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Critique du Film d'animation : Memories

Avis critique rédigé par Bastien L. le vendredi 29 juin 2012 à 22:57

L'anthologie réussie de Katsuhiro Otomo

Ayant connu un succès mondial avec une œuvre jugée culte par beaucoup, Katsuhiro Otomo rentra un peu dans le rang après Akira. Il fallu attendre la sortie en France de Steamboy, en 2004, pour découvrir cet intrigant mais sympathique Memories, sorti directement en DVD.

Otomo avait un projet en tête depuis longtemps : une envie de produire une anthologie de courts métrages de science-fiction pour le cinéma. Si le projet est donc assez personnel pour son initiateur, Memories est également une œuvre collective puisque sur les trois courts métrages, Otomo ne réalise que le dernier. Il travaille ici en collaboration avec d'autres noms de l'animation japonaise, Studio 4°C et Madhouse pour ne citer qu'eux. Le point fort du métrage est donc de proposer trois histoires interdépendantes très différentes dans leurs thèmes et leurs animations. Alors forcément, elles ne sont pas toutes du même niveau, c'est pourquoi il est plus utile de critiquer chaque histoire séparément.


La première, Magnetic Rose, est écrit par Satoshi Kon et réalisé par Koji Morimoto, avec l'appuie de son Studio 4°C. Ce court-métrage se révèle la plus intéressante et la plus aboutie des trois. Elle met en scène un groupe d'éboueurs de l'espace dans un futur très avancé, dont le boulot est de nettoyer l'espace de ses épaves ; après une mission de ce type, l'équipe reçoit un message de détresse situé au cœur de ce qui semble être un cimetière de vaisseaux. Les deux membres chargés d'explorer ce vaisseau vont se retrouver dans un intérieur grandiloquent rappelant une sorte d'opéra majestueux du XVIIème siècle. Ce court est pour le coup un véritable space-opera qui joue sur une ambiance pesante, le tout avec grande efficacité puisqu'on est vite transporté dans cette atmosphère inquiétante grâce à une direction artistique sublime et une animation sans reproche. Le contraste entre les équipements futuristes de l'équipage et le décor classique du vaisseau est assez saisissant, conférant une beauté froide à ce segment qui accroche bien la rétine.


Le second petit film est sans conteste le moins intéressant des trois. Intitulé Stink Bomb, il met en scène un chercheur d'une industrie pharmaceutique atteint d'une très grosse fièvre. Ses collègues lui conseillent le médicament révolutionnaire mis au point par leur société. Mais notre employé va se tromper de flacon : il va ingurgiter une étrange pilule qui produit une odeur tuant tout être vivant organique alentour, sans comprendre qu'il est lui-même à l'origine de ces hécatombes. Comme l'indique ce synopsis, le personnage principal est profondément débile, ce qui est volontaire dans la mesure où ce segment joue le jeu de la comédie assez noire. Le problème est que le métrage n'est pas franchement marrant, et ce personnage principal profondément idiot risque d'en lasser plus d'un. Au niveau de l'animation, elle est plus proche du cartoon que le précédent segment, avec des approches clairement caricaturales. L'histoire est l'œuvre d'Otomo et la réalisation est signée Tensai Okamura (un vieux routard de l'animation, connu pour ses story-boards de Cowboy Bebop).


Le dernier film des trois, Cannon Fodder, est l'œuvre entière d'Otomo et reste le plus expérimental. Il raconte la journée d'une famille vivant dans une ville en état de guerre. Cette ville est construite sur le thème du canon, chaque toit en supportant un, les hommes n'étant là que pour faire fonctionner, les femmes que pour fabriquer les obus et les enfants n'ayant des cours que sur l'art de faire fonctionner un canon. L'œuvre est aussi étrange que grinçante, la société imaginée étant basée sur l'absurdité jusqu'auboutiste de la guerre. Cette critique de la société militarisée est cependant loin d'être naïve, puisque Otomo ne tombe jamais dans le jugement et laisse le spectateur seul juge de ce qu'il voit. Beaucoup pourront cependant rester réticent à cette expérience puisque le film ne s'embarrasse pas de la structure narrative classique des deux autres et s'avère surtout être une succession de situations. En fait, la prouesse de ce dessin-animé est surtout basée sur le fait qu'il est réalisé en un seul plan séquence de plus de vingt minutes, partis pris artistique très intéressant avec un rendu proche du crayonné et des personnages s'éloignant des canons du manga pour une approche plus occidentale. Et il faut avouer que cette expérience aussi visuelle que narrative est un petit bijou d'animation qui relève un peu le niveau de Memories.

 

72

Si cette anthologie proposée par Katsuhiro Otomo n''atteint pas néanmoins le panthéon des films d'animation, elle n'en demeure pas une expérience concluante. Si les deux premières histoires restent sympathiques, elles sont cependant trop basiques pour émerveiller plus que ça, et ce d'autant plus que le segment du milieu est le véritable point faible de l'ambiance. La véritable pépite reste le segment entièrement dirigé par Otomo qui démontre encore une fois le savoir-faire de ce grand monsieur de l'animation japonaise.

Critique de publiée le 29 juin 2012.

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