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Critique du Film : Hobo With a Shotgun
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Critique du Film : Hobo With a Shotgun

Avis critique rédigé par Richard B. le mardi 12 juillet 2011 à 1330

Rutger sort le fusil !

Nifff 2011 image

Vous connaissez quelques soucis d’ordres sociaux dans votre bled? Pas de problème, nous avons la solution ! Il suffit de faire appel à Hobo (le clochard). En effet, il semble que l'homme s’y connait pour faire le ménage dans les zones difficiles. La petite ville d'Hopetown, dirigée par un certain Drake, va d'ailleurs pouvoir juger les talents cachés de notre sans-abri. Fraîchement descendu de son train, il espérait trouver calme et épanouissement dans les ruelles du patelin. Il va très vite comprendre que la puanteur se situe non pas dans les déchets ménagers, mais dans sa population. Pourtant, on ne peut pas dire que notre ami clochard a de grandes exigences. Certains rêvent de gloire, de femme ou de fortune, mais Hobo serait le plus heureux des hommes s'il pouvait tout simplement acquérir une simple tondeuse à gazon. Mais voilà, face à tant de violence, Hobo va abandonner tous ses rêves pour s'engager dans une vendetta contre l'ensemble des voyous de la ville.

Hobo image 1

"Hobo with a Shotgun" est un projet né dans un cadre plutôt particulier. En effet, Jason Eisener avait remporté un concours de fausses bandes-annonces pour le faire apparaître dans le programme Grindhouse, de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Puis, suivant l’exemple de Machete, cette fausse bande annonce est devenue un long métrage. Bien entendu, dans le processus, David Brunt (choisi dans un premier temps) a dû abandonner son rôle à Rutger Hauer – il apparaît toutefois dans un petit rôle où il incarne un sale flic. Par contre, à la différence de Machete qui ne rentrait pas dans notre ligne éditoriale, Hobo with A Shotgun est sufisamment riche en dérapages ultra sanglants et idées farfelues (une pieuvre géante fait son apparition en second plan) pour figurer sur nos pages.

D'une certaine manière on peut dire que Jason Eisener a parfaitement réussi son pari quant à l'idée de retranscrire l’esprit grindhouse dans un film (on le préféra même à Boulevard de la mort ou encore Machete). Mais, en agissant ainsi, Eisener récupère aussi les défauts inhérents à ce type de produits : scénario prétexte, images pas toujours séduisantes et dialogues qui deviennent par moment lourds à force de ridicule. Sans oublier que le film possède quelques baisses de rythmes... Malgré tout, il faut reconnaître que ce "Hobo with a Shotgun" en a dans le caleçon. Dès les premières minutes, on a droit à un véritable bain de sang, avec une jolie demoiselle n'hésitant pas à s’y trémousser (Vous me direz, rien de tel qu'une bonne douche de sang pour profiter par la suite d'une peau encore plus douce). Car il faut le dire, âme sensible ou détracteur de la violence gratuite, passez votre chemin ! Les enfants brûlent, les têtes et autres parties du corps sont arrachées où explosées, les femmes se font torturer, bref il y a ni valeur morale ni compassion à Hopetown. Reste qu'il est assez remarquable de voir que dans ce « grand n'importe quoi » il se dégage tout de même une légère trame à visée sociale et on constate un contrôle quasi total dans ce qui nous est raconté, ce qui conduit à quelques séquences efficaces dans l’émotion - même si dans ce cas on penserait plus à accorder le mérite à ce cher Rutger Hauer. L'acteur montre qu'il n’a guère perdu de son charisme, même si aujourd'hui il est plus habitué aux nanars qu'aux grands films de ses débuts. Le reste du casting apparaît comme caricatural, mais cela correspond assez bien au type de film que l'on avait envie de visionner.

Hobo image 2

Un des aspects primordiaux qu'il faut évoquer en parlant de "Hobo with a Shotgun" se situe dans le traitement de l'image et la colorimétrie. Si les mouvements de caméra se montrent plus fluides et bien plus modernes que ce que l'on pouvait voir dans les films des années 70, Jason Eisener et son directeur de la photo (Karim Hussain) ont essayé de retranscrire au mieux le Technicolor de cette époque (le générique est même à ce niveau plutôt réjouissant). Les séquences extérieures sont ainsi magnifiques et confèrent une véritable ambiance de ces métrages d'époque. Les couleurs sont vives et se mélangent avec bonheur. Par contre, certaines des séquences d'intérieurs se veulent encore plus stylisés et excessives dans la colorimétrie, ce qui a pour conséquence de provoquer une désagréable impression « de trop ». Rien qui vienne à nuire le visionnage, mais il semblerait Karim Hussain ait parfois péché par excès face aux intentions de départ.

La conclusion de

"Hobo with a Shotgun" est un film qui ne fait guère dans le compromis et il paraît comme un certitude que les réfractaires du cinéma décomplexé et sanglant ne vont pas aimer. Pourtant, malgré cette surenchère graphique aux apparences peu subtiles, le film de Jason Eisener n'est pas à sous-estimer. Il profite aussi indéniablement du savoir-faire de Rutger Hauer, qui confère à son personnage une certaine classe et humanité, à l'exemple de son mémorable discourt à l'intérieur d'une nursery. Certes, Hobo with The Shotgun est très rustique, mais on passe un très bon moment surtout si on vient à le découvrir entre amis connaisseurs.

Que faut-il en retenir ?

  • Le fun de l'entreprise,
  • Rutger Hauer,
  • 100% saignant.

Que faut-il oublier ?

  • film peu subtile,
  • quelques baisses de rythmes.

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