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Critique du Film d'animation : La Tortue Rouge
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Critique du Film d'animation : La Tortue Rouge

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 1 juillet 2016 à 1114

Man vs Wild

Loin d'Hollywood, de Pixar ou de DreamWorks, il existe une production française de films d'animation qui n'hésite pas à se rapprocher du cinéma d'auteur national pour proposer des longs-métrages différents et souvent intéressants. Alors si en plus, une production française obtient le soutien des studios Ghibli...

La Tortue Rouge est le premier long-métrage de l'expérimenté réalisateur et animateur hollandais Michaël Dudok de Wit qui travaille dans le milieu de l'animation depuis le début des années 1980. Cet artiste discret est avant tout connu pour ses courts-métrages nominés/primés aux Oscars, aux Césars ou à Annecy que cela soit Le Moine et le Poisson en 1994 et surtout Père et Fille en 2000. Ce touchant court-métrage sur le deuil et la vie reçut un Oscar et tapa dans l'oeil du mythique studio Japonais Ghibli dont Hayao Miyazaki et Isao Takahata (réalisateur du Tombeau des Lucioles). Le studio nippon prit contact avec Dudok de Wit en 2006 pour lui proposer de co-produire un long-métrage à condition que cela soit fait en France. C'est ainsi que les studios français de Why Not Productions et Wild Bunch (qui a distribué des films du studio Ghibli en France) se retrouvent engagés dans une production qui dure 9 ans. De Wit est rejoint à l'écriture par la cinéaste française Pascale Ferran qui est connue pour son Lady Chatterley en 2006 ou plus récemment par Bird People (2014). Ce mélange de talents reconnus entraîne un projet qui intrigue faisant que le film est sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard y remportant le Prix Spécial.

La Tortue Rouge est un conte et une fable. Un conte qui commence en plein milieu de l'océan où un homme semble être le seul survivant d'un naufrage causé par une violente tempête. Il survit en s'échouant sur une petite île déserte se composant de plages, de végétations denses ainsi que d'immenses rochers et falaises. Cet homme capable n'a pas l'intention de s'éterniser et se construit rapidement un radeau afin de rejoindre l'océan et rentrer chez lui. Malheureusement sa première tentative échoue car son embarcation est détruite. Il recommence avec un radeau plus imposant mais le résultat est le même... A la troisième tentative, il se rend compte que le coupable est une grande tortue rouge qui semble bien décidée à l'empêcher de partir... Notre homme se retrouve donc seul face à une nature qui peut s'avérer aussi généreuse qu'implacablement cruelle.

La Tortue Rouge est donc un conte comme une fable. Un conte d'aventure teinté de fantastique qui doit évidemment beaucoup à Robinson Crusoé au vu de la situation que connaît le personnage principal. Le parallèle est renforcé par le fait qu'on ne peut vraiment situer l'histoire en termes de date ou de siècle. Le parti pris du film est aussi de proposer une intrigue complètement muette du début à la fin où les dialogues sont les cris, rires et respirations des personnages principaux. Un pari risqué mais efficace qui donne vraiment du charme à l'intrigue et qui prouve encore une fois, après Wall-E, que le cinéma actuel peut se passer de dialogue. Plus qu'un conte, le film est aussi une fable qui raconte la relation entre un homme et la nature ce qui fait que le scénario peut apparaître décousu mais il n'en est rien car le film est avant tout une expérience émotionnelle. Les situations s'enchaînent nous montrant une nature sauvage mais aussi merveilleuse offrant moments poésie et d'onirisme assez puissants. La mer, la foret, les animaux comme le climat sont autant de personnages qui sont les alliés et les ennemis de notre héros puis de sa famille. Cette fable sur la nature ne se veut jamais moralisatrice, on n'est pas en train de nous survendre/surligner un récit écologique. Beaucoup est laissé à l'appréciation du spectateur et cela est fait brillamment. On pourra seulement mettre un bémol sur une musique qui souligne parfois trop fortement les émotions qu'on voudrait nous faire ressentir... Évidemment, La Tortue Rouge n'est pas le meilleur divertissement familial qui soit car il peut se montrer assez hermétique aux plus jeunes comme aux adultes si on en accepte pas sa nature.

Concernant l'esthétisme, La Tortue Rouge fait partie de ces films qui continuent à donner ses lettres de noblesse à une animation plus traditionnelle, aux dessins-animés en 2D. La technique mélange ici des dessins au fusain, au crayon numérique et des images de synthèse au rendu 2D. Si le film peut avoir l'aspect du fait main, ce n'est pas vraiment le cas mais cela n'enlève rien à l'indéniable charme qui s'en dégage. Les images sont souvent magnifiques et les animations toujours très bien travaillées. Le soin apporté à la nature fait vraiment mouche et les séquences sous-marines sont aussi très bien réalisées. On ressent vraiment une réalisation européenne avec un style assez reconnaissable mais aussi ce souci de l'épure (notamment les séquences sous-marines) qu'on retrouve dans l’œuvre de Michaël Dudok de Wit comme dans beaucoup de productions japonaises. En visionnant le film, on comprend pourquoi Dudok de Wit a surtout passé sa carrière à réaliser des courts-métrages en mettant aussi longtemps à réaliser un long-métrage. Le film peut facilement se découper en plusieurs parties pouvant facilement devenir indépendantes. Cela fait que les enchaînements entre les différentes parties du film ne sont pas toujours très maîtrisées mais cela n'est pas vraiment dérangeant vu la nature du métrage. Le réalisateur réussit à proposer des scènes contemplatives malgré une grande fluidité dans l'animation des personnages comme des animaux. On espère qu'il n'attendra pas aussi longtemps pour retravailler sur un long-métrage...

La conclusion de

La Tortue Rouge est une œuvre qui est difficile à expliquer mais qu'on vous invite chaudement à vivre. Entre le conte et la fable, cette aventure à la Robinson Crusoé met en scène l'Homme face à la nature avec ce qu'il faut de poésie et de beauté pour nous charmer de bout en bout. Si le film peut paraître hermétique, il réussit l'exploit d'être ambitieux tout en étant assez épuré avec le mouvement plus important que la parole. L'animation plus traditionnelle en 2D reste parfois plus belle et pleine de vie que les exploits techniques et parfois photoréalistes de l'animation en images de synthèse...

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