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Critique du jeu de société : Gingerbread House [2018], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 20 décembre 2018 à 09h00

La beauté intérieure

Il y a quelques semaines, l’éditeur Funforge a envoyé spontanément un exemplaire de Gingerbread House à notre rédaction.

Il a bien fait, car c’est typiquement le genre de jeu qui serait passé totalement sous notre radar. Pensez-donc : la boîte est sortie initialement l’année dernière en Allemagne sans générer plus de buzz que cela, il y a peu de chroniques disponibles dans la langue de Keen’V (celles que l’on peut trouver étant étonnamment enthousiastes). Et puis surtout, l’esthétique du jeu oscille entre le moyen-bof et le franchement moche : on passe vingt fois devant la boîte sans avoir envie de la dépuncher plus que ça.

L’éditeur a vraiment bien fait, pour le coup, car Gingerbread House se révèle être une excellente surprise, un petit jeu familial tout simple et pourtant hyper agréable à jouer. Comme quoi…

Vous êtes curieux de voir ce que cela peut donner ? Ça tombe bien, car c’est ici qu’on en parle.

Un thème vu et revu et pourtant traité avec originalité

Pour commencer cette chronique, arrêtons-nous un moment sur le thème du jeu. A priori, on est dans le classicisme le plus absolu puisque Gingerbread House s’appuie sur les contes de notre enfance – Jacob et Wilhelm Grimm et Charles Perrault en tête. On va croiser la belle au bois dormant, Hansel et Gretel, le Petit Poucet, Raiponce, etc.

Mille fois vu et revu ? Eh bien non, pas du tout ! Car sur cette base éculée, les auteurs ont choisi une direction surprenante. Pour reprendre le descriptif éditeur :

« Il était une fois une sorcière qui vivait seule dans sa maison au fond de la forêt. Son passe-temps favori était la cuisson de délicieux pains d'épices ; en fait, elle aimait tellement le pain d'épices qu'elle a construit toute sa maison à partir de celui-ci. Malheureusement, elle n'était pas la seule à l'aimer ! Les personnages de contes de fées les plus impolis qui passaient par là rongeaient ses murs, ses fenêtres et ses portes ! Un jour, la sorcière décida qu'elle en avait assez qu'ils se servent tous et, en faisant attention aux types de pain d'épices que ces intrus avides aimaient le plus, elle trouva une idée pour s'en débarrasser une fois pour toutes… »

Comme vous l’avez compris, le jeu propose d’incarner la vilaine sorcière d’Hansel et Gretel qui en a marre de se faire boulotter son logis. L’objectif ? Capturer tous les importuns de passage et les transformer, tous autant qu’ils soient, en un gros tas de caramels mous.

C’est bien vu, et le sous-texte du jeu est beaucoup moins lisse, rose et choupinou qu’il n’y paraît. C’est plutôt raccord avec le monde des contes de fées, nettement plus cruels et noirs que ce que Walt Disney en a retenu. Les enfants ne réaliseront pas forcément, mais Gingerbread House propose un niveau de lecture adapté aussi aux plus grands et c’est appréciable.

La véritable beauté est intérieure

Passons maintenant au matériel. Sur le fond, il n’y a rien à redire. Gingerbread House est un jeu de placement de tuiles, il y a donc surtout du carton dans la boîte. L’ensemble est hyper solide (le carton fait au moins 3mm d’épaisseur), et les diverses tuiles sont suffisamment grosses pour qu’on les manipule bien. Il y a également quelques cartes qui servent au scoring de fin partie, et c’est tout. Petit prix oblige, la boîte ne comporte pas de thermoformage mais des réservations en carton pour y ranger les différents éléments.

Sur la forme, en revanche, le résultat n’est pas aussi réussi. Pour être franc, Gingerbread House est l’exemple type de la boîte qui ne retiendra pas votre attention si vous la voyez dans les rayons en boutique, indépendamment de ses qualités :

Les cartes associent le vert bilieux et le violet, un choix esthétique que l’on qualifiera pudiquement de « différent ». Les tuiles qui sont censées représenter les pains d’épice ont des couleurs vives et des formes improbables. C’est pratique pour les différencier, mais visuellement ça ne colle pas avec le thème.

Bref, et même si c’est forcément un point subjectif qui dépendra des goûts de chacun, force est de constater que l’on est loin des réalisations magnifiques que l’on peut voir actuellement (Orbis ou Abyss en tête). Sans exagérer, je n’ai jamais vu un jeu faire autant l’unanimité contre lui dans mon groupe de joueur.

