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Critique du jeu vidéo : Okami [2007], par Bastien L.

Avis critique rédigé par Bastien L. le dimanche 11 novembre 2018 à 09h00

Un jeu mythique, pas besoin de vous faire un dessin...

Test de la version HD sur PS3.

Dans les vastes et parfois inutiles débats qui existent souvent chez les joueurs comme chez les non-joueurs, la question du statut d'art pour le jeu vidéo est souvent mise en avant. Et ceux qui sont pour cette appartenance (en même temps, comment pourrait-il en être autrement?) citent souvent Okami comme argument imparable. Cette œuvre culte à plus d'un titre est effectivement l'exemple parfait. Alors oui Okami est une grande œuvre d'art mais c'est surtout un excellent jeu.

Derrière cette œuvre se cache un studio de légende dont Okami sur PS2 fut le chant du cygne. Clover Studio  fut fondé au début des années 2000 par d'anciens de chez Capcom qui avaient notamment travaillé sur la saga Resident Evil et le premier Devil May Cry. On retrouve ainsi le réalisateur Hideki Kamiya et le producteur Atsushi Inaba qui gardèrent les mêmes fonctions sur les titre de ce studio toujours lié à Capcom qui en est l'éditeur. Le studio rendit d'abord hommage aux Super-Héros et autres Super-Sentaï avec l'excellente saga Viewtiful Joe avant d'embarquer le joueur pour un Japon médiéval, folklorique et fantastique avec Okami. Ces différents titre firent la malédiction d'un studio adulé par la critique mais au succès commercial trop insuffisant d'où la fermeture de ses portes en 2007. Okami continua malgré tout son petit bonhomme de chemin avec un portage Wii en 2008 puis sur PS3 fin 2012. Cette version dite « HD » promet une refonte graphique pour que les textures s'affichent proprement sur nos téléviseurs mais aussi la possibilité de jouer au PSMove et l'ajout de trophées. Un portage réalisé par les Japonais d'HexaDrive spécialistes de l'exercice puisque responsables à l'époque du portage de Rez sur Xbox 360 et de Metal Gear Solid: Snake Eater 3D. En pleine mode des portages HD (souvent pompeusement appelés « remakes »), Capcom permet aux joueurs de (re)découvrir cette œuvre encore plus belle qu'à l'origine. Sachez que l'oeuvre de Clover Studio est aussi disponible sur PC, Xbox One et PS4.

Réalisé et scénarisé par Hideki Kamiya, Okami est une lettre d'amour à la culture nippone car le titre est profondément japonais à plus d'un titre. Dans un Japon médiéval et fantastique, vous incarnez l'incarnation en louve de la déesse du soleil Amaterasu rappelée sur Terre pour lutter contre l'influence de l'infâme Oroshi, dragon à huit têtes, qui s'est mystérieusement échappé 100 ans après avoir été défait par le grand guerrier Izanagi et le loup Shiranui. Prenant la forme de ce dernier, Amaterasu (ou « Ama ») est guidée par la déesse des fleurs (pour faire vite) Sakuya qui l'enjoint à sauver le Nippon perverti par les démons dont le sol devient souillé par le mal. Notre héroïne sera aidée dans sa quête par le peintre itinérant à taille de Lilliputien Issun qui lui servira de guide et surtout d'interprète vu qu'elle ne parle pas. Ensemble ils vont devoir débarrasser le monde des démons en retrouvant toutes les techniques du pinceau céleste donnant de grands pouvoirs à Ama. On va donc traverser le Nippon entre ses plaines, ses villages et sa capitale afin de combattre Oroshi et sa néfaste influence même si le terrible démon ne semble pas être le seul à tirer les ficelles... De nombreux ennemis comme alliés se posteront sur leur chemin comme le trouble prophète Ushikawa, la prévenante Sakuya, la conseillère impériale Tsuzurao ou le guerrier pleutre Susano...

