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Critique du Film (Direct to Vidéo) : Battle Invasion

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 7 juin 2013 à 23:11

Ennui mortel

Neil Johnson est probablement un fan de La Guerre des mondes, le roman d'Herbert George Wells. Il est également un fervent partisan des nouvelles techniques de tournage, celles qui sont censées donner plus de tension à un récit mais qui, le plus souvent, ne cherchent qu’à dissimuler les carences d’un cinéaste ou un manque de moyens techniques – voire les deux dans certains cas. Je veux bien entendu parler des prises de vue caméra épaule de style amateur (comprenez par là : par l’intermédiaire d’un cadreur incompétent et parkinsonien) et du found footage, mise en abyme de la première technique puisque ledit cadreur passe la plupart de son temps à couvrir de sa morve et de sa salive l’objectif d’une caméra réglée avec les pieds. Comme Neil Johnson est également un cinéphile passionné par le thème de l’invasion extra-terrestre (il suffit de prendre connaissance de sa triste filmographie pour s’en convaincre), il a vu District 9, et a pensé que cette technique, utilisée avec parcimonie par des mains expertes, pouvait donner un truc vachement bien. Donc, un jour d’inspiration divine, Neil Johnson s’est dit : «  Et si je réalisais une autre adaptation de La Guerre des Mondes, mais filmée avec un téléphone portable ou une caméra à deux balles ? Une version gerbe, quoi. Bien sûr, souvent, je glisserai dans le métrage quelques plans traditionnels, histoire de signaler aux spectateurs que je n’ai pas opté pour cette technique par mesure d’économie mais par pur choix artistique. » Oui, parce Neil Johnson est persuadé qu’il est un artiste incompris. Après tout, les mecs du Dogme sont devenus célèbres en filmant des moches à poil rigolards avec une caméra VHS d’occasion. Alors, pourquoi pas lui.

Puis, comme Neil Johnson n’est pas la moitié d’un con, il a pensé que, peut-être, les gens allaient s’ennuyer à visionner presque le même film que celui de Steven Spielberg. Qui plus est sans Tom Cruise. Pour éviter cela, il a opté pour introduire dans l’intrigue quelques éléments inattendus : un huis-clos mettant en avant des éléments de drame psychologique ; quelques idées puisées dans quelques vieilles séries B SF (et dans L’empire contre-attaque !) et, enfin, en appuyant l’aspect horrifique dans un climax final à la Charles Band. Un projet ambitieux qui aurait pu muter en une belle initiative… si le film n’avait été réalisé par Neil Johnson, un cinéaste qui n’a décidemment rien appris de ses précédents essais…  qui furent autant d’expériences douloureuses pour le spectateur.

Donc, faisant fi que la série B a déjà accouché de son mockbuster pompé sur La Guerre des mondes(Invasion, de David Michael Latt, le boss d’Asylum), Neil Johnson nous propose une succession de scènes évoquant à la fois le film de Spielberg (avec ses armées de tripodes mécanisés écumant la surface de la Terre et capturant des humains qui serviront de nourriture aux aliens) mais aussi Battle Los Angeles, Independence Day et Skyline pour le coté attaque alien massive (avec résistance mollassonne de l’armée), et Cloverfield pour l’aspect « bordel de merde, fais chier ce film, je vois rien du tout ! ».  Enfin, l’introduction régulière d'images d’actualité visent à amener un petit coté film catastrophe. A noter que question scénario et réalisation, les quatre merdes précitées, comparées à Battle Invasion, font office de monuments du cinéma. Bien sûr, comme Neil Johnson n’a pas de thunes à gaspiller dans des effets spéciaux sophistiqués, c’est extrêmement moisi, avec des CGI hideux, des décors pourris, un festival de faux raccords et des personnages insupportables (ils n’arrêtent pas de gueuler !) s’acharnant vainement à tirer à l’arme légère, à découvert, sur des gigantesques tripodes (qui eux, bizarrement, sont plutôt bien modélisés). Mention spéciale aux effets sonores qui semblent sortir tout droit de vieux épisodes de Cosmos 1999 ou Doctor Who (ah ! le son bien kitch des rayons lasers !), quand ils ne sont pas tout simplement piqués au blockbuster de Spielberg (le hurlement des tripodes). Bref, c’est nul. Le plus grave, c’est que la suite va être pire, quand les personnages vont se réfugier dans un abri.

