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Critique du Film : Fanboys
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Critique du Film : Fanboys

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 22 décembre 2011 à 1343

Fan de Star Wars, tu vas te faire entuber...

Habituellement, lorsqu'un un long-métrage sort directement sur le marché de la vidéo, cela témoigne d'un certain ratage qui a empêché le film de passer par la prestigieuse étape "salles obscures". Cependant, au vue de la qualité des DTV français de l'année 2011, presque qualitativement supérieures aux sorties cinéma (les très bons Super, Triangle ou Black Death sont arrivés par ce chemin), on a commencé à regarder avec un peu moins d'idées préconçues ce type de sortie, potentiellement synonyme de longs-métrages assez difficiles à vendre au public (à l'instar des trois films mentionnés ci-dessus). Ainsi, Fanboys, avec son affiche sympathique et son casting plein de guest star, semblait pouvoir annoncer une bonne petite comédie référencielle apte à divertir les geeks que nous sommes, sa sortie en DTV pouvant aisément se justifier par un potentiel commercial assez réduit (un film de fans de Star Wars fait par des fans de Star Wars pour les fans de Star Wars).

Mais au final, force est de se rendre compte que Fanboys n'est pas uniquement sorti en DTV parce qu'il était difficile à vendre, où même parce qu'il ne s'adressait finalement qu'à une petite partie du public. La réponse est bien plus simple que cela : Fanboys n'a pas eu l'honneur d'une sortie cinéma tout simplement parce qu'il a à peine l'envergure d'une production télévisée sans grande ambition. On se trouve en effet ici devant le prototype même de la comédie référentielle paresseuse, dont l'unique argument est de s'appuyer sur des codes ne la destinant qu'à un fragment du public (un gros fragment ceci dit, les "fanboys" de la saga Star Wars étant tout de même très nombreux) ; espérant probablement que l'auditoire, flaté dans son égo de pouvoir voir une comédie lui étant spécifiquement destinée, soit moins regardant quant à la qualité général, Kyle Newman ne s'est malheureusement pas ennuyé un seule seconde à construire un long-métrage un minimum consistant.

En effet, au délà de son pitch de départ, Fanboys ne s'apparente qu'à une succession d'épisodes laborieusement connectés les uns avec les autres. L'objectif, simple, est de caser un maximum de gags et de références autour de Star Wars sans se préoccuper de la cohérence de l'ensemble. Bien souvent, Fanboys ressemble donc à ces comédies françaises boiteuses qui débarquent régulièrement, partageant avec un point commun excécrable : comme il s'agit de comédies, pas besoin de raconter une histoire : il faut juste faire s'enchainer les gags, et ce peu importe si cela doit se faire au détriment d'autres éléments (et notamment la narration et la mise en scène). Quelque part, Fanboys n'est donc pas si différent de Rien à déclarer, le premier s'adressant aux geeks, le second aux beaufs. Si vous n'êtes pas dans la catégorie visée, aucune chance que vous puissiez rire de quoi que ce soit ; dans la cas inverse, tout dépend où se trouve votre curseur de tolérance.

Parce que Fanboys ne raconte ainsi rien du tout, et prend la forme d'un road movie particulièrement moisi ; on va y suivre le parcours de quatre amis destinés à s'introduire chez George Lucas afin de voir La Menace Fantôme avant sa sortie (sous couvert d'un argument légitimant le tout : l'un d'eux est mourant). Le road movie - avec le biopic - doit être le genre cinématographique ayant engendré le plus de ratages ; de génial lorsqu'il est maîtrisé (ce qui arrive rarement), il devient très vite un banal argument pour faire s'enchainer avec un minimum de fluidité des saynètes déconnectées les unes des autres (ce qui arrive souvent). Fanboys se situe clairement dans la seconde catégorie, les diverses étapes des quatre personnages les amenant à de nouvelles péripéties souvent pas drôle (le passage dans la boite de motards gay, pitié !) ou s'appuyant sur des postulats sans intérêt (la haine viscérale entre les fans de Star Wars et les fans de Star Trek, vous ne connaissiez pas ? Non non plus...).

Et, cerise sur le gateau, la mise en scène de Kyle Newman a à peine plus d'envergure que celle d'une série télévisée. C'est bien simple, Fanboys souffre d'une "non mise en scène" ne parvenant ni à donner une cohérence à l'ensemble, ni à générer le moindre rythme, ni à bien mettre en valeur les quelques gags efficaces - oui, il y en a tout de même - ni à s'appuyer sur l'argument dramatique à la base du film (il y a tout de même l'un des quatre héros qui est en train de mourir). De même, dans sa direction d'acteur, Newman ne tire rien de ses comédiens principaux, fades, transparents et finalement pas très drôles ; la palme du "non jeu d'acteur" revient à Chris Marquette, qui nous interprète pendant quatre-vingt dix minutes un mourant en pleine forme et en pleine possession de ses moyens. Heureusement, le retour de Kristen Bell, en milieu de long-métrage, apporte un minimum de fraicheur à un film qui devenait franchement morose.

Enfin, reste à dire un petit mot des apparitions de la dizaine de guest-stars qui émaillent Fanboys. Argument geek par excellence, ces caméos s'avèrent être particulièrement plaisant - et parfois vraiment amusant - quand ils sont pensés et bien intégrés à l'esprit du film (Last Action Hero par exemple). Dans le cas de Fanboys, on a l'impression que Newman a téléphoné à toutes ses connaissances afin qu'elles apparaissent plus ou moins rapidement, mais sans que cela ait un quelconque rapport avec l'intrigue ou le film. Ainsi, s'il est amusant de voir Billy Dee Williams, Carrie Fisher ou William Shatner dans un tel film, on se demande cependant ce que viennent faire des acteurs comme Seth Rogen, Ethan Suplee, Christopher McDonald ou Danny Trejo dans une telle production, qui plus est dans des apparitions souvent inutiles, digressives et pas franchement drôle. Finalement, de Fanboys, on ne retiendra que la dernière réplique, bien trouvée, qui permet de finir sur une bonne note. C'est peu...

La conclusion de

Fanboys est le prototype même de la comédie référentielle paresseuse et sans grand intérêt, qui ne s'ennuie même pas à proposer de véritable histoire (au mieux une suite de saynètes très inégales) ou de mise en scène un tant soit peu travaillée (on se croirait dans une production télévisée). L'argument référentiel ne contrebalance donc nullement la médiocrité de ce long-métrage sans envergure, dont le potentiel humoristique n'est finalement pas si éloigné des comédies françaises un peu beauf qui fleurissent ces dernières années ; la seule différence, c'est que l'on possède les codes pour pouvoir rire de celle-ci...

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques gags qui fonctionnent bien,
  • Kristen Bell, rafraichissante,
  • La dernière réplique.

Que faut-il oublier ?

  • Vraiment pas très drôle,
  • Histoire alibi,
  • Scénario médiocre,
  • Réalisation de série télé,
  • Pas vraiment bien joué,
  • Des caméo de stars d'intérêts inégaux.

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