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Critique du Film : Super Inframan
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Critique du Film : Super Inframan

Avis critique rédigé par Bastien L. le samedi 10 septembre 2011 à 1553

Shaw Brothers Man !

Au milieu des années 1970, alors que le cinéma d'exploitation proposé par la Shaw Brothers battait son plein, au Japon, tout comme dans le reste de l'Asie, d'ailleurs, les Super-Sentaï devenaient de plus en plus populaires. Il n'en fallait pas plus pour que le studio Hongkongais propose sa propre version de film de super-héros, aussi ridicule que réjouissante.

Super Inframan se situe donc au début de l'histoire des Super-Sentaï, qui connurent une exposition mondiale dans les années 1980 à travers X-Or, Bioman et leurs versions occidentales - les Power Rangers - une décennie plus tard. Ainsi le métrage de la Shaw Brothers montre bien comment ces médias reprennent l'univers des Super-Héros tout en y adjoignant un croisement entre le film de monstres et celui d'arts martiaux. Et comme l'on en est aux balbutiements de ces héros si particuliers, Super Inframan pose ses codes et affiche une volonté des plus sérieuses à proposer son propre film de ce type. Et c'est peut-être tout ce qui fait la force de ce nanar : Une véritable conviction de bien faire dans un genre qui n'est pas encore jugé kitsch au possible, comme ce sera le cas des années plus tard - et surtout aujourd'hui. On peut donc savourer cette œuvre en l'appréhendant au second degré, alors qu'elle n'est originellement pas pensée comme telle. Une sorte de sentiment fait d'amusement face à ce nanar et d'attendrissement devant une véritable volonté de bien faire.

Pour ce qui est de l'histoire, comme tout bon film de cinéma bis, elle est des plus basique. Une horde de monstres préhistoriques en carton-pâte est réveillée par la Reine des Glaces, qui décide tout bonnement de contrôler le monde de ses horribles humains qui ne semblent pas apprécier son magnifique costume piquant les yeux. Mais un génie de savant à plus d'un tour dans son sac pour sauver la planète : une sorte de super potion, qui est administrée par intraveineuse au courageux Lu Mei. Ce dernier acquiert alors des pouvoirs lui permettant d'enchaîner les sauts périlleux et bouter les monstres, mais aussi une combinaison d'un rouge de fort bon goût.  En conséquence, s'en suivent donc différents affrontements contre des laquais/monstres attaquant rarement à plus de deux, le tout s’achevant au cours d’un combat dantesque contre la Reine des Glaces qui finalement aura pas fait grand chose à la Terre… si ce n'est faire chier Inframan et ce sacré professeur.


L'histoire montre bien l'origine des films de montre dans les super-sentaï avec toutes les figures récurrentes obligatoires : Les montres, le jeune héros aussi lisse qu'intrépide, le bon vieux professeur nous glissant parfois quelques cours de biologie, histoire de montrer qu'il a mérité son diplôme... On retrouve aussi les gentils copains du héros comme la pauvre donzelle réussissant toujours à être au plus mauvais endroit au plus mauvais moment. Pour ce qui est de l'ambiance super-héros, on retrouve le schéma classique du héros triomphant après un début de combat difficile et des méchants beaucoup plus redoutables en palabres qu'en action... Un scénario aussi premier degré que prévisible qui n'est qu'un prétexte à une histoire dont on apprécie le rythme. Tout y est ! Les spécialistes de la Shaw Brothers nous offre des combats au corps à corps avec énormément de figurants proposant de belles mêlées. Et on y a souvent droit avec, en plus, quelques cascades véhiculées et les fameuses, et trop longues, transformations du héros en Super Inframan. Les scènes d'actions s'enchaînent assez bien, entrecoupées de parties plus calmes servant surtout de prétexte. L'amateur de nanar en a donc aujourd'hui pour son argent avec cette production offrant un mec au costume ridicule, se bâtant avec des costumes trop mous, au milieu de dizaines de cascadeurs - ceux du fond bougeant juste parce qu'il le faut.


Mais ce qui fait la force de l'appréciation de cette œuvre au second degré, c'est l'extrême sérieux dont elle fait preuve. On ne peut qu’éprouver une certaine compassion face à ce métrage qui semble avoir été fait avec naïveté par à un studio s'essayant à un nouveau genre, qui fut très vite peu pris au sérieux, en Occident du moins. C'est donc le décalage (le spectacle, parfois affligeant, affiché à l'écran contrastant avec la réalisation, et l’interprétation, toutes deux pensées au premier degré) qui offre un certain charme à l'œuvre. D'autant plus que techniquement le film est vraiment bon pour son époque. On est pas vraiment devant un film fauché avec cette belle image en CinemaScope (ShawScope pour les intimes) et toute l'esthétique seventies des films de la célèbre firme. On retrouve vraiment la pâte de son époque à cette production qui a de plus le mérite de proposer beaucoup de décors et de costumes assez différents, même si certaines limitations de l'époque font un peu vieillir l'ensemble. Tout d'abord l'aspect visuel du film n'exclut pas un certain kitsch, certes propre aux vieux super-sentaï. Les costumes multicolores et les nombreux habits de lumière en argent pailleté sont très présents, amenant des soupçons sur l'état d'aveuglement du costumier... Les effets spéciaux ont aussi vieilli. Si certains restent honnêtes, voire encore impressionnants, on a tout de même droit à quelques câbles et planches "transparentes" apparents… Ce que l'on salue avec enthousiasme, il faut avouer.


Quant à la mise en scène de Shan Hua, elle se distingue par sa sobriété et sa grande maîtrise avec une caméra surtout statique, quand bien même elle semble parfois abuser de zooms avant souvent hors propos. Le réalisateur a néanmoins le mérite de rendre lisibles les grosses mêlées de combattants. Ce faisant, l’on ne perd vraiment rien du spectacle. Tout est donc mis en avant de manière sobre mais dynamique. Une bonne impression confirmée par un montage faisant toujours dans le vrai, démontrant que la Shaw Brothers était composée de bon techniciens. Pour ce qui est des comédiens, le peu d'enjeu du scénario les empêche de montrer un quelconque talent. Ils sauvent néanmoins les meubles par des interprétations globalement justes pour les personnages principaux. Le héros Lu Mei est rendu attachant par Danny Lee, jeune visage prometteur d'Hong-Kong qui sera quelqu'un de plus en plus important localement à travers ses performances dramatiques (The Killer de John Woo) ou ses réalisations (Bunman).

 

La conclusion de

Nanar sympathique, Super Inframan est un condensé de tout ce qui fait le charme des super-sentaï. Que l'on soit fan du genre ou qu'on l’aborde au second degré, cette œuvre millésimée saura vous régaler. On l'apprécie d'autant plus qu'il en ressort des qualités techniques créant un véritable décalage entre les volontés initiales et les ressentis d'un visionnage effectué 35 ans après.

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