Plonger dans Okami c'est s'offrir un dépaysement total tant le projet est imprégné de la culture japonaise. Le scénario s'inspire des contes et légendes de la culture nippone et ses nombreuses divinités sont mises sur le devant de la scène. Pour le joueur occidental, cela fonctionne très bien car on est fasciné par ses nombreux personnages et animaux se comportant comme des humains. Pas besoin d'être un spécialiste du Japon pour se laisser porter par l'intrigue qui apporte une originalité et une fraîcheur constantes. L'intrigue en elle-même n'est pas vraiment des plus travaillée mais son intérêt est ailleurs. Tout d'abord l'histoire nous offre énormément de surprises avec des situations et des environnement toujours très surprenants. On ne va pas vous gâcher l'énorme plaisir de la découverte mais j'ai particulièrement apprécie le tournant science-fiction que prend parfois l'aventure. Aussi, la galerie de personnages rencontrés dans chaque nouvelle zone renouvelle constamment l'intérêt du jeu. Chacun à son propre caractère et tous offrent souvent deux visages à commencer par Issun aussi pleutre que pervers capable de se montrer déterminé ou émouvant. Mais l'univers d'Okami doit aussi beaucoup à ses graphismes.

Au début du développement, Clover Studio avait commencé avec un rendu plus ou moins photoréaliste avant de prendre conscience des limitations techniques de la PS2. Ils adoptent alors un cel-shading, mode du moment, du plus bel effet. Okami est considéré comme beaucoup comme un des plus beaux jeux jamais fait. Pas forcément techniquement mais artistiquement. On a vraiment l'impression que tout a été fait main par des artistes japonais spécialisés dans les estampes. Les contours des personnages au character design inspiré, des maisons ou des décours semblant être faits aux pinceaux et les couleurs vives qui composent les décors qu'on parcourt semblent être de la peinture. Cette impression de parcourir des estampes interactives s'accompagne d'un grain à l'image donnant l'impression d'un parchemin. Les décors divers et variés aident aussi à se plonger dans l'aventure avec des plaines verdoyantes, des côtes sablées, une grande ville médiévale ou des montagnes enneigées... Pour ma part, mon ambiance préférée reste la magnifique forêt de bambou de l'auberge Sasabe. Cette beauté est évidemment renforcée par le portage HD du jeu qui est extrêmement propre et techniquement irréprochable. Je ne connais pas la version PS2 mais celle sur PS3 ne connaît aucun défaut d'ordre technique et aucune texture faisant datée pour 2012. Le jeu est tellement beau qu'il trouve sa place sans aucun problème sur notre PS3 sans jamais qu'on se rende compte qu'on joue à un jeu de la génération précédente.

La force d'Okami est donc d'être bien plus qu'un jeu, bien plus qu'un univers à parcourir mais une véritable entrée dans la culture nippone. Le jeu transpire la culture de ses développeurs sans qu'on ait jamais l'impression d'être en décalage avec le public japonais à priori plus propice à apprécier l'œuvre. Les développeurs ont pris un malin plaisir à utiliser leur culture en y insufflant beaucoup d'humour tout en la mettant en scène avec brio. L'univers travaillé avec soin fourmille de détails, de références, de trouvailles graphiques et de personnages truculents démontrant la grande générosité des développeurs. Il y a toujours quelque chose à voir ou quelqu'un avec qui interagir dans le jeu. Okami est l'un des rares jeux où l'on prend la manette juste pour le parcourir sans rien faire de bien précis afin d'en apprécier sa beauté et son univers. Cette aventure que l'on peut trouver naïve de prime abord devient rapidement épique, poétique, lyrique et surtout artistique. L'ambiance sonore est aussi très travaillée avec des personnages qui babillent plus qu'ils ne parlent renforçant le côté délicieusement décalé de l'aventure. Les bruitages sont de qualité comme la musique qui est souvent sublime. Mais tout grand jeu qui se respecte doit aussi s'accompagner d'un gameplay aux petits oignons.

Si on doit qualifier rapidement le genre vidéoludique d'Okami, c'est un Zelda-like. C'est à dire un jeu d'aventure où une certaine liberté est donnée au joueur avec beaucoup d'exploration et quelques aspects RPG. Okami se compose donc entre différentes zones semi-ouvertes, des villages/villes et des sortes de donjons. On navigue entre ces trois environnements où il faut aider la population, découvrir comment y pénétrer et gagner des différents pouvoirs/capacités afin de pouvoir progresser. L'aspect RPG s'explique par le fait qu'Ama est une divinité devant répandre le bonheur sur le Nippon. Quand elle fait une bonne action notamment en repoussant le mal, souvent en permettant à la nature de reprendre ses droits, elle se voit attribuer des points de bonheur qui peuvent s'échanger contre une plus grande barre de vie ou plus d'encre à utiliser (on y reviendra). Les amateurs de Zelda seront donc en terrain connu avec cette idée de lieu à parcourir plusieurs fois puisqu'on a débloqué de nouvelles capacités, les coffres, les boss, l'argent à dépenser chez les marchands ou ici au Dojo afin de débloquer de nouvelles techniques de combat car Ama est autant un guerrier que Link.

