées, de manière douloureuse, et leur abandon mental, puis leur mort tragique, s’effectuent dans la plus pure tradition dramatique, avec un jeu très juste, un mélange habile entre Das Boot et Ouragan sur le Caine.
Pour se rassurer, le spectateur cherche quand à lui une dimension fantastique, irrationnelle, alors que l’essence du film se concentre sur le drame humain. Les fantômes qui hantent les coursives de ce navire maudit – Par extrapolation, l’équipage atteint la damnation via les exactions de la machine et de son timonier – ne sont que la mise en symboles du poids de ce sentiment de culpabilité qu’émane leur subconscient. On pourrait croire à la création d’une entité psychique rédemptrice, une sorte de catharsis issue de la psyché des marins cherchant le pardon. De Dieu… ou d’un Autre…
Comme on peut le voir, le film présente deux niveaux de lecture, et il est dommage pour sa carrière que le premier, le film d’action, soit si peu intéressant, car au-delà du discours psychologique et philosophique (voire métaphysique), aussi passionnant soit-il pour celui qu’y veuille bien s’y pencher, le spectateur voulant y trouver autre chose passera probablement son chemin, ou s’endormira du sommeil du juste. En fait, c’est simplement une histoire de catégorie et lors de sa sortie en salle, Below n’est pas à sa place dans celle que la production, Dimension Films – filiale de Miramax – a souhaité le placer. Ce qui explique probablement le bide total lors sa sortie. Le film se rapproche plus, thématiquement et narrativement, de l’excellent K-19 – autre four mémorable – que de La Maison de l’Horreur et fait un peu tâche dans le catalogue Dimension, plutôt orienté teen-movies. L’adolescent accroc des Denise Richards, David Arquette et consorts a du être fortement déçu, même si la présence inutile d’une femme à bord – à part pour entretenir la légende de porte-malheur – nous rappelle les obligations économiques de toute production américaine.
Mais peu importe (bon, c’est vrai, ce n’est pas moi qui est financé le film), car sans atteindre vraiment une totale liberté de traitement, David Twohy a réalisé le film qu’il souhaitait, intelligent et sincère – contrairement à Sphère par exemple - et faisant plus ou moins fi des quotas hollywoodiens actuels. Et c’est bien là l’essentiel, n’est-ce pas ?... Qui a dit : non ?

La conclusion de

Abîmes est un film intimiste, paranoïaque et psychologique. Un huis clos cérébral très loin des films d’horreurs remplis de monstres baveux qui hantent les couloirs. Mais Below est surtout un bon film, bien réalisé et interprété, avec un message bien mis en valeur. Une campagne de promotion ratée et quelques petits problèmes de rythme dans la narration ne lui ont pas permis d’avoir une honorable carrière en salle. Mais, heureusement, nous vivons en pleine ère du DVD.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario racé et intelligent
  • Ambiance claustro bien rendue
  • Interprétation nuancée et efficace

Que faut-il oublier ?

  • Petits problème de rythme
  • Trame assez hermétique

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