Critique L'Ombre du mal [2012]

Avis critique rédigé par Richard B. le jeudi 10 mai 2012 à 20h21

Top chrono pour  Allan Poe.

Bifff 2011

Deux ans après avoir rencontré le succès avec « le Corbeau », Edgar Allan Poe sombre dans la déchéance et l'alcoolisme suite à la disparition de son épouse, Virginia, décédée de la tuberculose. Cependant, suite à sa rencontre avec Emily Hamilton, Poe reprend doucement espoir. Il envisage même d’épouser la jeune femme. Mais voilà, un accroc aux écrits de l'auteur est bien décidé à faire que ce dernier ne reprenne pas du poil de la bête, et se met à tuer des personnes qui lui sont liées en reconstituant les passages les plus macabres de ses nouvelles. De plus, à l’étude des indices laissés sur les lieux du crime, Poe se trouve très rapidement suspecté pour meurtre.

Quel sujet en or de revenir sur la vie d’Edgar Allan Poe en y ajoutant un fond de thriller horrifique. Un matériau qui pouvait nous faire espérer un film à fort potentiel, capable de faire de « L'Ombre du mal (The Raven) » l'un des films marquants de 2012. Les ambitions étaient d’autant plus grandes que Poe se trouve ici interprété par le souvent génial John Cusack et que James McTeigue avait déjà séduit son public avec son « V pour vendetta ». Mais, petit détail que moi-même avais oublié, du moins dans un premier temps, c'est que ce même réalisateur avait aussi signé le mauvais Ninja Assassin et avait participé à l’échec d'Invasion.

Image The Raven

Avec « L'Ombre du mal» James McTeigue ne fait que confirmer son potentiel de « Yes Man » efficace, mais dénué de la moindre personnalité. Un fait qui nous entraine à penser que la parfaite réussite de « V pour vendetta » ne pourrait être qu'un heureux accident. Non pas que le film présenté en ouverture du Bifff 2012 soit aussi mauvais qu'un Ninja Assassin - le résultat est honnête, malgré une mise en scène n’optant pas vraiment pour la finesse - mais il ne fait surtout que ressembler à ces milliards de thrillers noirs hollywoodiens, ou tout se montre prévisible et appuyé, donc dénué de tout effet de surprise (le seul élément surprenant étant désamorcé par le premier des synopsis officiels). L'ambiance se montre donc tout d'abord fortement influencée par From Hell d'Albert Hughes et Allen Hughes, autant par sa photographie que par ses quelques idées scénaristiques. On part sur les mêmes bases, avec le Johnny Depp détruit par la drogue remplacé par l'alcoolisme. Ben Livingston et Hannah Shakespeare, les scénaristes, partant d’un pitch en or, semblent n'avoir jamais voulu enfreindre les lois narratives et les enjeux de ce type de films. Ainsi, alors que le film débute comme une enquête très macabre, l'histoire se repositionne très vite, avec des enjeux plus personnels, comme l'habituelle promise qui se trouve être potentiellement la prochaine victime du tueur et où le « héros » n'a que quelques heures pour résoudre des énigmes laissées sur les précédents meurtres (là on rendre dans le genre « une journée en enfer » ou « 12 rounds » à la sauce gothique, en moins efficace, bien entendu).

« L'Ombre du mal» malgré son apparence formatée, recèle pourtant quelques passages tendant à prouver que l'intention de base n’était pas forcément prétexte à concevoir un « produit hollywoodien ». Le meurtre qui introduit le long métrage, puis celui du pendule (référence à La Chambre des tortures) sont donc des scènes bel et bien marquantes qui font que l’on éprouve un certain attachement envers ce projet. Dans le cas de la seconde séquence citée, on regrettera juste le sang ajouté en CGI, une tendance qu'il faudrait que Hollywood en vienne vraiment à oublier.

Image The Raven 2

Sur la forme, il n'y a pas grand-chose à reprocher à James McTeigue et ses équipes. La reconstitution d'un 19éme siècle sombre amène une atmosphère agréable à voir (et revoir) sur grand écran et la mise en image du réalisateur, comme souvent dans ce type de production, est plutôt classieuse. Mais au demeurant, cela reste le propre de toutes les grosses productions actuelles, il n'y a donc rien de surprenant. Mais indéniablement l'image est belle et le cadre soigné.

Côté jeu, John Cusack nous offre une prestation somme toute honorable, mais laissant l'impression qu’il est loin de donner son meilleur. Nous avons déjà connu l'acteur bien plus inspiré, et on peut penser que ce dernier aurait pu apporter bien plus à un personnage littéraire iconique qui a influencé tant de cinéastes. Il reste pour autant le meilleur de la troupe, Luke Evans (les trois mousquetaires, le choc des titans) se contentant de faire de la figuration, Alice Eve (Sex and the City 2) de jouer la potiche du héros, quand à Brendan Gleeson (bons baisers de Bruges, Harry Potter), il est sous exploité, interprétant un personnage ayant pour seul objectif de jouer un père s'opposant à l'union de deux êtres aimés. Petite remarque aux acteurs : hausser les sourcils ne suffit pas pour incarner un méchant, sauf si le film assume un côté bisseu. Ce qui concernant L'ombre du mal ne semble pas le cas.

La conclusion de à propos du Film : L'Ombre du mal [2012]

Auteur Richard B.
60

« L'Ombre du mal (The Raven) » est une sorte de mix correctement emballé entre From Hell et 12 rounds, mais manquant de cœur et donnant avant toute chose une impression de produit ultra formaté. Un constat d'autant plus triste que le film partait plutôt bien avant de sombrer dans le déjà vu. Pour autant on passe un moment agréable même s'il y a de grandes chances que le film sorte vite de nos mémoires d'ici quelques années. Ce qui est bien dommage vu que l'auteur, lui, continue à influencer le monde du cinéma.

On a aimé

  • L'atmosphère.
  • L'idée de mettre en action Poe dans un thriller noir.

On a moins bien aimé

  • Un film fortement calibré.
  • Aucune surprise.

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