C’est d’autant plus dommages que certains points sont nettement plus réussis, comme par exemple le design des personnages qui est (littéralement) à croquer :

Un point sur les mécaniques

Cela dit, l’esthétique n’est pas le plus important pour un jeu : l’essentiel est que les mécaniques soient fluides et intéressantes. Ici, on est face à un produit donné pour du « familial 8 ans et + ». Parfois, ce type de classement est à prendre avec des pincettes. Essayez par exemple de jouer à My Little Scythe, lui aussi donné pour du 8+, avec des enfants de cet âge. Mais pas ici, rassurez-vous. Le jeu s’explique en quelques minutes, y compris avec de jeunes joueurs.

Chaque joueur dispose d’une réserve de 15 dominos : trois seulement sont visibles, les autres sont disposés face cachée et constituent sa réserve. Il faudra faire avec pendant la partie : il n’y a pas de pioche, pas de rivière de tuiles ni de possibilité d’en échanger en cours de partie.

A chaque tour, on choisit un domino que l’on vient poser sur son plateau de 3x3 cases. Assez rapidement, il va falloir empiler les dominos les uns sur les autres et la maison va progressivement s’élever d’étage en étage.

Il y a très peu de contraintes de pose :

  • Interdit de dépasser à l’extérieur de la maison ;
  • Interdit d’empiler les dominos les uns au-dessus des autres. Il faut nécessairement qu’ils se chevauchent (comme des briques ou des agglos, en somme. La référence à la construction d’une maison est plutôt bien vue et amusante) ;
  • Interdit de construire sur deux cases qui ne sont pas au même niveau, chaque tuile doit impérativement être posée à plat.

Contrairement à la plupart des jeux de domino, on ne va pas chercher à connecter des zones identiques. Ici, ce sont les deux symboles recouverts qui vont nous intéresser.

S’il y a un symbole pain d’épice (il en existe 4 différents : cœur rose, soleil jaune, pentagone vert ou hexagone bleu), on en prend un dans la réserve. Maximum 10 pains d’épices en réserve en fin de tour.

Si c’est un symbole de flèche, il est possible d’échanger un de ses pains d’épice contre un autre de son choix.

Si c’est un symbole prison, on peut prendre un personnage visible au centre de la table de jeu et l’ajouter à sa prison personnelle. Pas plus de 2 personnages en attente...

Si c’est un symbole d’escalier, on prend immédiatement une tuile correspondante dans la réserve. L’escalier est une tuile simple, qui peut servir à mettre deux tuiles au même niveau ou éventuellement à compléter un étage. Les petits malins auront noté qu’il y a exactement 9 cases par étage, ce qui est assez difficile à terminer avec uniquement avec des dominos doubles.

Si vous recouvrez 2 symboles identiques, vous disposez d’un petit bonus puisque vous pourrez appliquer leur effet trois fois au lieu de deux.

Lorsque l’on complète un étage, on peut immédiatement prendre une carte de bonus. Certaines ont des effets immédiats (elles vous font prendre quelques pains d’épices d’une couleur donnée), mais la plupart sont dédiées au scoring de fin de partie.

Une fois la tuile posée et son effet appliqué, il est possible de « valider » un ou plusieurs personnages capturés (entendez les tuer et les cuisiner dans le four de la sorcière). Plus un personnage nécessite de pains d’épices pour être « validé », plus il rapportera de points de victoire en fin de partie.

Chaque fois qu’un joueur valide un personnage, il prend un joker qu’il doit immédiatement poser sur son plateau. Le joker est, comme l’escalier, une tuile de 1 case seulement. L’effet de la case recouverte est immédiatement appliqué, et si cela permet de valider un autre personnage alors c’est dual combo.

La partie s’arrête quand chacun a posé ses 15 tuiles. C’est un peu près tout ce qu’il y à dire sur les mécaniques.

Un jeu franchement sympathique

En pratique, Gingerbread House est l’archétype du bon jeu familial.

Le thème est sympa et original, comme on l’a dit. Avouez qu’on n’a pas tous les jours l’occasion d’incarner une sorcière qui dévore Raiponce ou le petit chaperon-rouge… Les jeux familiaux qui se permettent, l’air de rien, d’introduire un thème un peu plus profond et mature qu’il n’y paraît, eh bien il n’y en a pas tant que ça.

Et puis surtout, le jeu est franchement agréable à jouer. Les mécaniques sont simples, sans fioriture ou point de règle compliqué. Pourtant, les quelques subtilités permettent de se préparer des petits combos sur deux ou trois tours forts sympathiques. Plusieurs fois pendant la partie, on se retrouve à dire « attends attends là tu vas voir je vais faire un super combo de la mort qui tue » en se pourléchant les babines :

« Je pose une tuile qui valide mon premier personnage. Paf, je récupère un joker. Il me permet de compléter un étage, et re-paf carte de bonus. Je prends celle qui rapporte des pains d’épice et avec ça je complète mon second personnage. Re-re-paf nouveau joker. Je le pose sur case avec une cage, histoire de piquer pile-poil le personnage que tu regardais. Muahahahah, je suis trop fourbe. Et hop, au suivant. »

Bref, le jeu permet aux plus jeunes d’apprendre tout en douceur la planification et la recherche de synergies, mais la recette fonctionne aussi très bien avec les plus grands. Personnellement, j’y retrouve le même plaisir de jeu que dans une partie de Kingdomino, la dimension compétitive en moins puisqu’ici chacun joue avec ses propres tuiles.

