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Critique : Elektra

Ecrit par Richard B. le vendredi 11 février 2005 à 04:35

On ne vit que deux fois ?

Elektra est morte, sous les yeux attristés de Matt Murdock alias Daredevil. Laissée pour morte après son conflit contre le Tireur (Bullseye), celle-ci est en fait ramenée à la vie par un certain « Stick ». Il lui apprendra l’art du combat et celui de tuer. Devenue tueuse sans scrupule et ayant appris tout ce qui fallait savoir sur l’art des ninjas, Elektra suit sa sombre destinée en laissant cadavres sur cadavres. Mais lors d’une mission celle-ci se met à douter…

On retrouve dans ce film les grosses lignes du comics, Elektra est bien une tueuse sans scrupules, elle est toujours formée par un certain Stick et elle a toujours des liens avec la secte «La Main ». Mais en deux heures beaucoup d’éléments ont été simplifiés. Elektra se met très vite à douter du bien fondé de sa mission, et elle est beaucoup moins torturée que dans les comics. Sa carrière de tueuse impitoyable se résume à une entrée en matière de sept minutes, qui au demeurant est une totale réussite et met le spectateur directement dans le bain.
Comme souvent dans les grosses productions, certains passages viennent salir les bonnes idées, et si le gros du film constitue une bonne surprise, les scènes de dialogues sont quelquefois ridicules et on ne peut s’empêcher de rigoler sur deux ou trois répliques, soit trop publicitaires, soit trop « bande annonce ». Soyons clair ! De l’esprit de Miller il ne reste plus grand chose, et c’est une Elektra simplifiée au maximum que l’on voit, mais le personnage de base était tellement consistant que, même en l’égratignant de tous côtés, il reste ici largement au-dessus du lot, surtout face à d’autres super-héroïnes récemment passées sur écran.

Jennifer Garner est très convaincante dans son rôle (hormis le côté grecque qui ne semble par avoir préoccupé les producteurs). La star de la série Alias dégage une telle énergie et met tellement de bonne volonté dans son rôle qu’on ne peut qu’être satisfait de son approche. Le plaisir est aussi de voir Terence Stamp, qui apporte un côté noble au projet, et qui nous amuse en mentor aveugle. Le reste de la distribution ne marque pas les esprits ni en mal ni en bien, puisqu’ils sont surtout là pour servir le personnage d’Elektra, n’empêchant pas de s’accaparer quelques moments fun du film de temps à autre.

Moments fun comme une scène à l’esthétisme travaillé et sensuel entre Garner et Natassia Malthe, ou encore le personnage de Tattoo qui permet certains délires visuels lorsque les tatouages prennent vie. Inspiré par le cinéma asiatique, Rob Bowman soigne ses combats dans des esthétismes visuels recherchés qui, s’ils n’atteignent jamais les prouesses de Hero ou de Tigre et Dragon, n’en demeurent pas moins vraiment plaisants et surprenant pour un produit venant des Etats-Unis. De plus, Bowman est connu pour ne pas jouer que sur l’action (ce qui lui valut parfois d’être critiqué, surtout sur son film le Règne du Feu), pourtant il est indéniable qu’on lui doit le peu qui reste du personnage d’Elektra. Il prend le temps de filmer le personnage d’Elektra et ses émotions, de même qu’il recherche par son intro magnifique de rappeler que l’héroïne ici n’a rien d'une sainte.

La bande originale fait plaisir à écouter, puisque celle-ci est orchestrale la plupart du temps et évite le côté « mode » à vouloir introduire tous les derniers tubes pour jeunes. Rare de nos jours cela ne peut que gagner le respect face à un choix moins commercial qu’à l’accoutumée.

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