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Critique du Film : Les Frères Grimm
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Critique du Film : Les Frères Grimm

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 12 octobre 2005 à 0937

Un film bancal mais assez réjouissant

Nous sommes en 1811, dans une Allemagne occupée par les troupes napoléoniennes. Les frères Grimm sont des charlatans vivant de la crédulité des gens, leur faisant croire qu’ils sont de grands exorciseurs et chasseurs de démons. Leurs derniers exploits ont attiré l’attention du gouverneur français qui, par l’intermédiaire de Cavaldi, un homme de main italien, les fait capturer et envoyer dans le petit village de Marbaden afin de résoudre une mystérieuse affaire de disparition d’enfants. Arrivés sur les lieux, les deux frères s’aperçoivent rapidement que ces rapts ne sont pas effectués par une main humaine mais que la forêt voisine est hantée par le spectre vengeur d’une ancienne sorcière, la reine de Thuringe. En compagnie de la jolie ranger du village, Angelika, nos deux amis, sous la surveillance de Cavaldi, décident d’affronter les maléfices de l’entité.
Les frères Grimm démarre comme Fantômes contre Fantômes, ni plus ni moins, mais dans une période qui est très chère à Terry Gilliam, ce 18ième siècle – bien que l’aventure se passe en fait en 1811 - qui peut lui permettre de mettre en avant son goût pour le baroque. Le film aurait d’ailleurs pu tout aussi bien se passer dans une époque plus ancienne, comme durant la guerre de trente ans par exemple (16ième siècle) car tout respire la période post-renaissance ; personnages, décors, et même la musique et certains costumes. Tous ces ingrédients anachroniques amènent au métrage un cachet bizarre, décalé, un aspect dérangeant que l’auteur va utiliser pour créer ce climax ‘’conte de fée macabre’’.
Pour appuyer ce coté obscur et gothique, Terry Gilliam a également assombrit sa photographie et le résultat est plus proche de Sleepy Hollow que du Baron de Munchaussen. Le cinéaste rendra d’ailleurs hommage au film de Tim Burton avec cette scène dans laquelle Wilhelm (Matt Damon) sort tout un attirail de détection complètement farfelu. Je dois avouer que j’ai trouvé que ce mélange d’ingrédients artistiques était très risqué mais que l’alchimie fonctionne parfaitement et crée une extraordinaire ambiance de ‘’dark faerie’’. Une ambiance mise encore plus en avant par les nombreux clins d’œil aux contes de fée populaires (Le petit chaperon rouge, Cendrillon, Herzl et Gretel, Le petit poucet, etc.)
Je dois admettre que j’ai moins apprécié le traitement purement scénaristique et notamment le coté ‘’Stephen Sommers’’ des séquences d’action. Ce n’est pas qu’elles soient ratées – j’ai même très souvent souri - mais les attitudes des deux acteurs, notamment Matt Damon en véritable sosie de O’Connell, le héros de la Momie, anéantissent souvent la magie créé par la photographie et transforment le tout en un spectacle pop-corn jubilatoire mais con, où le loufoque devient potache. On est ainsi ballotté au fil du temps entre les séquences purement féeriques et au délire complètement ‘’Gilliamien’’ (le baiser au crapaud, le bonhomme en pain d’épice) et les séquences à la Abbot & Costello, qui sont beaucoup plus beaufs. Cela m’a surpris et décontenancé en premier lieu, puis je me suis vraiment demandé la raison de cette alternance de style. Le public américain ? C’est con, car le film a fait un four aux States…
Heureusement, les personnages secondaires ont bénéficié d’une particulière attention. Passons sur la jeune ranger, personnage iconique et inintéressant, et la sorcière, finalement peu charismatique, mais attardons-nous sur Cavaldi (un exceptionnel Peter Stormare), le spadassin-boureau Italien, et le général français Delatombe (interprété par le trop rare Jonathan Pryce), qui sont de véritables méchants de contes de fée. Le spadassin qui se rachète sur la fin une conduite est LE personnage du film tant il bouffe l’écran. Gilliam en est conscient car il bénéficie de nombreuses minutes de plans serrés, et il est très souvent présent en avant du champ lors des scènes de groupe. Il faut dire qu’il doit particulièrement aimer ce personnage haut en couleur, gueulard et exubérant, qui se rapproche de ceux des théâtres baroques italiens ou autrichiens, un style que le cinéaste apprécie. Le général, quand à lui, personnifie encore plus le Vice que la sorcière, et il peut être comparé à un mélange malsain de cruauté et volupté, une sorte de rejeton né de l’union entre le marquis de Sade et Messaline. Egalement personnage important du film, bien que moins présent, il sera aussi difficile à éliminer que la sorcière.
Les deux personnages principaux, interprétés par Heath Ledger et Matt Damon sont plus difficiles à juger. Assez bon dans les rares scènes d’atmosphère dramatique, notamment lors de leurs disputes (Matt Damon est d’ailleurs un excellent acteur dramatique), ils se prennent à cabotiner excessivement dés que l’action entre en jeux, le plus tempéré restant Heath Ledger, mais il faut dire qu’il bénéficie du personnage doté de la construction la plus subtile. Si on se penche encore une fois sur la thématique du film, leurs attitudes me semblent hors sujet. Mais ils ne sont certainement pas les seuls responsables, ce scénario mélangeant les torchons et les serviettes y étant aussi pour beaucoup.

La conclusion de

A mon humble avis, Les Frères Grimm est un bon film qui aurait pu être un chef-d’œuvre. Impératifs du box office obligent, on sent que Gilliam a levé le pied sur le délire – on est loin du Baron de Munchausen ou de Brazil – et intégré brutalement dans son œuvre des éléments qui lui sont peu familiers venant du pur pop-corn movie américain, afin de rendre son œuvre plus accessible au public outre-atlantique. Il est dommage qu’il ait fait ce choix car, non seulement encore une fois son film marche mieux en Europe qu’aux USA, mais plus grave, le métrage se voit attribué parfois de deux rythmes culturellement différents qui n’arrivent pas vraiment à faire bon ménage.

Que faut-il en retenir ?

  • Superbe ambiance féerique.
  • Effets spéciaux réussis.
  • Quelques bons délires.
  • Magnifique photographie
  • Certains personnages secondaires.

Que faut-il oublier ?

  • Les scènes incongrues à la Stephen Sommers.
  • L’American Grimm.

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