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Critique du roman : Mars la bleue #3 [1995], par Manu B.

Avis critique rédigé par Manu B. le mardi 2 septembre 2008 à 14h43

Mars libre

"Mars est libre, maintenant. Et nous aussi nous sommes libres. Libres d'agir à notre guise, disait Ann, dans le train, debout sur la passerelle ouverte à tous vents..."
Mars est libre. Les Verts ont gagné et la Terre n'a plus le contrôle de la planète rouge verdoyante. Les lichens et les plantes commencent à recouvrir à basse pression les pentes des sommets de Mars et l'air est respirable à basse altitude. L'homme peut enfin se déplacer sans contrainte dans les villes principales. Cependant, les révolutions ont décimé les rangs des grands acteurs des Cents Premiers: Tatiana, John, Frank, Sacha, Arkady, Simon, Phyllis, et bien d'autres font maintenant partie de l'histoire ancienne et seuls quelques uns des survivants s'en souviennent encore. Même Hiroko et son équipe ont disparu. Et plus les années avancent, plus la mémoire flanche pour les Issei et premiers colons. Jackie en profite et son parti "Mars Libre" est en train d'étendre son influence sur toute la planète. Ailleurs, la situation est explosive: la surpopulation sur Terre est contenue dès lors que son immigration sur Mars est jugulée, ce qui aiguise les tensions et risque de provoquer une nouvelle bataille rangée pour le contrôle de l'ascenseur spatial...
Après Mars la rouge et Mars la verte, Mars la bleue s'inscrit dans la même logique que les précédents volets. L'hypertrophie en plus. Kim Stanley Robinson semble doué pour les digressions, ce qui en altère peu sa qualité de vulgarisateur scientifique. Pourtant, son propos ne concerne pas uniquement les sciences et techniques, à l'instar de Mars la rouge où tout est à construire, où la terraformation doit débuter. C'est dans Mars la verte qu'il s'intéresse plus particulièrement aux sciences politiques, à l'érection d'une civilisation, partagée entre la volonté de préserver la beauté sauvage de Mars (dans le camp des Rouges) et le désir de faire de Mars une planète habitable (dans le camp de Verts). On ressent comme une convergence à l'attention du lecteur: d'abord la planète, le besoin de survivre à sa surface (Mars la rouge), puis l'organisation de cette survie, l'avènement d'une société, d'un type de politiques (Mars la verte) et puis la mise au point sur l'individu isolé de cette société (Mars la bleue).
Mars la bleue se concentre plus particulièrement sur les individus, puisque les habitants de Mars sont maintenant en passe d'acquérir une certaine indépendance vis à vis de la Terre, en plus de leur autonomie. L'ecopoesis s'est faite dans la douleur mais elle a bel et bien eu lieu. Et puisque le processus de terraformation est bien engagé, l'auteur s'est intéressé aux instigateurs du processus, notamment par rapport à la mémoire, en rapport avec leur âge demesuré de deux siècles ou plus. L'heure est parfois aux regrets, aux remords quant aux actes passés, ou aux espoirs quant au futur. Nous retrouvons donc les derniers grands acteurs de la première heure (Maya, Nadia, Ann, Sax, Michel, Desmond) ainsi que les Nisei (Nirgal, jackie) face au résultat de leurs actions politiques, faisant le point sur ce qui aurait dû être et ceux qui auraient dû compter. L'auteur semble avoir occulté la planète, les intérêts économiques, la technologie. Les sciences passent à la trappe ou apparaissent de manière anecdotique, en admettant que le système utopique auquel aspirent les Cent Premiers, durant les cent-cent cinquante premières années, ne fonctionne pas, ne peut pas fonctionner à long terme. L'inévitable émergence de personnalités dans les différents types de systèmes socialistes utopiques, coopératives, SEL ou autres systèmes équivalents, sape évidemment le principe. Des personnalités comme Jackie Boone. La partie la plus intéressante reste à mon sens la dernière partie du roman, relative à la mémoire, non seulement ses mécanismes et les façons de la réactiver, mais aussi et surtout les conséquences de la résurgence de tous les souvenirs (ce qui explique les relations houleuses entre Sax et Ann, par exemple). De biens beaux moments pour clore la trilogie.
Au final, la trilogie est longue et, reconnaissons-le, parfois assez pénible à lire, mais cela s'explique par le but que recherchait probablement Kim Stanley Robinson: couvrir tous les domaines de la technologie, des sciences dures, politiques sociales et humaines. Il serait assez intéressant de relire ce petit condensé des connaissances actuelles dans vingt ou trente ans pour savoir si l'auteur est aujourd'hui un visionnaire ou non.

La conclusion de à propos du Roman : Mars la bleue #3 [1995]

Manu B.
85

En conclusion, ce troisième volet de Kim Stanley Robinson est un peu plus calme, moins tendu car l'issue de l'opposition entre Rouges et Verts ne laisse planer aucun doute: Mars devient une nouvelle Terre, habitable, respirable, colonisable. C'est avec un peu de nostalgie et de soulagement que l'on referme ce roman, avec le sentiment d'avoir achevé ce monument de la science-fiction, une ode à la beauté sauvage de la planète rouge, mais aussi une victoire de la technique pour la dompter. Robinson a d'excellentes idées sur le terraforming, dommage qu'elles soient polluées voire noyées par d'autres idéaux et utopies.

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