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Xtro 2 >

Critique du Film : Xtro 2

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 7 novembre 2011 à 19:46

Alien Inside

En 1983, X-tro, un petit film de SF indépendant, remportait le grand prix (la Licorne d’or) du Festival du film fantastique de Paris. « Boosté » par cette reconnaissance autant que par son thème et son style de traitement (qui prenait complètement à contre-pied la tendance de l’époque), le métrage de Harry Bromley Davenport, malgré ses nombreux défauts, connut un bon petit succès auprès des amateurs de curiosité et une belle carrière en video-clubs. Depuis, l’oeuvre a même rejoint le statut envié de film culte auprès des Phantasm et autres Evil Dead. De son réalisateur, par contre, plus de nouvelle pendant huit ans. C’est donc avec une certaine surprise que l’on appris en 1990 la mise en production d’une séquelle tardive de X-Tro, mise en boîte par le géniteur du premier volet en personne. Une suite intitulée tout simplement Xtro II : The Second Encounter.

La force du film originel repose principalement sur un choix de traitement mêlant horreur graphique, fantasmes et délires psychédéliques (appuyé par une musique électronique ultra efficace). Ce mariage fait de cette « anti-Rencontre du Troisième Type » une oeuvre aussi originale qui dérangeante. L’effet de surprise passé, il était donc difficile pour Harry Bromley Davenport de nous resservir le même type de spectacle, d’autant plus qu’il tenait sûrement à faire de X-Tro une oeuvre unique en son genre. Cependant, s’il était hors de question de récupérer le récit de X-Tro, il pouvait quand même user de la même méthode, consistant à recycler et détourner un classique du cinéma de science-fiction. Avec Xtro II,  il a orienté son choix sur Alien, le chef d’oeuvre de Ridley Scott.

On se souvient d’ailleurs que le premier volet contenait également son lot de références à ce bijou d’horreur fiction. La nature même de l’alien, qui pond ses oeufs et se développe à l’intérieur de son hôte humain, évoque le célèbre prédateur extraterrestre. Ici, Harry Bromley Davenport pousse l’évocation encore plus loin, puisqu’on le se retrouve avec un huis clos au cours duquel une poignée de scientifiques lutte contre un intrus qui ne cherche qu’à les exterminer... où les assimiler. Evidemment, le réalisateur, autant par obligation budgétaire que par souhait de variation, effectue quelques changements. Ainsi, le récit ne se déroule plus dans l’espace mais dans un laboratoire effectuant des recherches sur les phénomènes spatio-temporels. Ayant réussi à ouvrir une porte sur une autre dimension, les scientifiques y envoient une équipe d’exploration. Les choses ne se passent pas comme prévues quand les liaisons radio et vidéo sont perdues. Quelques temps plus tard, alors qu’un groupe de spécialistes se penche sur la question, la porte se rouvre, laissant apparaître une survivante en piteux état.

Bon, pas besoin d’être grand clerc pour deviner que cette malheureuse est l’hôte d’un embryon alien. Après un violent accouchement, celui-ci va donc se réfugier dans les conduits pour s’assurer une croissance rapide tout en attaquant les scientifiques qui ont l’imprudence de se hasarder seuls dans les couloirs de ce laboratoire déserté (la plus grand partie des employés ont été évacués). En fait, X-tro 2 reprend assez fidèlement le scénario d’Alien et c’est ce qui fait sa principale faiblesse. Contrairement au premier volet qui récupérait une idée pour s’amuser à la détourner (voire la pervertir), ce film n’apparaît au final que comme une médiocre resucée du film de Ridley Scott. Harry Bromley Davenport nous offre là une oeuvre sans originalité qui ne vaut guère mieux que toutes les autres séries B exploitant le genre sans tenter de le renouveler. Et ce n’est pas les quelques variations scénaristiques, comme la capacité de l’alien à «contaminer» ses victimes pour les entraîner dans un processus de mutation (déjà vu dans M.A.L - Mutant aquatique en liberté, d’ailleurs), qui change grand-chose à l’affaire.

Pour ce qui est de l’aspect technique, Harry Bromley Davenport fait avec les moyens du bord, pour un résultat qui est finalement très loin d’être honteux. C’est de l’ouvrage de série B, qui s’appuie sur une photographie froide et crépusculaire et une mise en scène très académique. Cependant, ce classicisme et cette application, s’ils démontrent la bonne volonté (et le talent) du cinéaste et accouchent d’une narration très fluide, présentent un désavantage ; celui d’amener une œuvre qui ne présente absolument rien de remarquable, ni d’original. On est donc déçu de ne pas retrouver dans cet Xtro II la folie qui habitait toute la durée du premier volet. Seuls quelques plans nous permettent de retrouver  ponctuellement l’esprit du film originel, comme quand les scientifiques découvrent, via une image défaillante, presque cryptée, quelques paysages de l’univers parallèle.

Pour ce qui est des effets spéciaux, Tibor Farkas nous propose quelques plans gore assez sympathiques et un monstre pas trop mal foutu mais vraiment peu original. Il est d’ailleurs dommage qu’il n’est pas été décidé de retravailler le concept de l’alien du film de 1983 plutôt que nous offrir une énième version (cheap, qui plus est) de la créature du film de Ridley Scott. Pas très logique, d’autant plus que la créature de X-tro était vraiment bien pensée, même si sa réalisation fleurait l’amateurisme. Bref, là encore, il y a matière a déception.

Enfin, pour finir, un petit mot sur le casting. Si le premier volet nous faisait découvrir (assez en détail, d’ailleurs) une jeune Maryam d'Abo, ici, c’est un Nicholas Lea débutant qui tient la dragée haute à la créature venue d’ailleurs. La future star de X-Files s’en sort d’ailleurs à son avantage et dévoile ses bonnes dispositions. A ses cotés, on peut voir Jan-Michael Vincent, valeur sure de la série B, connu pour son rôle de Hawke dans le show TV Supercopter. Il y interprète un peu mollement le responsable de l’équipe de scientifiques. Quand au rôle principal féminin, celui d’une femme forte, il a été confié à l’américaine Tara Buckman, dont le physique évoquant Linda Hamilton (modèle années 80) ne doit pas être complètement étranger à sa sélection. Elle ne souffre d’ailleurs pas trop de la comparaison.

 

40

Xtro II n’a strictement rien à voir avec le film culte des années 80. Cela aurait pu être une bonne idée, malheureusement, Harry Bromley Davenport, en voulant mettre en forme un film mieux structuré, plus digeste, tombe dans le piège du mainstream et de l’assagissement. Au final Xtro II, sans être, techniquement parlant, une catastrophe, est un métrage sans fougue, rarement intéressant, et tristement anodin. Une série B comme tant d’autres…

Critique de publiée le 7 novembre 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Un casting solide
  • Une bonne photographie

Que faut-il oublier ?

  • Où est l’esprit Xtro la-dedans ?
  • Un scénario banal
  • Un manque d’originalité général

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