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Critique du Film : Hell Driver
Hell Driver >

Critique du Film : Hell Driver

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 30 mars 2011 à 1825

C'est con, c'est débile... mais c'est pas mal !

On pourrait presque faire une étude sur la filmographie hallucinante de Nicolas Cage, et sur le fait qu'en dépit de sa forte propension à aligner les nanars, le public continue à lui rester fidèle et à aller voir ses films. Après un désespérant Dernier des Templiers, voici le second nanar de l'acteur pour cette année 2011. Et dès le départ, aucun doute n'est laissé quant aux éventuelles qualités de cette oeuvre : produit par Nu Image (voir les filmographies de Boaz Davidson et Avi Lerner pour plus de détails), mis en scène par un réalisateur de seconde zone (Patrick Lussier, qui n'est certes pas le pire des faiseurs, mais dont le travail ne casse pas des briques non plus) et mettant en scène un Cage aux allures badass et à la perruque peroxidée (avez-vous remarqué que la qualité des films est souvent relative au fait que l'acteur porte ou non une perruque ?), le tout étant emballé dans une 3D puant l'arnaque à plein nez.

Et au final, on ne se sera pas trompé. En effet, Hell Driver (titre français de Drive Angry, ou comment remplacer "bourrin" par "brutasse") est un pur nanar, de ces machins sans queue ni tête qui ne présentent même pas d'intérêt sur le papier. Et pourtant, reconnaissons qu'il ne s'agit pas là du plus mauvais film de Nicolas Cage. En effet, le tout est tellement ridicule, tellement grotesque et tellement débile qu'il se dégage du tout un certain capital sympathie. On ne passe pas un désagréable moment devant Hell Driver, du moins quand on adhère au délire général. En même temps, reconnaissons quand même que l'on ne s'est pas moqué de nous, le pitch du film ainsi que son trailer annonçant la couleur dès le départ, le film étant vendu comme un actionner décomplexé à base de courses-poursuites, de fusillades, de jolies filles et de méchants cruels et sanguinaires. Tout est certes ultra-basique, mais finalement, on était prévenu.

Hell Driver est donc le prototype même du nanar qui s'assume. Visiblement conscient de la débilité du script, Patrick Lussier, très joueur, s'amuse dans sa mise en scène à appuyer et à mettre en valeur les défauts du scénario, lequel, du coup, devient prétexte à enchainer des séquences aussi funs que totalement gratuites. Entre la scène d'ouverture (qui donne immédiatement le ton du film), l'excellente séquence du motel (avec une fusillade en plein coït) et un final à mourir de rire (digne des pires séries Z), Hell Driver se pose comme un film complètement régressif, un peu comme si on avait donné les commandes du jouet à deux ados attardés. Mais à l'instar de ce que peu faire, par exemple, Paul W. S. Anderson - lui aussi expert en films d'ados débiles - il y a une certaine modestie qui souffle sur le film ; ainsi, rien n'est fait pour que les acteurs puissent se la pêter, ou pour gratuitement mettre en valeur des personnages ridicules, bien au contraire.

C'est surement pour cela que Cage continue à conserver la sympathie du public. Nonobstant le fait qu'il puisse lui arriver de jouer dans de grands films, on sent que l'acteur ne choisit pas les rôles pour se mettre en valeur, au mieux pour s'amuser et réaliser des rêves de gosse (au pire parce qu'il a des goûts de chiottes, mais ceci est une autre histoire). Ici, dans son rôle badass, il en fait des tonnes, tellement, en fait, que sa prestation en devient réellement fun. A ses côtés, William Fichtner oublie toute notion de subtilité et s'amuse très visiblement à surjouer dans son rôle de serviteur classe venu des enfers, Billy Burke donne à son méchant des allures de tocard psychopathe, le vétéran Tom Atkins nous ressort sa panoplie caricaturale de vieux briscard à qui on ne la fait pas, et Amber Heard assure sa partie dans le rôle de la bimbo adepte de la castagne. Bref, le casting s'amuse visiblement, et leur bonne humeur communicative permet de passer passer un agréable moment devant le film.

Un petit mot, tout de même, sur la 3D, utilisée de manière assez ludique par Lussier. A l'instar de ce qu'il avait fait avec My Bloody Valentine 3D, à savoir utiliser le procédé pour envoyer plein de trucs dans la gueule des spectateurs, il réitère l'expérience en projettant sur le public balles, tripailles, morceaux de corps humain, et autres objets divers et variés. Cela n'apporte certes strictement rien à la qualité intrinsèque du film, mais cela permet malgré tout de lui conférer un petit côté "attraction" totalement assumé (une sorte de Futuroscope de la série Z quoi). Il semble que ce soit là une utilisation efficace d'une technologie par ailleurs complètement inutile (qui s'apparente généralement plus à de la 2.5D dans des longs-métrages prétendument plus sérieux), et ce à l'image du récent Piranha 3D, qui l'utilisait déjà de manière très potache. Hell Driver n'en devient pas meilleur, mais s'avère tout de même être un peu plus rigolo avec.

Ceci dit, reconnaissons quand même qu'au delà de cela, Hell Driver n'est pas terrible du tout, et que celles et ceux qui ne prennent pas la voiture en marche risquent de souffrir devant ce spectacle souvent lamentable. Derrière la caméra, Patrick Lussierpeine à mettre du rythme dans son film, et les séquences d'action sont pour la plupart mou du genou. Etonnant de la part de ce metteur en scène qui, loin d'être exceptionnel, parvient pourtant en général à tirer son épingle du jeu dans des productions de médiocre qualité. On pourra peut-être mettre cela sur le compte de la logistique nécessaire à réaliser le film en 3D, et dont la lourdeur a pu empêcher de correctement mettre en valeur les scènes d'actions. Conséquence, les fusillades et autres courses poursuites semblent être faites sous prosac, et le film accuse d'un certain nombre de grosse chute de rythme qui rendent le tout parfois indigeste (même quand on adhère au délire).

La conclusion de

Quintessence du nanar typiquement Nicolacagien, Hell Driver est un film aussi con dans le fond que vraiment amusant sur la forme. Derrière la caméra, Patrick Lussier met en scène son film de manière très ludique, utilisant la 3D pour envoyer plein de trucs au visage des spectateurs, et insistant tellement sur les aspects Z que l'on en arriverait presque à se croire dans un sous-Machete. Après, si les amateurs de nanars apprécieront la blague, les autres risquent tout de même de s'ennuyer ferme, tant le film, un peu mou du genou, peine à susciter le moindre intérêt.

Pour les amateurs : 5.5/10
Pour les autres : 2.5/10

Que faut-il en retenir ?

  • Tellement nul qu'il en devient drôle,
  • Des acteurs qui s'amusent,
  • Un peu de gore bienvenue,
  • Amber Heard, décidément douée pour donner corps à ses personnages...

Que faut-il oublier ?

  • Globalement complètement con,
  • Scénario débile,
  • Personnages sans intérêts,
  • Des courses-poursuites plutôt molles,
  • Un grand nombre de chutes de rythme.

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