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NIFFF Jour 6 : jeu de trones

Publié il y a 2 ans par Richard B.

NIFFF Jour 6 : jeu de trones : Martin, sexe et Loups-garous

Martin, sexe et Loups-garous

L'évènement de ce jeudi au NIFFF– voire du festival - fut sans aucun doute la Master class de George R. R. Martin. Il faut dire que Game of Thrones est aujourd'hui l'une – voire la – série la plus populaire auprès du public des jeunes adultes. Que ce soit les livres ou la série télévisée, c'est un véritable succès (mérité). D'ailleurs, HBO vient de recevoir 19 nominations pour Game of Thrones pour la 66ème cérémonie des Primetime Emmy Awards qui se tiendra dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 août au Nokia Theatre de Los Angeles.

Pendant une heure, George.R.R Martin a évoqué sa famille, ses passions, sa façon d'écrire sur les femmes, son plaisir de mélanger les genres et son sentiment sur l'industrie télévisuelle. L'auteur exprima aussi sa confiance vis-à-vis de HBO, a confirmé qu'un film était à l'étude même si cela était loin d'être une certitude sur le fait que ça se concrétise. Martin a signalé cependant que les livres s’ouvraient à plus en plus à des éléments ambitieux en terme de Dragons et de batailles et que, financièrement, Game of Thrones était la série la plus chère de la télévision et ne pouvait pas se permettre d'être encore plus couteuse. Martin a aussi apporté quelques conseils aux potentiels futurs auteurs en leur recommandant de lire et écrire sans relâche – tout en affirmant que pour le reste tout cela demeurait dans la main de Dieu.

Passionnant et passionné, George R. R. Martin a par la suite dédicacé à toute la salle qui, bien entendu, n'avait pas un seul siège de vide.

Master Class Martin au Nifff


La suite nous serions tentés de la titrer par "Viva le sexe" avec It Follows... ou pas ? "

Jay, 19 ans, est une bombe atomique. Tous les mecs sont amoureux de la jeune fille, cette dernière en a bien conscience et s'en amuse presque. Mais bon la demoiselle a déjà jeté son dévolu sur un jeune garçon, cela même si parfois il a quelques réactions étranges. Ce qui devait finir par arriver arrive et la demoiselle opte pour une expérience sexuelle dans la voiture du beau gosse. Ce qu'elle ne savait pas à ce moment c'est les conséquences que cela engendrerait. Depuis qu'elle s'est laissé aller à exprimer ses envies naturelles, Jay est poursuivi par une personne qui voudrait bien lui faire la peau. Mais pas facile d'expliquer que l'on est poursuivie lorsque vous êtes la seule à voir la personne qui vous traque.

L'avis de Richard B. : L'idée de It Follows a quelques choses d'amusant : « je dois filer la malédiction à un autre pour ne pas me faire trucider, mais si l'autre se fait avoir je suis de nouveau la cible », les enjeux apparaissent donc comme assez stimulants, presque originaux. Bon, le fait que l'hérédité de cette malédiction se fasse par le sexe n'est pas anodin, d'autant que les victimes concernées se trouvent être de jeunes gens. Reste que la règle est plutôt étrange (puisqu’une fois que tu te laisses aller au sexe et que tu attrapes « le mal », tu as intérêt à vite te relancer dans cette expérience des corps en sueurs avec un autre, sans quoi tu pourrais mourir). Si le contexte amuse et que la morale peut-être interprétée de multiples façons, David Robert Mitchell (scénariste et réalisateur) finit par devenir assez répétitif dans son intrigue et surtout semble, par moment, un peu perdu quant à la manière de la résoudre. À quoi sert-il de coucher si, derrière, tu n’expliques pas les règles et que tu ne prouves pas tes dires – à l'instar de ce que fait le premier personnage du film. Jay, par exemple, va à un moment s'envoyer en l'air sur un bateau, mais à quoi cela sert puisque la nouvelle cible n'est pas informée où ne crois pas à cette malédiction ? Il est donc certain que la malédiction va lui revenir très vite en pleine figure. La mythologie est aussi très superficiellement traitée cela est à la fois une force et un soucie (comment les règles sont connues si on ne sait pas d'où elles proviennent ?).

Par contre, la mise en scène de David Robert Mitchell fait preuve d'une très grande maîtrise et est particulièrement bien pensé au regard du sujet cela même si d'une certaine manière elle fait souvent écho à celle de John Carpenter. Ainsi, le film est perpétuellement filmé en grand-angle, que ce soit lors des plans fixes ou des panoramiques précis. La menace peut donc arriver par n'importe quel coin de la caméra. Sans compter que les jeux de lumière sont magnifiques et contribuent eux aussi à l'ambiance. Seule la musique très « 80' » avec l'aspect "synthétiseurs " ne semble pas toujours en adéquation avec le sujet ; certes le réalisateur tente de recréer de vieilles ambiances qui ont engendré quelques angoisses, mais force est de constater qu'elles sont omniprésence et agacent parfois plus qu'autre chose.

