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Critique de la Bande Dessinée : Creatura

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 16 mars 2011 à 18:25

Le Nostromo est tombé sur Alien. Eux, sur Druuna...

LES VEINARDS...

A cours d'un processus qui ne manque pas d'évoquer l'introduction d'Alien (le chef d'oeuvre de Ridley Scott), l'équipage d'un vaisseau intersidéral est alerté par un signal qui mène leur astronef près d'un corps céleste des plus étranges. Il s'agit en fait du monde de Druuna, qui erre désormais dans l'espace. Ayant établi un contact télépathique avec le commandant de bord, Lewis, l'intelligence désincarnée de cette titanesque épave biomécanique, le force a effectuer une exploration des lieux pour y retrouver (et sauver?) Druuna,  en emprutant un chemin qui se situe entre illusion et réalité, et où le temps est un concept changeant.

Dire que le scénario de Creatura est nébuleux est un doux euphémisme. Pour aprécier sa lecture, il faut même prendre comme acquis le fait que ce récit n'est finalement qu'une simple matérialisations des fantasmes érotiques d'un Paolo Eleuteri Serpieri, ce génial érotomane, qui, c'est sûr, n'a pas trouvé son inspiration dans la consommation de fraises Tagada.  Ainsi, sans avoir peur de trop se tromper, on peut considérer l'intrigue de Creatura comme un alibi habilement troussé (car il parvient presque à nous faire croire qu'il veut vraiment nous raconter quelque chose, avec notamment l'introduction de quelques éléments d'intrigue, comme Terry, une jeune femme subissant un mal étrange, et un petit passage planet opera mouvementé) pour que l'artiste puisse afficher sans retenue toutes ses obsessions (dont la principale est la recherche de la femme parfaite). Inutile donc d'essayer de trouver une grande profondeur philosophique à ce déballage onirique et fumeux composé en grande partie de ce très pratique artifice narratif que Serpieri désigne sous le terme "d'illusion". Bien au contraire, pour aprécier cette histoire qui remet en scène quelques importants personnages des deux premiers opus, il faut plus user de son ressenti immédiat que de son intelect et se laisser entrainer par le flux narratif de ce rêve érotique, qui se révèle à ce moment là aussi fluide que divertissant et agréable à l'oeil.

Fait remarquable, la lecture de l'album, au-delà de son aspect érotique qui est ici encore plus affirmé que lors des précédents, dégage une extraordinaire sensualité. En plus d'afficher une qualité de trait hors de commun, Serpieri excelle dans la gestion des courbes et chaque mouvement esquissé par Druuna (de plus en plus belle) est sidérant de grâce et de chaleur sensuelle... et de réalisme. Les nombreuses séquences érotiques, malgré un aspect charnel très affirmé - quasiment lubrique -  sont paradoxalement loin d'être vulgaires et bien mises en valeur par de magnifiques décors de science-fiction post-apocalyptique mêlant éléments organiques et constructions en ruine.  Bref, l'on affaire ici à de l'exceptionnelle bande dessinée pour adulte dans laquelle l'artiste a même osé se glisser puisqu'il y incarne le doc, l'un des membres d'équipage du vaisseau.  Seul bémol, l'insistance de Serpieri à reconduire une héroïne au profil de femme libérée, certes, mais tout de même un peu cruche, et à commenter tous les actes des protagonistes par des inutiles phylactères aux textes parfois trop naïfs.

85

Creatura est peut-être le dernier grand album consacré aux torrides aventures de la plantureuse Druuna. Tout simplement parce Serpieri arrive encore à nous faire croire ici à l'importance de l'intrigue et que le récit ne verse pas encore dans une simple (mais magnifiquement mis en forme, comme cela sera le cas ensuite) pornographie trop racoleuse. Druuna y est magnifique, tout comme les autres personnages et les décors fantasmagoriques, et chaque planche est un régal pour les yeux. Bref, Creatura est un must have pour tous les fans de SF adulte.

Critique de publiée le 16 mars 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Des dessins somptueux
  • Un récit extremement charnel
  • Druuna, de plus en plus belle
  • Un érotisme qui évite la vulgarité
  • Une histoire divertissante

Que faut-il oublier ?

  • Une héroïne parfois un peu cruche
  • Des phylactères inutiles

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