La grosse particularité du gameplay d'Okami est bien sur le pinceau céleste dont le contrôle est donné au joueur. A tout moment on peut figer l'écran et utiliser un pinceau qu'on dirige au stick et, à l'aide de symboles simples, réaliser différentes actions. Ainsi on peut influencer sur le cycle jour/nuit en dessinant un soleil ou une lune dans le ciel, trancher des ennemis ou des objets en traçant un trait vertical... Les différents pouvoirs du pinceau se débloquent au fil du jeu et sont liés aux différents éléments (eau, feu, vent, électricité...) ou permettent de créer des bombes, faire fleurir des arbres ou le sol... L'idée est aussi originale que géniale car on a l'impression d'agir sur l'univers du jeu en transformant les décors, en le rendant plus beau. C'est inévitablement l'un des plus grand plaisir que le jeu nous offre. Après il n'est pas toujours aisé de réaliser correctement le bon symbole et cela constitue le principal défaut d'un titre car il faut parfois s'y reprendre à plusieurs fois pour réaliser ce qu'on souhaite. Le pinceau est aussi une arme pour Ama qui dispose néanmoins d'un disque, d'un rosaire ou d'une épée pour se défendre. Mais des ennemis comme les boss nécessitent des techniques spéciales pour être vaincus. Cela crée des combats très fluides, bien animés et souvent très agréables à réaliser.

Le jeu regorge de richesses et de trouvailles de gameplay toujours réjouissantes. Il y a toujours quelque chose à faire dans Okami entre faire progresser l'histoire dans des donjons au level-design inspiré mettant bien à profit nos pouvoirs. On peut aussi se perdre dans les quêtes annexes, les coffres à découvrir et la nature à raviver. Purifier les différents lieux est un véritable plaisir et comme dit plus haut, se perdre dans les quêtes annexes est un véritable plaisir tant elles peuvent paraître inattendues ou avoir un effet relaxant... Les développeurs ont fait preuve d'une incroyable générosité dans le contenu proposé avec des tonnes de coins un peu cachés, des secrets, des mini-jeux et des quêtes annexes diversifiés. On peut tout aussi bien creuser des trous sous forme de puzzle-game en 2D, pécher ou faire la chasse aux monstres... J'ai terminé le jeu en à peu près de 35 heures et je sais pertinemment qu'au minimum 15 de plus auraient été possibles pour encore s'amuser. Cette critique tente d'expliquer ce qu'est Okami mais il faut bien plus que ces gros paragraphes pour vraiment capter l'essence du jeu. Si vous vous déclarez un véritable amateur de jeu vidéo alors vous devez jouer à Okami si ce n'est pas déjà fait. D'autant plus que la version PS3 coûte une quinzaine d'euros...

La conclusion de à propos du Jeu Vidéo : Okami [2007]

Bastien L.
95

Okami est une œuvre malheureusement passée inaperçue au sein du grand public lors de sa sortie sur PS2. Une injustice réparée par cette version PS3 rendant honneur à une aventure originale, poétique, lyrique, épique et raffraichissante. Plonger dans ce Japon médiéval, fantastique et folklorique aux côtés de la louve Amateratsu est un plaisir de tous les instants grâce à un gameplay transcendé par l'idée du Pinceau céleste. Okami fait incontestablement parti des très très grands titres de l'industrie. Une œuvre d'art.

Que faut-il en retenir ?

  • Une beauté frappante et relaxante
  • Le gameplay lié au pinceau céleste
  • Une aventure longue et prenante

Que faut-il oublier ?

  • Ce n'est pas toujours aisé de dessiner correctement
  • Le fait de devoir refaire plusieurs fois les même boss
  • On arrête de chipoter !

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