Même si It Follows possède quelques soucis de rythmes et que le dénouement n'apparait pas totalement satisfaisant, le film possède une idée amusante et originale (même si pas assez exploitée) et une réalisation assez élégante et angoisse pour susciter un intérêt réel. Puis pour le coup cela change du fantôme, du démon ou autres créatures, puisque dans les faits on ne sait pas ce qu'est exactement cette malédiction capable de prendre divers visages et de marcher 24h sur 24.

L'avis de Vincent L. : It follows marie tous les tics de mise en scène du cinéma indépendant US avec ceux du film de genre, le tout en ne proposant aucune variation dans ce qu'il propose. Certes, les premières scènes sont particulièrement efficace (la séquence d'introduction est simplement parfaite), mais lorsque l'on a un unique procédé qui revient sans cesse en boucle, cela finit par ne plus très bien fonctionner, voire par tourner au grotesque pur et dur lors de la séquence finale. It Follows a donc le potentiel d'un excellent court-métrage que l'on aurait étiré artificiellement sur quatre-vingt dix minutes. D'ordinaire, on aura crié à l'arnaque, mais comme David Robert Mitchell tourne ça à la manière d'un film indépendant, il pare son film d'un aspect intello qui peut faire illusion. Cependan, il ne faut pas gratter très longtemps pour s'apercevoir que sous le verni, le tout sonne bien creux. Au final, It Follows ne ressemble qu'à une grosse arnaque mis en boite pour plaire aux critiques...

Richard B. : 6/10
Vincent L. : 4/10


La journée se sera terminée avec Late Phases, dernier film d'Adrian Garcia Bogliano. Ambrose est un vétéran du Vietnam qui a perdu la vue. Placé par son fils dans une résidence de personnes âgées, il est la victime d'une étrange agression qui coûte la vie de sa voisinne et de son chien. Après une rapide enquête, Ambrose commence à suspecter la piste d'une attaque de loups-garous.

Regarder un film d’Adrian Garcia Bogliano, c’est un peu comme se faire agresser : l’expérience est douloureuse, désagréable, et on n’en ressort pas psychologiquement indemne. A titre personnel, I’ll never die alone aura réussi à relativiser deux décennies de cinéphilie en redéfinissant ce que pouvait être le « niveau zéro » du cinéma. Depuis, je suis entré dans une espèce de relation bourreau-victime consentie, continuant à aller voir ses films et à souffrir presque volontairement, à cause d'un processus de masochisme primaire que je ne m'explique toujours pas. Parti avec toute la mauvaise foi du monde, je m’attendais à détester ce nouvel essai. Et pourtant, étonnamment, et bien que ça me fasse mal de le reconnaître, je pense que j’ai bien aimé Late Phases. En effet, s'il ne s'agit pas un grand film, il n’en reste pas moins une variation très correcte sur le mythe du loup-garou.

Pour commencer, précisons que, pour une fois, Bogliano a bénéficié d’un budget lui permettant d’assurer à son film une technique correcte. Photographie, son, cadrages, le film quitte le rendu très amateur de ses autres longs et cela change déjà le ressenti. Sans les images crados, le son inaudible et les cadrages foireux, force est de constater que le tout se pare d'un aspect très pro qui rend le résultat final regardable, que l'on apprécie ou pas l'histoire développée. Mais au delà de cela, force est de constater que Bogliano a réussi à instaurer un ambiance plus que correcte dans son nouveau film, transformant une histoire de loup-garou très simpliste en une sorte de drame mélancolique. Ceux qui attendent des tripes et des vicères seront forcément déçus, mais une fois que l'on a compris et accepté le procédé, on se laisse porter par l'histoire simple et, finalement, plutôt jolie, de cet homme condamné à assumer ses choix de vie.

Si le tout n'est pas d'une folle originalité, la qualité du casting parvient à faire la différence. Autour de Nick Damici, on retrouvera quelques visages connus : Tom Noonan, Lance Guest ou Ethan Embry. Tous jouent juste, de façon sobre (une première dans la direction d'acteur de Bogliano !) et s'avèrent, de temps à autre, assez émouvant. Du coup, on pardonne à l'histoire ses errances et ses incohérences pour se concentrer sur le côté humain de cette histoire de loups-garous.

Ceci étant dit, Late Phases souffre de trop de défauts pour être convaincant de bout en bout : soucis d'écriture, comme nous le disions (incohérences, facilités, raccourcis), mais également un thème traité par dessus la jambe (ce sont des loups-garous, ça aurait pu être n'importe quoi d'autre), des effets spéciaux ridicules (les transformations odschool sont sympathique, mais pour aboutir à des créatures nanardesques) ainsi que les détestables tics de mises en scène de Bogliano que l'on va retrouver lors de la séquence finale. Bref, Late Phases est, pour les détracteurs du réalisateur, une véritable surprise, mais pourra rester plus anecdotique pour les autres.

Richard B. : 5//10
Vincent L. : 5/10

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