Black Book Editions répond à nos questions sur Héros & Dragons

Publié il y a 8 mois par Vincent L.

Black Book Editions répond à nos questions sur Héros & Dragons : Qu'est-ce que c'est exactement que ce jeu et pourquoi ne pas l'appeler Donjons et Dragons ?

Qu'est-ce que c'est exactement que ce jeu et pourquoi ne pas l'appeler Donjons et Dragons ?

​Nous vous l'annoncions précédemment, Black Book Editions va traduire et éditer le SRD de Dungeons & Dragons 5ème édition sous le titre Héros & Dragons. Si le crowdfunding lancé par l'éditeur a su convaincre et s'avère d'ores et déjà être un succès (près de 124 000€ récoltés à l'heure où nous écrivons ces lignes), on s'interrogeait cependant sur quelques points. Damien Coltice de Black Book Editions a accepté de répondre à nos questions pour éclairer notre lanterne.

 

SFU : Pour commencer, pour ceux qui n’ont pas tout suivi, peux-tu nous rappeler quelle est la différence entre D&D5 et le SRD D&D5 ?

Damien Coltice : Elle est en effet très importante et les rôlistes peuvent s’en faire une idée en parcourant le document disponible en ligne ICI. Le SRD couvre largement moins de la moitié du triptyque D&D5. En réalité, en l’état, si vous ne possédez pas les ouvrages en VO, il ne s’agit tout simplement pas d’un jeu complet. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette OGL là n’a rien à voir avec l’OGL 3.5, qui recouvrait elle 95% du triptyque de l’époque.

Pour vous donner les quelques exemples que nous avons repris par ailleurs pour expliquer la chose sachez que dans le SRD :

  •  il n’y a pas d’explication de la création de personnage (je parle ici de l’explication technique, celle qui vous dit ce que vous pouvez choisir ou pas, comment déterminer les caractéristiques, etc.)
  • tous les guerriers (mais c’est valable dans le principe pour les autres classes) créés avec le SRD sont strictement identiques à part un bonus au niveau un lié à l’arme. Et quand je dis strictement identique, c’est qu’ils n’auront aucune différence de compétences (il n’y en a pas l’accès dans le SRD !), de dons et de capacités de classe (aucun choix possible). D&D5 est un jeu relativement simple, mais la version officielle propose quand même des dons, des variantes de classe qui permettent de jouer deux personnages de la même classe sans avoir l’impression de jouer exactement la même chose.

 

SFU : Pourquoi « Héros et Dragons » et par « Donjons et Dragons » ?

Damien Coltice : La raison est très simple ! Parce que d’une part, Wizards of The Coast, l’éditeur américain de D&D, n’a pas souhaité proposer la licence de D&D aux éditeurs étrangers du monde entier (ce qui est une première depuis la naissance de D&D). Et d’autres part, parce que la licence libre ne permet tout simplement pas d’utiliser la licence sous le nom officiel (ni ne permet que l’abréviation du jeu utilisant l’OGL soit D&D).

SFU : Pourquoi Black Book Editions se lance t-il dans ce projet ?

Damien Coltice : Parce que BBE n’a jamais caché sa passion pour Donj’. Midnight, Dawnforge, puis Pathfinder, Chroniques oubliées, depuis plus de dix ans, BBE fait tout ce qu’il peut pour se rapprocher le plus possible de ce jeu de rôle mythique dont nous sommes de grands fans. La cinquième édition, si on peut lui faire des reproches (au niveau du manque de suivi officiel par exemple), est revenue à ses fondamentaux, qu’apprécient BBE, donc cela allait de soi. De plus, si Wizards of the Coast reste sur sa position de ne pas traduire le jeu officiel, qui en France est prêt à affronter le travail difficile de combler les vides du SRD pour proposer une version jouable, complète et qui ne serait pas un plagiat ? A vrai dire, sans le talent et la fournaise créative de la rédaction Casus Belli, BBE n’aurait jamais eu la capacité de se lancer dans un tel projet. Mais grâce à toute l’équipe et à quelques talents désormais reconnu (on pense notamment à Kegron, l’auteur des Chroniques oubliées, qui joue à D&D5 depuis sa sortie comme tant d’autres), nous pensons être en mesure proposer au public une version proche en termes de qualité et de possibilité de jeu de la version officielle.

