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NIFFF 2010 J7 : Les méchants attaquent !

Publié il y a 6 ans par Richard B.

Septième jour des manifestions cinématographiques Neuchâteloise.

Ce samedi fut marqué par de très belles rencontres : Philippe Nahon, Christopher Smith, Eric Tessier, Sogo Ishii et Greg Broadmore ainsi qu'un voyage vers la   « New World Fantasy » et des films loin de faire l'unanimité.


Shelter


Nous étions partis confiants pour ce Shelter. Bah oui, avec au casting la ravissante Julianne Moore, comment oser douter de ce film ? Après une première partie joliment filmée, assez intrigante, mais déjà en peine de trouver un bon rythme, la seconde saute dans le grand n'importe quoi, avec une scène digne des « Experts » dans laquelle une sorte de forme nuageuse noire à la Paranormal Activity se retrouve - via un ordinateur - transformée en onde auditive. Cerise sur le gâteau, la trouvaille fait suite à une gamine jouant de la batterie. A partir de cette séquence le film devient une sorte d'alignement de clichés et de maladresses, avec un fond prêchant la parole du Dieu tout puissant. Morale de l'histoire : soyez tolérant, croyez en un Dieu, sinon, faites gaffe, le méchant n'est pas loin.... Amen.

Quant à Romain,Shelter restera le « plus mauvais thriller horrifique des 90's de 2010 » accumulant tous les gimmicks techniques horrifiques éculés de ces tendres années : jump scares à foison (que le réalisateur du film appelle lui-même « jump shit », ça en dit long... cf. interview), images subliminales tordues dégueulasses, le tout bien évidemment accommodé d'un écœurant sound design qui semble nous dire que « si avec tout ça t'as pas eu peur, bah on peut plus rien faire pour toi mon pote ». Sauf que la peur, la vraie, celle qui te colle à la peau et tâche ton slip (et accessoirement dépasse la micro-seconde), c'est pas du tout comme ça que ça fonctionne, mais avec de la... de la... MISE EN SCENE! Et oui.
En quelque sorte, Shelter commence comme un énième ersatz du Silence des Agneaux (ce qui n'est pas un mal) avec cette jeune femme, intelligente et esseulée, qui porte des cols roulés et doit affronter un homme étrange incarnant le mal à l'état pur, puis dérive progressivement vers le pire épisode d'Au-delà du Réel (avec de moins en moins de cols roulés et de plus en plus de sorcières-aspirateurs d'âme). Aïe.


Raging Phoenix


Ok, il va y avoir de la baston du côté de la Thaïlande... mais aussi du mélo avec une bonne dose de ralentis. Des méchants, mais alors vraiment très méchants,  kidnappent et assassinent de jeunes demoiselles pour récupérer leur phéromones et en faire le parfum ultime qui va permettre aux riches acheteurs d'attirer sexuellement toutes celles qu'ils pourront désirer. Trois garçons et une fille vont décider de faire justice contre ce marché du sexe à coup de pieds et de cabrioles grâce à la technique de l'homme saoul (Merci Jacki!).

Raging Phoenix de Rashane Limtrakul est un nanar, un « vrai », scénario débile, acteurs de bas étages, mise en scène à l'esthétique poussée mais toujours en inadéquation avec le déroulement de l'histoire, répliques bien débiles, et scènes interminables... cependant, du côté positif nous soulignerons des combats qui tiennent la route avec quelques prouesses athlétiques assez impressionnantes. Pris au 8éme degré et à condition de ne pas être seul, ce métrage peut engendrer de bonnes rigolades.

The Crazies, vu par Romain

Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, on ne pourra jamais reprocher à The crazies sa facture visuelle. Ça en jette foutrement plein la gueule : le chef op Maxime Alexandre (celui d'Alexandre Aja) se régale et sort sa smoke machine au détour de chaque plan large, il s'amuse avec les contrastes entre les flammes chaudes des brasiers de la ville (qui n'ont pas grand chose à faire là si ce n'est, justement, « faire classe ») et des ciels bleu-nuit soigneusement étalonnés.
Ensuite, bon, c'est vrai, ce que ce film de contamination raconte, on s'en fout un poil. L'introduction dramatique du métrage (apparition du premier contaminé - prise de conscience de la contamination  - intervention militaire et donc fuite) est pourtant tout à fait efficace (le couple Olyphant / Mitchell fonctionne et on a vraiment envie de les suivre) et laissait espérer un développement moins conventionnel. Au final, il n'en est rien, ça court et ça shoote pas mal. On notera surtout que le discours anti-militariste original du père Romero, même s'il est clairement relégué en toile de fond, reste présent et fait bien plaisir aujourd'hui encore.

En parallèle, cette journée fut aussi celle du premier « New World Fantasy » . En effet, ce samedi 9 juillet 2010, Le NIFFF s'est associé à la Maison d'Ailleurs, aux Editions Bragelonne et à Dargaud Suisse pour se pencher sur les nouveaux territoires du fantastique et de la science-fiction dans la littérature et la bande dessinée. Au programme: plusieurs rencontres qui furent animées par des auteurs  tels que : Serge Le Tendre, Serge Lehman, Stan Nicholls, Frédéric Jaccaud, Jean-François Thomas et Vincent Gessler.

 

Article de Richard B et Romain B.

Diaporama photo : Shelter : Le Silence des ombres [2011]

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