Critique Planète à louer [2011]

Avis critique rédigé par Manu B. le lundi 24 janvier 2011 à 13h46

Cuba no libre

"Approchez, approchez!
Mais seulement si vous êtes xénoïde: nous n'acceptons pas les humains...
Une opportunité commerciale unique! Une offre qui ne se refuse pas!
UNE PLANETE A LOUER!
Une planète entière avec ses mers et ses montagnes, ses glaciers et ses déserts, ses plaines et ses forêts.
Une planète avec ses climats, sa faune, sa flore, ses minéraux et sa Lune.
Et, bien mieux, avec toute sa population intelligente.
Une véritable aubaine!..."


Incroyable ! Le Contact a eu lieu: celui l'humanité avec d'autres entités extra-terrestres.
Mais tout ne s'est pas passé comme on l'imaginait car à cause d'une incapacité à dialoguer avec diplomatie et d'une infériorité technologique indéniable, les hommes ont eu le dessous. Depuis, la Terre ne sert des intérêts qu'extérieurs. Ils sont mis sous la tutelle de quatre grandes races qui s'empressent de ne rien faire pour hâter la mise à niveau de notre planète. Et nous ne sommes pas prêts d'entrer dans la cour des grandes civilisations galactiques. La Terre est devenue une réserve ethnique, une destination touristique pour ET et ses compères. Et pas moyen de s'en sortir pour les millions d'humains à moins de tomber sur un touriste qui vous emmènera dans les étoiles...

Yoss, aka José Miguel Sánchez Gómez, habite à la Havane où il a du mal à être publié (et c'est un euphémisme). Il est l'un des rares auteurs cubains de science-fiction connus en France. Il écrit également sur la musique. C'est en tout cas à l'étranger que son travail est plus largement relayé. En France, son recueil de nouvelles Interférences précède la publication de Planète à louer aux éd. Mnémos qui vient juste de sortir. C'est l'histoire de son pays sur une échelle planétaire...

L'ouvrage en question est un recueil de nouvelles, introduites chacune par un avant-propos, mais si elles racontent chacune une histoire différente, l'ensemble ne saurait être lu sans respecter la chronologie. En effet, elles sont liées par des personnages dont on décrit l'histoire personnelle successivement.
L'idée de départ est bien entendu d'aborder par plusieurs angles la société cubaine. Vous l'aurez compris (d'ailleurs l'auteur l'écrit dans sa brève postface), la Terre décrite dans le texte est en fait le Cuba d'hier, tandis que la galaxie est le reste du monde, les extra-terrestres étant les habitants des autres pays.
Vous pourrez reconnaître vous-mêmes à qui Yoss fait référence lorsqu'il décrit des ET secrets mais qui exercent un énorme pouvoir, ceux qui sont humanoïdes, esthètes mais fourbes, ou les derniers dont le physique les prédestine à la guerre ou la milice. Facile. 
Il peaufine sa parabole avec le gouvernement cubain, la corruption des forces de l'ordre, la prostitution (les travailleuses "sociales"), la fuite des cerveaux scientifiques et des sportifs de haut niveau, et pour finir le drame des boat people.

Sur la forme, le texte s'apparente à la science-fiction de l'âge d'or, un style parfois un peu pauvre, malgré quelques beaux passages. Les esthètes en seront pour leurs frais. Mais quand on considère que les seules références de l'auteur sont justement les textes d'Isaac Asimov ou d'Arthur C. Clarke, on ne sera pas étonné du résultat.
De toute façon, ce qui importe, c'est le fond.
Et la vérité, c'est que rien ne semble factice. Lisez juste les remerciements pour vous en convaincre.

La conclusion de à propos du Recueil de nouvelles : Planète à louer [2011]

Auteur Manu B.
80

Planète à louer est un assez remarquable témoignage sur le Cuba des années 90. Sous le vernis du second degré (quoique pas toujours) et de la science-fiction, l'auteur dénonce une société corrompue, vérolée par un gouvernement fantoche et qui contraint la population à la prostitution et autres pratiques avilissantes pour simplement survivre.

Acheter le Recueil de nouvelles Planète à louer en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Planète à louer sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter