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Critique du roman : Eragon #1 [2004], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 7 novembre 2005 à 11h15

Une œuvre moyenne mais pas si désagréable que ça…

Le jeune Eragon est un orphelin élevé par son oncle près d’un petit village niché dans les montagnes de la Crête. Il partage ses journées et les saisons qui défilent entre la chasse dans la montagne et les corvées domestiques qu’il exécute de bonne grâce avec son frère Roran. Sa quinzième année d’existence va cependant voir basculer son destin. C’est d’abord le départ du domicile familial de Roran, parti travailler dans un village voisin pour pouvoir s’offrir la main de la belle Katrina. Mais c’est surtout la découverte d’un œuf de dragon, et son éclosion soudaine. Eragon va élever en secret ce jeune dragon femelle, qu’il nomme Saphira, et avec lequel il établit un lien affectif et télépathique. Mais les sbires de l’empereur, un redoutable sorcier tyrrannique qui a eu vent de la naissance du dragon, se lancent à la recherche des deux jeunes amis. En compagnie de Brom, un vieil et étrange personnage, il décide de fuir…
Edité en France par Bayard Jeunesse, Eragon est le premier tome d’une trilogie épique écrite par un jeune américain, Christopher Paolini, qui commença l’écriture de l’ouvrage alors qu’il n’était âgé que de 15 ans. Publié en 2003 par la maison d’édition familiale, Eragon connu au début un succès d’estime avant de décoller réellement et de connaître un gigantesque succès. Pour citer un exemple de cet ‘’Eragonmania’’; les ventes du tome 2, The Elder, sorti cet été aux Etats-Unis ont même rivalisé avec celles du dernier opus d’Harry Potter, c’est dire ! Il était normal qu’à SFU, l’on s’intéresse à un tel bouquin. Requiem a été la première à nous donner son avis, qui est plus que mitigé, je vais si vous le voulez bien, vous exposer le mien.
Qui aime bien, chatie bien!
Commençons par les défauts, dans le pur style : qui aime bien châtie bien ! Tombons d’abord à bras raccourcis sur l’éditeur français auteur de cette comparaison cavalière, en quatrième de couverture, avec l’œuvre de Tolkien. Une initiative regrettable qui envoi boxer Eragon dans une catégorie où il n’a absolument pas sa place. Penchons-nous ensuite sur le style narratif de l’ouvrage. Jeune auteur, Paolini utilise un temps qu’il maîtrise bien, le passé narratif à la troisième personne. Il se pose donc en conteur, en barde, tout en restant cependant très américain dans l’esprit, à grand renfort d’utilisation de phrases courtes - entre dix et quinze mots en moyenne pour les phrases descriptives. Cela donne donc un style télégraphique – rappeur ? – direct, très simple, mais assez primaire et manquant de subtilité. Nous sommes très loin de Jack Vance dirons-nous. L’auteur est plus prolixe dans les phases de dialogues, mais hormis quelques exceptions (comme l’exposé de Ajihad), cela reste tout de même très concis. Pour conclure ce sujet, il faut le dire, le tout manque de style, de rondeur et de richesse d’écriture.
Un manque d'originalité
Ensuite, le concept original manque singulièrement de personnalité. Brom nous rappelle Gandalf, les Urgal et les Krulls ressemblent à si méprendre à des Orcs et des Uruk-Haï, les Ra’zacs sont semblables aux Nazguls et l’Ombre est tel Saroumane, un sorcier et l’un des hommes forts de l’empereur. Ce dernier est Galbatorix (le gaulois ?), un personnage mystérieux qui, comme Sauron, est le mal personnifié et un sorcier presque immortel. Si on ajoute à cela des elfes et des nains très classiques, on se retrouve dans un mixage assez basique entre les Jeunes Royaumes (Dungeons & Dragons) et les Terres du Milieu (Le Seigneur des Anneaux). De plus, il y a de nombreuses erreurs de scénario – ou de narration - comme, par exemple, au début de l’aventure, lorsque Eragon compare certaines de ses découvertes à des tableaux de maître ou des intérieurs de cathédrale, alors qu’il n’a jamais quitté son village ni mis un pied à l’école – il ne sait pas même lire. Les bourdes de cette catégorie sont nombreuses mais le plus amusant est sans nulle doute la carte en début de livre, sois disant dessinée par l’auteur lui-même, et qui, si l‘on prend la peine de vérifier les distances et l’échelle, est complètement fausse !
Stéréotypes et manichéisme
Tous ces défauts – de jeunesse ? – et ce manque d’originalité ne seraient pas bien graves si, de la même manière que Fuest avec son monde de Krondor – narration très simple et base scénaristique très classique, mais avec un monde D&D pris dans des tourbillons diplomatiques – Paolini avait sophistiqué un peu plus le coté politique et intrigant, pour construire un univers plus étoffé. Hélas, du haut de ses quinze ans, l’auteur n’entend rien à la politique et il nous offre un paysage politico-social manichéen et stéréotypé ; un empire totalitaire ‘’à la star wars’’ avec ses vilains pas beaux, ses jolis gentils, un dragon ‘’fille’’ (traduit en français par l’incongru ‘’dragonne’’, qui est, comme tout le monde le sait, l’équivalent d’une lanière en cuir ou autre, mais pas la compagne de ces fiers reptiles volants) qui me fait penser à Fauchur, le dragon à tête de chien de l’Histoire sans Fin, et même un chef de rébellion black pour faire cool dans le paysage littéraire US.
Loin d'être si mauvais
Bon, assez tapé sur ce pauvre Eragon ! Et puis, vous allez vous dire, à raison, et qu’est-ce qui a poussé cet abruti à aller jusqu’au bout du livre, si c’est un torchon ? Je répondrais qu’il n’est tout simplement pas si nul que ça, à la condition de le garder à la place qui est la sienne. Si on le compare à la flopée de bouquins de fantasy bas de gamme qui exploitent le filon AD&D comme tous ceux de la série Dragonlance ou des Royaumes Oubliés – à part la saga de Drizzt de Salvadore qui est très intéressante – il est loin d’être aussi mauvais car des efforts ont été faits.
Amélioration progressive
Tout d’abord, la qualité narrative et la richesse des textes s’améliorent au fil du livre pour atteindre un niveau plus convenable vers les derniers chapitres. De là à dire que le jeune homme a été pris en main au cours de la construction de l’œuvre est un pas que je ne franchirais pas. De toutes manières, cela n’est pas un problème en soi. Ensuite, Paolini s’est quand même un peu trituré son juvénile cerveau de joueur de rôle en incluant un bon nombre de personnages secondaires intéressants qui compensent la fadeur du héros principal ; le jeune Murtagh – fils d’un parjure – et la sorcière Angela, mélange assez intéressant entre un druide et un démoniste en sont les meilleurs représentant. On passera sur la gente féminine, très idéalisée, mais on peut ajouter dans la liste des atouts la présence d’un jeune adolescent comme héros – un aspect fréquent dans la féerie mais assez rare dans la pure héroïc-fantasy – qui facilite grandement l’identification du lectorat le plus jeune.
Quelques bonnes idées
A ces petits détails intéressants, on peut ajouter, après la visite de quelques villes insipides, la découverte de la cité naine – pas norvégienne - de Tronjheim, située dans le cratère d’un gigantesque volcan, le Farthen Dûr. Le manque d’originalité de la localisation de cette ville naine, bien évidemment située dans la montagne, est compensé par son intéressante architecture qui tient plus de Bourrough, avec son dôme en rubis et sa construction arachnéenne, que de Tolkien. Assurément un des points forts du roman.

La conclusion de à propos du Roman : Eragon #1 [2004]

Nicolas L.
50

Pour conclure, je pense que Eragon est un premier livre d’un jeune homme passionné, comme beaucoup de gamins de son age, par les jeux vidéo, les films de Peter Jackson, les jeux de rôle D&D et les jeux de figurines Warhammer. Il n’est pas question de le hisser aux nues mais il ne mérite pas le pilori non plus. Œuvre mineure qui n’aurait peut-être jamais vu le jour sans l’opportunité d’un père éditeur, Eragon s’adresse, en raison de sa pauvreté d’écriture et son allure de réchauffé, aux plus jeunes lecteurs masculins - dans la catégorie 9 à 12 ans. Ceux là y trouveront peut-être leur bonheur.

Que faut-il en retenir ?

  • Facilité d’accès
  • Quelques idées intéressantes
  • Indentification aisée pour les plus jeunes.

Que faut-il oublier ?

  • Niveau d’écriture assez faible.
  • Manque d’originalité
  • Quelques erreurs scénaristiques.

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