 

SFU : Peux-tu nous expliquer quel est le projet de Black Book autour de ce SRD ?

Damien Coltice : Comme je l’ai écrit plus haut, nous souhaitons recomposer la chair manquante au squelette incomplet que constitue le SRD. Nous souhaitons que les joueurs ouvrent le bouquin et puissent comprendre les règles du jeu, puissent faire des choix pour avoir des personnages différents les uns des autres. Bref, que les joueurs n’aient pas l’impression de se trouver devant une version light du Grand ancien, mais une itération, certes différente de la version officielle, mais qui tient la comparaison. Un sacré défi !


SFU : Vous avez d’ores et déjà annoncé une french touch sur cette traduction. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Damien Coltice : Si toute la rédaction va se concentrer au maximum sur le respect de l’esprit de cette 5e édition du jeu conçu par Wizard of The Coast, nous restons français, avec notre culture du jeu. Et cela transparaîtra dans Héros & Dragons. Ce zest de french touch sera là pour épicer un plat qui devra surtout être cohérent. En terme d’ajout franco-français, nous venons d’annoncer par exemple que les appendices du Guide du maître proposeront un mini-setting de jeu d’une trentaine de page basé sur le monde d’Alarian, inventé en 1983 par Didier Guiserix dans les pages du magazine Casus Belli. Il s’agissait à l’époque du premier univers jamais conçu pour AD&D en français. Un univers immersif pour aider les MJ à se lancer dans la création d’univers.

Au-delà du triptyque des règles, on peut également citer la campagne Invincible, les Sept vies du dragon, une création française, et les scénarios de création française qui composeront le Recueil de scénarios débloqué et donc offert aux participants.

 

SFU : Pourquoi un financement participatif pour ce projet dont le succès semble assuré ?

Damien Coltice : Il est toujours plus facile de parler après qu’avant ! De plus, si certains s’imaginent que le travail pour illustrer, doubler la pagination du SRD avec du matériel de qualité, playtesté et respectant l’esprit du jeu et financer une campagne par-dessus le marché (Invincible) est une chose aisée et sans prise de risque, nous les invitons à se lancer dans le métier ! L’envers du décor, c’est souvent une mauvaise paie pour les contributeurs, un travail bâclé et des nuits douloureuses pour l’éditeur. Pour obtenir un bon résultat final et être en mesure de proposer une paie un peu plus conforme au travail effectué par la rédaction, il n’existe actuellement que le projet participatif.

Certains s’imaginent parfois que Black Book Editions est devenu un « gros éditeur », mais nous sommes toujours qu’une petite entreprise constituée d’un gérant et de deux salariés (et nous faisons tous les colis nous-mêmes). Si nous sommes parvenus à améliorer le volume de nos parutions, c’est uniquement grâce au financement participatif… et à notre passion pour le JdR, car il en faut vu la difficulté de chacun de nos projets.


SFU : On attaque le sujet qui fâche (ou pas) : Agate RPG a également annoncé une traduction de ce SRD, avec un financement participatif. Pour le public, difficile de s’y retrouver. Est-ce vraiment un doublon ou avez-vous chacun vos spécificités ?

Damien Coltice : Sans faire le béni-oui-oui ni nier le caractère agressif de la proposition commerciale de notre confrère, Black Book Editions a toujours eu pour politique de ne pas céder aux querelles de clocher qui ont eu pour conséquences, selon nous, de fragiliser le marché du JdR dans les années 1990, à l’aube du drame « Magic-Mireille Dumas-avènement du jeu vidéo ». Tant que les éditeurs sont dans leur bon droit et qu’ils ne mentent pas à leurs clients, pas question de changer de philosophie !

Avec Héros & Dragons, nous proposons énormément de création avec des équipes qui ont fait leurs preuves (règles, campagne, background, matériel de jeu comme les dés, les Bâtisses clef en main – un super projet né d’un excellent concept de Guillaume Tavernier et Géraud Gourjon). Je dirais donc que c’est ce qui fait tout l’intérêt de notre projet, au-delà de l’assurance de le voir sortir (la team Casus n’a plus rien à prouver à ce niveau-là) et de voir les auteurs profiter également du succès de la précommande participative (via des primes de +10% cumulative au gré des objectifs atteints).

​Après, c’est à vos lecteurs de se décider, en étudiant avec discernement les différentes propositions.

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