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Critique du film : Doghouse [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 12 janvier 2010 à 00h46

Le village des filles insatiables

Un groupe d’amis décide de partir en virée afin de faire oublier à l’un d’entre eux une séparation difficilement vécue. Avec comme objectif un week-end golf à la campagne, cette bande de potes embarque à bord d’un minibus de la compagnie West, conduit par Candy, une jolie blonde. Direction : Moodley, un petit bled paumé dans la campane anglaise.
Arrivée sur les lieux, la joyeuse équipe découvre un village vidé de ses habitants. Une petite visite au pub, désert, ne les rassure pas. C’est alors qu’ils s’aperçoivent qu’il y a en fait quelques résidents dans Moodley. Des habitants vraiment peu ordinaires et plutôt terrifiants puisqu’il s’agit de femmes zombies affamées !!!

Jake West, il y a déjà trois ans, m’avait laissé sur une excellente impression avec Evil Aliens, une comédie SF gore absolument débile et jubilatoire évoquant quelque peu Terreur extra-terrestre, ce classique de la série B où un alien s’adonne sur terre aux plaisirs de la chasse à l’homme (oui, oui, comme dans Predator). Aujourd’hui, après un petit crochet du coté du documentaire (Phantasmagoria, consacré aux icones du cinéma fantastique), Jake West nous revient avec une nouvelle comédie noire… et rouge sang, un film de zombies un peu particulier puisqu’il ne met en scène que des goules de sexe féminin.

Le script, donc, signé Dan Schaffer, est sacrément, et volontairement, débile. Il n’est qu’un alibi pour mettre en scène nombre de séquences d’action gaguesques garnies d’éléments issus des séries B gore des années 80. On obtient donc un buddy movie potache évoquant à la fois un épisode de scoubidou et les classiques du genre (de George A. Romero à Brian Yuzna), le tout sur un fond de bataille des sexes puisque les antihéros de ce film auront comme adversaires des représentantes du sexe faible qui, ici, ne pensent qu’à les dévorer. Jake West évolue donc sur le même terrain que  Lesbian Vampire Killers et, si l’on remonte plus loin, toutes ces comédies horrifiques mettant en scène une bande de joyeux drilles harcelée par une horde de femmes fatales sanguinaires (Beverly Hills Vamp, La Reine des Vampires, etc.) – les vampires sexy étant remplacées ici par des goules un peu moins attirantes.

Il est intéressant de noter que Jake West a réuni tous les ingrédients pour atteindre ses objectifs. L’un des plus importants étant l’aura de sympathie dégagée par tous ces pauvres types en pleine crise de la trentaine (ils ont des problèmes pour gérer leur vie sentimentale) cernés dans ce village par des femelles un peu trop entreprenantes. En effet, en parvenant à réunir un casting d’acteurs plutôt doués, il est arrivé à construire une équipe, structurellement archétypale, certes, mais complémentaire et efficace, à la manière d’une compagnie de héros pour jeux de rôle.

Vient ensuite l’humour. En bon britannique, Jake West a opté pour un humour noir mêlant slapstick et comique de situation dépassant très souvent les frontières menant à l’absurde. Et, même si cela n’est pas nouveau, la plupart du temps, la méthode fonctionne. On voit ainsi l’un des héros, perché sur un panneau publicitaire, dégommer à coup de balles de golf des zombies situés à plus de cent mètres. On voit aussi une vieille goule se déplaçant en déambulateur descendu par un ballon de foot (samba brésilienne en musique de fond) et le geek de la bande fabriquer un lance-flamme en … plastique (le premier lance-flamme jetable). Et si vous aviez toujours rêvé de contrôler à votre gré la gente féminine, sachez, messieurs, qu’il existe une télécommande pour ce faire. Bon, ok, ici, c’est pour plier à sa volonté de zombies bien crades , mais bon, c’est déjà pas mal. Non ?

Techniquement, Doghouse s’en tire également plutôt bien. Avec Evil Aliens et son petit budget, Jake West nous avait déjà démontré qu’il était un excellent réalisateur.  Là encore, avec seulement 4 millions de dollars, il nous confirme sa maîtrise dans le domaine technique. Pas grand-chose à reprocher, en effet, au cinéaste britannique. Le métrage est parfaitement bien rythmé, le récit toujours lisible et Jake West, en bon cinéaste conscient de ses limites, applique avec talent les recettes qui fonctionnent, jouant avec les cadres sans céder à la tentation d’y adjoindre trop d’effets de style. Il en ressort un récit très fluide, linéaire certes (c’est le scénario qui veut ça) mais jamais lassant car basculant souvent entre différents points de vue.

Reste à parler des effets spéciaux et, bien entendu, des maquillages des zombies. Si je dois avouer que je regrette un peu le fait que le film soit finalement peu gore (surtout si on le compare à Evil Aliens !),  il y a tout lieu d’être satisfait du résultat global qui met en avant une belle brochette de zombies baignant souvent dans  un léger érotisme trash. On sent d’ailleurs ici les influences de Jake West. Par exemple, Emily Booth interprète le sniper (ex-coiffeuse armée de ses paires de ciseaux), une zombie gothique qui évoque fortement la Julie du Le Retour des morts-vivants 3 (interprétée par Mindy Clarke, tous les fantascophiles s’en souviennent encore). Et n’oublions pas la zombie en robe de mariée, qui est un cliché très souvent rencontrée dans ce type de films.  De plus, comme Romero, Jake West laisse ses zombies reconstituer leur train-train quotidien, même au-delà de la mort. Dés le premier coup d’œil, on identifie ainsi sans peine les postes sociaux et professionnels qu’occupaient ces créatures avant leur transformation. Ce qui peut amener des situations cocasses, comme lorsqu’un zombie en tenue de cavalière cingle de sa cravache le postérieur de l’un des héros ou quand la grosse matrone en manque d’affection fête son anniversaire en nuisette, garnissant son gâteau avec, en guise de bougies, des doigts de victimes masculines (hum, cherchez la symbolique, c’est très distingué). Bref, si cela ne vole pas très haut, cela a le mérite d’être efficace. Et c’est tous ce que l’on demande à ce type de métrage.

La conclusion de à propos du Film : Doghouse [2010]

Nicolas L.
70

On pourrait reprocher à Jake West de ne pas prendre de risques avec Doghouse, de faire dans le classique avec cette comédie gore à l’humour potache. C’est vrai, cependant, le réalisateur britannique, grâce à une excellente réalisation et quelques bonnes petites idées disséminées dans le scénario, arrive à faire bien mieux que bon nombre de ses petits camarades (Phil Claydon avec Lesbian Vampire Killers, par exemple) et nous offrir un spectacle bien divertissant. Décidemment, ce Jake West, que j’avais découvert par hasard il y a une bonne dizaine d’années à l’occasion d’un Razor Blade Smile fauché mais assez sympathique, ne cesse de progresser dans son cinéma.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation de qualité
  • Des gags qui font souvent mouche
  • De bonnes idées
  • Maquillages réussis dans l’ensemble
  • Un casting sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Un thème qui commence à être usé
  • J’espérais un peu plus de gore
  • De la pure série B, sans autre prétention que le divertissement

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