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Critique du Film : I declare war
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Critique du Film : I declare war

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 25 avril 2013 à 1042

Fais moi voir ta gueule de guerrier...

Si les films de guerre ne sont plus légion dans les salles obscures, et si, à quelques exceptions près, les jeux d'enfants aboutissent désormais à des longs-métrages aussi niais que quasiment dénués d'intérêt, c'est pourtant la combinaison des ces deux genres qui nous offre la meilleure surprise de ce début d'année 2013. I declare war s'appuie en effet sur un postulat aussi simple qu'efficace : filmer un jeu d'enfant comme un film de guerre, et ce en prenant le parti d'écarter toute réalité et de retranscrire en image ce qui ressort de la pure imagination. Ainsi, passées les premières minutes montrant un groupe de gosses jouant à se battre avec des bouts de bois et des ballons de peintures, la magie du cinéma va transformer ces jouets de fortune en vraies armes et en vraies grenades (détonations et explosions à l'appui), montrant ce que peut être un jeu de guerre dans un imaginaire partagé collectivement.

Dans l'époque où nous vivons, il est certain que ce long-métrage pourra faire grincer les dents des esprits bien-pensants, qui condamneront assez facilement le propos guerrier de I declare war. Ceci dit, sans aucune mauvaise volonté et en prenant le film pour ce qu'il est vraiment - un exercice de style, ni plus, ni moins - il ne pourra que rappeler aux anciens enfants que nous sommes les sensations liés à ces jeux auxquels nous avons tous joué. La guerre dans un contexte enfantin n'est ainsi ni meurtrière (ceux qui sont tués rentrent chez eux), ni propice à une quelconque parabole sur la violence dans nos sociétés. C'est d'ailleurs là que se situe toute la force du film, à savoir filmer un scénario proche de celui de La guerre des boutons comme un Platoon énergique et déchainé. Et au final, force est de constater que tout cela fonctionne plutôt bien.

La force du film est en effet de ne jamais s'éloigner de son postulat de départ pour partir vers le drame : le jeu d'enfant le reste donc jusqu'au bout, sans que cela ne dégénère à aucun moment. Cependant, en adoptant le point de vue de l'imaginaire, le scénario sait habilement brouiller les pistes et faire douter le spectateur sur ce qui est de l'ordre du fantasme et sur ce qui ressort vraiment de la réalité. Ainsi, lorsqu'un des participants se fait capturer puis torturer, la mise en scène ne s'éloigne jamais du premier degré, laissant le spectateur deviner ce qui ressort du "vrai" de ce qui est du domaine de l'imagination (le couteau utilisé pour obtenir les renseignements est-il un vrai, ou est-ce un jouet ?). Ce faisant, I declare war construit ses propres enjeux dramatiques, tous fictionnels, certes, mais qui permettent de le doter d'un véritable suspens, à la manière d'un film d'action.

Les divers personnages sur lesquels s'appuie l'action du film s'avèrent, de plus, globalement bien pensés. Très archétypaux, ils permettent de renforcer le principe du parallèle avec le film le guerre classique, et ainsi de détourner les traits de caractère propre à l'enfance pour amener les principales péripéties. Le tout est écrit avec un certain humour (la fille du groupe, qui utilise son statut de "fille" pour mettre hors-jeu ses adversaires ou sauver sa peau), et détourne de manière assez astucieuse les codes en vigueur (le meilleur ami qui demande un "sacrifice" impossible, même si en réalité sans conséquences). Ils sont surtout interprétés par un groupe de jeunes comédiens absolument bluffants qui, grâce à la maturité de leurs interprétations respectives, parviennent à faire oublier leur âge (les deux généraux sont vraiment charismatiques, et l'on comprend que leurs "troupes" suivent leurs ordres).

Néanmoins, malgré ses nombreuses qualités, le script de I declare war finit par se prendre les pieds dans sa bonne idée de départ. En effet, le film souffre d'une erreur scénaristique majeure : les deux groupes rivaux sont caractérisés de manière trop extrême - les gentils d'un côté, les méchants de l'autre - et l'issue finale du jeu se devine trop facilement et trop rapidement. Passé la première moitié, on sait ainsi sans aucun doute possible qui va gagner le jeu. En conséquence, le long-métrage commence à tourner en rond et, en dépit d'un rythme correctement entretenu par la réalisation, s'avère petit à petit moins prenant. L'absence de renouvellement des enjeux dramatiques - inhérent à la simplicité voulue du propos - se retourne alors contre le film, dont l'action devient de plus en plus répétitive, donc de moins en moins efficace d'un point de vue strictement formel.

Heureusement, la mise en scène permet de quelque peu contourner cette faiblesse. En dépit d'un budget que l'on devine assez serré - la qualité de l'image destine vraiment le film à l'exploitation vidéo - la réalisation de Jason Lapeyre et Robert Wilson fait preuve d'une véritable efficacté formelle. Les codes du film de guerre sont ici correctement repris, et les diverses escarmouches s'avèrent bien mises en scènes. Cela, au final, fait de I declare war un petit film d'action bien fichu (bien mieux, d'ailleurs, que certains gros blockbusters récents). En cohérence avec le parti-pris ludique de leur film, Lapeyre et Wilson ne sombrent enfin jamais dans le travers de la violence gratuite ou du glauque facile ; ainsi, dès lors qu'un des enfants est "tué", c'est la réalité qui revient à l'image (on les voit couverts de peinture, et non déchiquetés par des explosions), rendant le tout d'autant plus ludique, donc terriblement sympathique.

La conclusion de

I Declare War, c'est la Guerre des Boutons mis en scène comme Platoon, à savoir un jeu d'enfant filmé avec tous les codes du film de guerre. Sur ce principe somme toute très simple, Jason Lapeyre et Robert Wilson tiennent leur propos jusqu'au bout pour aboutir à un spectacle plaisant et efficace. Si le manque de profondeur lui confère au final un côté quelque peu répétitif, on reste cependant accroché à ce long-métrage dont la force ludique s'avère parfaitement entretenue par une mise en scène appliquée, ainsi que par un groupe de jeunes comédiens très convaincants. Une excellente surprise à découvrir !

Que faut-il en retenir ?

  • Un principe de base tenu jusqu'au bout,
  • Parti-pris ludique efficace.
  • De jeunes comédiens excellents,
  • Une mise en scène appliquée,
  • Un traitement qui ne s'éloigne jamais du 1er degré.

Que faut-il oublier ?

  • Un final trop prévisible,
  • Un côté quelque peu répétitif,
  • Finalement juste un exercice de style.

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