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Critique du Film : Frankenstein's army
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Critique du Film : Frankenstein's army

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 16 octobre 2013 à 1733

Kustom Monsters

La seconde guerre mondiale délivre ses derniers spasmes d’une sanglante agonie. Une patrouille composée de soldats soviétiques, accompagné d’un journaliste,  s'introduit dans un complexe scientifique nazi pour y faire une horrible et incroyable découverte..

Derrière ce pitch qui fleure bon le cinéma de genre et l'esprit comic book se cache Frankenstein's Army, une production dont l'existence, si vous vous intéressez un tant soit peu à la SF et au fantastique, ne vous est probablement pas inconnue. Je ne vais donc pas revenir, mes confrères l'ont déjà fait maint fois (et en détails) sur la longue et douloureuse genèse de ce métrage indépendant d'origine batave. Pas plus que je ne vais m'étaler sur les injustices - à commencer par un mépris poli - dont sont coupables les instances cinématographiques hexagonales concernant ce type d'œuvres cinématographiques qui n'ont comme creuset que la passion d'un ou plusieurs esprits créatifs. En fait, je vais plutôt vous parler de cinéma.

Si Frankenstein's Army, avec son savant fou, ses créations biomécaniques empruntées d'esprit steampunk, ses expérimentations sur des prisonniers de guerre et son environnement huis-clos évoque tout à la fois l’univers des jeux vidéo (Castle Wolfenstein, Doom), la naziploitation et l’horreur moderne à la Hellraiser, il débute en puisant dans un registre nettement plus classique: le film de guerre. Ou plutôt le reportage de guerre puisque Richard Raaphorst a pris comme option (choix autant économique qu’artistique) de tourner la plupart de ses scènes en caméra épaule et d’épouser, par conséquent, la mode du found footage. Aïe ! Assumant pleinement ce choix, le cinéaste débute donc son œuvre par une présentation du traditionnel petit groupe d’individualités (dont les profils collent sans nuance aux archétypes propres au genre), histoire de nous familiariser avec les différentes composantes d’une entité vouée à être démembrée, voire dépecée. Ben oui, c’est toujours comme ça que cela se passe...

Donc, durant une bonne demi-heure, suivant les codes inhérents au genre, usant d’une caméra collant de près aux personnages, Richard Raaphorst se penche à nous faire partager leurs peurs, leurs espoirs et leurs doutes. Au menu, une série de discussions en regards face caméra et quelques échanges guerriers à la lisibilité réduite. Hélas, force est d’admettre que cette technique d’immersion propre au found footage, par manque de moyens techniques (et un brin de fumisterie puisque, par exemple, l’on n’aperçoit jamais l’origine de la prise de son) et faute de nous présenter des personnages intéressant, s’avère perfectible, absolument pas crédible et même un peu ennuyeuse. Une impression générale peu flatteuse qui se voit heureusement adoucie par un rendu visuel plutôt réussi car bénéficiant de décors apocalyptiques convaincants, appuyés par une photographie lugubre bien efficace.

C’est alors que la patrouille arrive devant une vieille église. C’est le lieu qui sert de repaire à Viktor Frankenstein, un scientifique dément qui a décidé de souder la chair et le métal pour créer une nouvelle race hybride, apte à réconcilier les peuples. Oui, car quoi de mieux que la maison de Dieu pour s’improviser Créateur et Faiseur de paix? a dû se dire le descendant du célèbre Victor Frankenstein. Débute alors un nouveau film, toujours aussi gauche dans sa construction narrative (on dirait parfois qu’il manque des scènes entières) et dans sa réalisation, mais qui gagne sacrément en intérêt de par la diversité et le concept design de son extraordinaire bestiaire. Ainsi, plongé dans un univers macabre aux couleurs glaciales, le spectateur va voir apparaitre sous ses yeux une superbe galerie de monstres biomécaniques improbables et imparfaits, fruits du bricolage d’un savant fou de bande dessinée. Le résultat à l’écran, qui évoque autant Screaming Mad George que Hans Rudi Giger et Clive Barker est d’autant plus réussi que Richard Raaphorst a pris bien soin d’éviter d’avoir recours au numérique. Frankenstein's Army est donc fort de nombreux effets spéciaux traditionnels qui lui amènent une grosse dose de réalisme et un petit aspect «eighties» plutôt bienvenu.

Pour ce qui est du traitement, après un début très sérieux (drame guerrier oblige), le réalisateur use désormais d’un alphabet filmique plus potache, qui colle mieux avec les éléments Grand-guignol générés par l’apparition de ces monstres aux apparences ridicules (les zombots). En fait, par le fond comme par la forme, le cinéaste hollandais revisite les univers «lovecraftiens» de Brian Yuzna et Stuart Gordon (Aux portes de l'au-delà, Réanimator) mais, de par son imaginaire, il lorgne aussi vers le monde déjanté et craspec du V-Cinema d'Yoshihiro Nishimura et ses compères de chez Sushi Typhoon. A coté de cela, il est d’ailleurs bon de noter que si l’aspect burlesque, dédramatisant, est avivé par la nature surréaliste des interventions d’un médecin fou interprété par un Karel Roden très inspiré (sur la fin, il part complètement en sucette), le métrage gagne progressivement en férocité et en nervosité, ce qui le place définitivement, malgré son coté kitch assumé, dans la cour des films d’horreur de nouvelle génération.

Alors, certes, le brusque changement de ton qui opère à la fin du premier tiers du film peut gêner aux entournures. D’autant plus que l’absence presque totale de contenu narratif fait ressortir l’impression que tout cet ensemble ne forme finalement qu’un film alibi. Un vulgaire moyen de matérialiser à l’écran les délires geek d’un fan de cinéma de genre, à savoir une galerie de zombies-robots tous plus incroyables (et réussis!) les uns que les autres. Un ressenti - que d’aucun vont trouver désagréable - qui découle surement d’un fait accompli. Il n’empêche que, hormis une première demi-heure un peu vaine, Frankenstein's Army est un sacré bon spectacle pour tout amateur d’horreur fan de culture pulp ou steampunk. Une parade de créatures improbables mais vraiment bien foutues, issues de l’esprit d’un homme élevé aux comic books et aux films de genre des années 80. Tout cela suffit largement à faire de Frankenstein's Army une œuvre respectable et digne d’intérêt.

La conclusion de

Malgré l’absence d’un scénario digne de ce nom, une entame de film vraiment laborieuse et une réalisation souvent perfectible, Frankenstein Army mérite vraiment que l’on s’y intéresse de près. Principalement en raison de son impressionnant bestiaire composé de zombots (zombies-robots) convaincants, mais aussi de par son atmosphère craspec et foutraque qui évoque par moment, tout en restant résolument moderne, le cinéma d’horreur des années 80. Sûr, m’sieur, il y a un peu d’Herbert West dans ce Viktor Frankenstein.

Que faut-il en retenir ?

  • Une impressionnante galerie de monstres
    Une atmosphère foutraque et craspec
    Un Karel Roden inspiré
    Pour les fans d’horreur steampunk

Que faut-il oublier ?


  • Une technique found footage mal maitrisée
    Une première demi-heure insipide
    Un scénario alibi
    Un fil narratif chaotique

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