A première vue, on pourrait penser que l’absence de mécanisme permettant de choisir ou de modifier ses tuiles nous rend complètement dépendant du tirage de départ. Si vous n’avez pioché que des tuiles pains d’épice, sans escalier ou sans capture de personnage, votre développement va être vite limité.

C’est vrai, dans une certaine mesure seulement. En effet, les jokers permettent de redresser le tir et d’aller chercher l’élément qui vous fait clairement défaut. Si le tirage vous est favorable, vous n’allez pas forcément vous poser plus de questions que cela. Dans le cas contraire, vous allez devoir vous creuser nettement plus le citron pour que les effets s’enchaînent dans l’ordre Kivabien™. Ce sera dur, mais pas insurmontable. Au final – et c’est un éminent représentant de la « team chat-noir » qui vous le dit –  on ne se sent pas prisonnier du hasard.

Niveau stratégie, on pourrait penser qu’il est préférable de se focaliser sur les personnages nécessitant peu de pains d’épices. Ils rapportent peu de points de victoires, c’est vrai, mais en contrepartie les jokers apportent de la flexibilité. Sans compter que la pose d’un domino sur un double joker offre un énorme avantage (3 actions de son choix sur un seul tour… Yeepee).

En pratique, le jeu est bien équilibré et il est tout à fait possible de gagner en se focalisant sur les personnages difficiles à « valider ». Toujours cette histoire d’action bonus : si vous vous débrouillez bien, il ne vous faudra que 2 tours pour rassembler 6 pains d’épices de la même couleur. Or, les petits personnages demandent de la variété tandis que les gros demandent de grandes quantités de pains d’épices de 1 ou 2 types seulement.

Pour conclure, Gingerbread House est une belle petite surprise. Ce n’est pas non plus le jeu de l’année, mais il est facile à sortir et il offre des vrais petits moments de grâce. C’est dommage que son esthétique ne donne pas plus envie… En tout cas, n’hésitez pas à l’essayer si vous le voyez passer à proximité.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Gingerbread House [2018]

Gaetan G.
80

Il y a des jeux que l’on attendait pas du tout, et qui se révèlent au final être une excellente surprise. Gingerbread House fait incontestablement partie du lot.

Le thème du jeu, tout d’abord, surprend agréablement. Vous êtes dans le pays des contes de fées, au côté de Blanche-Neige, Raiponce ou Hansel et Gretel. Sauf que cette fois, vous incarnez la sorcière qui en a assez de se faire boulotter son logis, et qui entend bien régler le problème en se débarrassant des importuns façon puzzle.

Les mécaniques, ensuite, se révèlent suffisamment simples pour que tout le monde puisse se mettre autour de la table. On est dans un jeu de dominos pur sucre, où chacun va construire sa maison de pain d’épice étage par étage en les superposant. Le système de jeu offre peu de subtilités, histoire de ne pas noyer les joueurs sous des pages et des pages de règles. Cependant, l’ensemble est quand même suffisamment riche pour qu’on puisse se bricoler des petits combos sympas sur 2 ou 3 tours. Dans ces moments-là, Gingerbread House offre vraiment de bonnes sensations.

Dommage que l’esthétique du jeu le desserve autant… La boîte ne donne pas envie, clairement. C’est typiquement le genre de jeu devant lequel on passe sans s’arrêter alors qu’il est bien plus recommandable que nombre de ses collègues qui ont tout misé sur leur physique.

Bref, un excellent petit jeu familial, que je placerais au même niveau de fun et d’accessibilité qu’un Kingdomino par exemple. Tout à fait recommandable, donc, pour peu que vous arriviez à passer au-dessus de son emballage d’un autre âge.

On a aimé

  • Du pur jeu familial, simple et accessible
  • On prend beaucoup de plaisir à monter son petit combo
  • Paries courtes, entre 1/2h et 1h
  • Prix tout doux (sous les 30€)
  • Matériel costaud et de qualité

On a moins bien aimé

  • Visuellement, on oscille entre le plutôt sympa (les personnages), le moyen-bof (les autres éléments du jeu) et le carrément moche (la boîte)
  • Aucune intéraction entre les joueurs, si ce n'est se piquer des cartes
  • La tête de l'auteur sur les illustrations du jeu et la couv', non, sérieusement c'est pas possible (c'est le gars qui tient 3 cartes en main)

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