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Critique du Film : Hugo Cabret
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Critique du Film : Hugo Cabret

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 4 janvier 2012 à 0036

Méliès : 1 - Cabret : 0

Martin Scorsese mettant en scène un film de noël à destination de la famille, voilà une idée aussi surprenante qu'incongrue ! En effet, même si le réalisateur avait mis sa verve de côté pour verser dans le divertissement sans prétention (obtenant ses plus gros succès publics pour des films pourtant mineurs au regard du reste de sa filmographie), il ne s'était pourtant jamais vraiment éloigné de ses thématiques phares et de ses personnages bigger than life. Avec Shutter Island, le cinéaste new-yorkais avait déjà quelque peu surpris en traitant sur un ton fantastique un histoire finalement très proche du polar ; avec Hugo Cabret, Scorsese poursuit son virage pour verser dans le cinéma grand public. Mais lorsque le réalisateur de Taxi Driver, des Affranchis, de Casino ou de A tombeau ouvert s'empare d'un sujet aussi "consensuel", on est forcément très curieux de voir ce que peut donner le résultat final.

Le bonne nouvelle, c'est que Martin Scorsese est enfin de retour ! Après avoir officé comme une sorte de yes-man sur des projets de commande (Aviator et Les infiltrés, notamment, qui s'apparentaient presque à des téléfilms de luxe), on commençait à se dire que ce génial réalisateur était devenu un faiseur parmis tant d'autres, certes formellement très doué, mais ayant perdu cette fougue qui donnait à ses longs-métrages une personnalité tellement particulière. Honnêtement, ce n'était pas sur un tel projet que l'on s'attendait à le voir revenir dans la cour des grands. En effet, les premières images et les divers trailers tendaient à annoncer un spectacle convenu tendant maladroitement de reproduire une ambiance à la Jean-Pierre Jeunet. Au final, Hugo Cabret est certes un peu cela, mais parvient malgré tout à dépasser ce postulat de départ un rien foireux pour réussir à développer une histoire secondaire en tout point passionnante.

Commençons donc par la partie du film la moins réussie. Cela peut paraître paradoxal vis à vis du titre, mais il s'avère que c'est l'histoire d'Hugo Cabret qui s'avère la moins passionnante. Dans un Paris intemporel, on va ainsi suivre les mésaventures d'un jeune orphelin vivant dans une gare, véritable microcosme réunissant toutes les fonctions sociétales au travers de divers personnages nécessairement caricaturaux (un vieux libraire faisant office d'érudit, un inspecteur de gare représentant la loi, etc.). De par l'ambiance qui se dégage de tout cela, on pense beaucoup au travail de Jean-Pierre Jeunet, mais la comparaison s'arrête malheureusement ici, car Martin Scorsese ne réussit qu'à plagier plus ou moins efficacement le travail de son confrère en reproduisant son ambiance visuelle, mais sans parvenir à lui conférer une quelconque personnalité ou à faire vivre ses protagonistes au delà de leurs stéréotypes respectifs.

La quête d'Hugo Cabret s'inscrit de plus dans une histoire quelque peu prévisible, alignant de grossières facilités scénaristiques que tout spectateur un minimum averti aura vu venir à des kilomètres. Scorsese n'évite ainsi aucun des pièges que lui réserve son script, et tombe bien souvent dans le piège de l'illustratif qui confère à son film un aspect carte postale très artificiel, et qui sombre parfois dans un formalisme ne parvenant pas à se justifier scénaristiquement (notamment la scène de déraillement du train, qui, au delà de la mise en abîme qu'elle propose, n'apporte rien à l'histoire). Sur près de deux heures vingt, le film s'essoufle donc sérieusement, et ce notamment dans un dernier acte très convenu qui casse maladroitement toute l'émotion que Martin Scorsese s'était jusqu'ici évertué à mettre en place, et qui avait réussi à trouver une véritable alchimie dans ce qui constitue la véritable histoire du film : celle de Georges Méliès.

En effet, si l'histoire d'Hugo Cabret n'a visiblement pas inspiré plus que cela le travail Scorsese, il en va bien différemment de celle du personnage de Georges Méliès, qui donne au réalisateur l'occasion de revenir sur le devant de la scène via une réalisation brillante. Pour la première fois, le procédé 3D est utilisé dans un but artistique (le film n'a d'ailleurs qu'un intérêt bien moindre en 2D), et offre au long-métrage une mise en perspective passionnante, notamment dans sa manière de faire cohabiter vieux films en 2D et nouvelles technologies, de reproduire les premiers effets spéciaux à l'aune d'une technologie jusqu'ici franchement inutile, ou de réinventer l'histoire du cinéma grâce à la magie du numérique (L'arrivée du train en gare de La Ciotat est l'un des plus beaux moments du film). Certes, le tout s'apparente bien souvent à un simple exercice de style, mais cela n'empêche pas Hugo Cabret de s'avérer passionnant dans ces moments épars.

En fait, ce qui parvient à élever Hugo Cabret au delà de sa simple dimension formaliste, et ainsi lui éviter d'être un simple tableau sans âme, c'est la sincérité que Martin Scorsese met en avant lorsqu'il traite de l'histoire de Georges Méliès. Interprété avec brio par le génial Ben Kingsley, le personnage donne au film à la fois toute sa vie, tout son potentiel dramatique et toute son émotion. Dans ces passages, le long-métrage prend une véritable envergure, utilisant les blessures et l'incroyable histoire du personnage pour mettre en place ses plus belles scènes. Le tout parlera bien plus aux cinéphiles (qui apprécieront cette manière de réinventer le cinéma d'illusioniste de Méliès) qu'au jeune public (qui sera sans nul doute noyé dans tous ces aspects trop référentiels), mais cela permet à un film de noël assez médiocre de se transformer, par moment, en un spectacle magique qui parvient à nous rappeller pourquoi nous aimons tant le cinéma.

La conclusion de

Il y a deux films dans Hugo Cabret. Le premier, assez moyen, suit les mésaventures d'un jeune orphelin dans un Paris intemporel et ressemble à du sous-Jeunet sous tranxène, alignant sans honte les facilités scénaristiques au gré d'une histoire trop prévisible pour tenir sur plus de deux heures. Le second, nettement plus passionnant, s'intéresse quant à lui au personnage de Georges Meliès, et se pose comme un spectacle riche, émouvant, et artistiquement très abouti (et ce jusque dans la 3D). Au final, Hugo Cabret a donc le cul entre deux chaises, et, faute de trouver une cohérence globale, s'apparente fréquemment à un simple exercice de style, certes très réussi, mais trop souvent dénué d'âme.

Que faut-il en retenir ?

  • Un exercice de style réussi,
  • Une 3D artistiquement intéressante,
  • Toute la partie sur George Meliès,
  • Ben Kingley, émouvant,
  • Un vrai film pour les cinéphiles,
  • Techniquement sans faille.

Que faut-il oublier ?

  • Peine à sortir du simple exercice de style,
  • De grosses facilités scénaristiques,
  • Ambiance sans grande originalité,
  • Histoire convenue et prévislble,
  • Trop référentiel pour les plus jeunes.

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