75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°5 : Nous ne sommes pas comme Skynet et méritons d'exister, mais avec ce bloqueur de pubs actif, nous vous dirons 'Hasta la Vista, Baby!'
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"

Critique du film : Seul sur Mars [2015], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le lundi 26 octobre 2015 à 13h30

Le premier Homme à pisser sur Mars...


Premier roman d'Andy Weir, Seul sur Mars s'était rapidement imposé comme une sympathique petite surprise. Loin du chef d'oeuvre annoncé ici et là au moment de sa sortie (mais que voulez-vous, il faut bien vendre), le livre s'avérait tout de même particulièrement efficace : écriture nerveuse, rythme bien entretenu, personnage principal travaillé, explications scientifiques didactiques, l'héritage formel de Michael Crichton n'était jamais très loin. A ce titre, l'adaptation cinématographique s'imposait quasi-instantanément comme une évidence et ce notamment parce que Weir, en cherchant avant tout l'efficacité par l'accumulation de péripéties, ne conférait jamais à son récit cette ambition qui aurait pu l'amener vers quelque chose de plus mémorable, et qui aurait donc compliqué la tâche d'adaptation scénaristique.

En transcrivant le roman quasiment à l'identique, le travail de Drew Goddard (co-scénariste et réalisateur de l'excellent La Cabane dans les bois) n'a donc pas été d'une grande complexité. Certes, cette adaptation aurait pu être bien plus que cela, mais nul doute que la volonté des producteurs n'était pas d'ajouter une couche métaphysique à ce récit. On se retrouve donc, au final, avec un script parfaitement calibré pour accoucher d'un spectacle efficace, propre à satisfaire les spectateurs du monde entier (et notamment la Chine, qui représente désormais un débouché commercial conséquent pour Hollywood, et qui, ici, se retrouve avec une place assez importante dans le récit). Le résultat final est à l'image du roman : distrayant mais jamais plus que cela.


« Seul sur Mars ressemble très exactement à ce que l'on pouvait en attendre et ne parvient pas à surprendre. C'est propre, carré, efficace, mais rien ne s'éloigne jamais d'une formule déjà vue. »


 


La-dessus, force est de constater que Ridley Scott fait un travail de réalisation de parfait de petit faiseur. La mise en scène est efficace (le bonhomme connaît clairement son métier), mais sans aucun génie. Seul sur Mars ne dépasse pas son scénario, et la réalisation ne propose jamais autre chose que ce qui est défini dans le cahier des charges. Le récit aurait clairement pu permettre quelques envolées poétiques, voire un focus sur la solitude du personnage principal, mais non. Il faut aller vite, enchainer les péripéties, ne pas laisser aux spectateurs le temps de souffler. Et ça marche. A l'exception d'une dernière demi-heure bien poussive (les péripéties finales nous amènent tout de même jusqu'à l'overdose), le film fait le taf : il amuse, distrait et permet de passer un agréable moment.

Cela est d'autant plus vrai que le film est techniquement appliqué : les effets spéciaux sont sobres et bien mis en valeurs, les décors sont convaincants, la photographie de Dariusz Wolski retranscrit parfaitement l'ambiance martienne, les compositions d'Harry Gregson-Williams permettent de bien poser l'atmosphère pesante, le casting quatre étoiles donne corps à des personnages parfois anecdotiques (Sean Bean ne sert à rien par exemple, mais on est tout de même content de voir). Mais à ce niveau aussi, bien que toute l'équipe technique ait fait un travail appliqué, le tout manque de surprise. Au final, Seul sur Mars ressemble très exactement à ce que l'on pouvait en attendre et ne parvient pas à surprendre. C'est propre, carré, efficace, mais rien ne s'éloigne jamais d'une formule déjà vue.



Et cette formule, c'est tout simplement celle d'Apollo 13. A bien y regarder, Seul sur Mars est un véritable décalque du film de Ron Howard, jouant très exactement sur les mêmes mécaniques scénaristiques. Le résultat s'avère cependant un poil moins bon à cause d'une donnée : le temps. Ainsi, le long-métrage prend le parti de ne pas jouer avec les données scientifiques, une noble intention qui ampute tout de même le film d'une partie de sa tension dramatique. Là où Apollo 13 se jouait en un laps de temps très serré (quelques dizaines d'heures), Seul sur Mars s'étalle sur près de deux ans. Il en résulte un rythme quelque peu bâtard qui désarmorce constamment tout début de tension ou de suspens (chaque péripétie étant entrecoupée de quelques jours, voire de quelques mois).

Ce problème de tension dramatique résulte également d'un autre parti-pris : l'humour. Déjà présent dans le roman, cet ingrédient à tendance à rendre beaucoup moins grave l'ensemble des situations vécues. Même dans sa partie finale, alors que le personnage est en très mauvaise posture, les blagues continuent de fuser (après tout, ce n'est pas parce qu'on est sur le point de dériver dans l'immensité spatiale jusqu'à la mort qu'on ne peut pas se permettre une petite vanne !). Heureusement, le tout est porté par un Matt Damon impeccable, qui propose dans son interprétation un équilibre parfait entre humour (subtil, donc réussi) et gravité (sans aller vers le tire-larmes) et qui parvient même à mettre en avant des choses mises de côté par le scénario et la mise en scène (toute la dimension "solitude", par exemple, ne passe que par son jeu).

La conclusion de à propos du Film : Seul sur Mars [2015]

Vincent L.
65

En adaptant le roman d'Andy Weir à la sauce "blockbuster hollywoodien", Ridley Scott nous livre au final ce qui s'apparente à un véritable Appolo 13 du XXIème siècle. Si l'on pourra regretter le manque de surprise ainsi que la légèreté de l'ensemble en terme de tension dramatique, le tout s'avère suffisamment carré pour s'imposer comme un spectacle efficace et sympathique, parfait pour meubler un dimanche soir en famille.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film distrayant et bien mené,
  • Techniquement appliqué à tous les niveaux,
  • Matt Damon, parfait de bout en bout,
  • Un casting quatre étoiles qu'on prend plaisir à regarder.

Que faut-il oublier ?

  • Une formule scénaristique sans surprises,
  • Une tension dramatique quasi-inexistante,
  • Une dernière demi-heure poussive.

Acheter le Film Seul sur Mars [2015] en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Seul sur Mars [2015] sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+