A ce moment, commence alors une demi-heure insoutenable où quatre, puis trois personnages tentent de cohabiter. Ils commencent par se débarrasser d’une journaliste encombrante, car blessée. Ils lui font d’abord boire de l’eau de Javel (involontairement, parait-il). Elle se met à vomir en boucle, ce qui nous rappelle que Neil Johnson a un faible pour ce type de démonstration craspec (cf Alien Armageddon), puis… ils lui cassent la nuque ! D’un coup, comme ça, crac ! Bon, là, j’avoue, j’ai beaucoup ri devant le ridicule de la situation, surtout que le responsable de cette euthanasie – et ses complices - s’y prennent comme des pieds. Dans un sens, c’est l’une des rares scènes divertissantes du film. Ensuite, une fois le groupe réduit à deux frères et une jeune chieuse qui filme tout avec son cellulaire (j’aimerais que l’on me donne la marque de l’appareil car elle l’utilise dix jours sans le recharger), la situation ne s’arrange guère. Les deux frères ne cessent de se disputer, la fille hurle pour les séparer. C’est insupportable, hystérique et vain (les dialogues sont nuls). Et terriblement long ! Moi qui suis d’un naturel pacifique, il m’est venu des envies de meurtre. Heureusement, d’un coup, comme ça, comme une envie de caca, il leur vient l’idée de sauver le monde. Parce que, l’armée, c’est des cons, et que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Le trio qui donc l’abri. Je crie de joie. Ils vont tomber sur d’anciennes connaissances (comme le monde est petit !) et monter un commando de démolisseurs de tripodes. Là, d’un coup, le gros étron qu’est Battle Invasion se transforme en nanar débile. C’est toujours aussi mal foutu, mais les FX, aussi pourris soient-ils, sont nombreux et ça pète de partout ! Le dynamitage d’un tripode (piloté par des extraterrestres aussi cons les Anges de la Téléréalité), un coup de main sur une réserve de nourriture pour aliens (comprenez un camp de prisonniers), la mise en place d’une cellule de résistance (parce que Neil Johnson est un patriote), bref, les héros enchainent les exploits improbables. Mais ils le paient cher. Parfois, c’est vrai, c’est dû à leur connerie, comme lorsque attaqués par un tripode, ils restent figés sur place, comme des lapins surpris sous les phares d’une voiture. Enfin, le dernier quart d’heure est un monument de nawak. Avec cette confrontation entre un envahisseur et les héros, Neil Johnson oublie le ton grave qui baigne son métrage pour nous offrir la vue d’un alien ridicule, une créature débile de série Z qui m’a rappelé le monstre rencontré par Koening and co. dans un épisode de Cosmos 1999  (Le dragon, épisode 8 de la première saison). Une sorte de cyclope à la grande gueule style four à pizza qui a la chance que les victimes se jettent eux-mêmes dans ses tentacules de latex. Il va en prendre plein la face. Et le conflit va changer de visage. Car, les ricains, il ne faut pas les faire chier.

15

J’étais pourtant prévenu. Avec Alien Armageddon, Neil Johnson avait déjà fait fort dans le genre étron filmique. Pourtant, presque de manière inconsciente, j’ai glissé sans hésitation le DVD de Battle Invasion dans le lecteur de salon. En prime time, devant toute la famille. J’ai échappé de justesse au lynchage. Ce nouveau méfait de Neil Johnson est une bouse ennuyeuse, bavarde et techniquement médiocre. Seul le dernier quart d’heure, qui entraine le métrage dans le domaine du nanar, mérite le coup d’œil mais il est logique de penser qu’à ce moment les spectateurs normaux auront jeté l’éponge… ou se seront assoupis devant un spectacle excessivement chiant.

Critique de publiée le 7 juin 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Un dernier quart d’heure rigolo

Que faut-il oublier ?

  • Mauvais et chiant

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