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Critique de la Bande Dessinée : Morbus Gravis
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Critique de la Bande Dessinée : Morbus Gravis

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 20 novembre 2010 à 0025

La belle et les bêtes

Résidente de la zone 8, Druuna peine à trouver le sérum indispensable à la survie de son compagnon Schastar. Après avoir rencontrer un étrange mutant hermaphrodite régnant sur une cour de femelles en chaleur, elle se rend au Centre pour s'y procurer quelques doses du remède, mais, pour cela, la voluptueuse jeune femme doit se résoudre à subir les assauts lubriques d'un docteur peu scrupuleux. Enfin, sur le chemin du retour, Druuna se voit agressée par un trio de voyous qui, après l'avoir violée, menace de la tuer...

Si vous pensiez que le hentaï possédait le monopole de la bande dessinée à base de tentacules libidineux, c'est que vous n'avez jamais lu le cycle de Druuna. Car s'il y a bien une chose qui ne manque pas dans l'œuvre de Paolo Eleuteri Serpieri, c'est de ces appendices baladeurs qui s'obstinent à vouloir s'immiscer dans les orifices moites de demoiselles légèrement vêtues ou, comme c'est le cas ici, complètement dénudées. En effet, avec Morbus Gravis, premier album de la série (datant de 1986), Serpieri nous offre une bande dessinée SF aux tendances horrifiques et érotiques. Il nous invite à visiter un univers post-apocalyptique, dominé par une caste de prêtre, dans lequel une grande partie de la population est plongée dans la misère et exposée aux risques de mutations (la Nouvelle Peste). Une affection d'origine indéterminée, mais terriblement contagieuse, et dont le stade final se traduit en une douloureuse et sanglante transformation en un horrible et agressif monstre tentaculaire que l'on croirait sorti d'un univers d'Howard Phillips Lovecraft. Et c'est dans cet univers crade et violent que vit la belle et fragile Druuna, dont la beauté contraste avec la laideur de l'environnement.

Au moyen d'un scénario captivant contenant toutefois (il faut bien l'admettre) quelques concours de circonstances un peu forcés, Serpieri s'amuse à mêler la laideur et le craspec à la volupté et à l'innocence. En fait, en surface, Druuna, soumise et candide, apparait presque comme le symbole de tout ce que le mouvement féministe condamne. Un agneau un peu crétin au milieu d'une meute de loups affamés. Mais juger l'œuvre de Serpieri comme un manifeste machiste serait une grosse erreur de jugement et surtout, comme on pourra le vérifier par la suite, émettre un avis sanction un peu trop précipité. Car finalement, le personnage de Druuna est à caractère messianique. Comme la fleur qui nait du fumier, Druuna est l'incarnation exaltée de l'érotisme innocent qui émerge en ce monde répugnant et perverti, une lueur d'espoir. Petit à petit, la victime se fait héroïne et, au fur et à mesure que les traits de son visage évoluent, elle cesse de subir cette histoire faite d'étranges rencontres et commence à la prendre en main.

Graphiquement, le travail de Serpieri sur Morbus Gravis est plus que remarquable, il est magnifique. Avec Morbus Gravis, l'on est, et je pèse mes mots, devant l'une des plus belles BDs jamais dessinées. Usant du hachuré pour jouer des volumes (et Druuna n'en manque pas !), travaillant les contrastes rouge et noir pour donner à son univers une ambiance étrange et cauchemardesque, l'artiste nous offre ici un univers glauque, onirique et violent. Druuna, véritable bombe inspirée de - selon les propres déclarations de Serpieri - de l'actrice Valérie Kaprisky, voit son aura et sa puissance érotique accentués par un environnement composé de paysages en ruines, peuplés de citoyens laids, au sein d'une civilisation quasi carcérale. L'équilibre entre érotisme et horreur gore est parfait. Au final, rarement dessinateur de bande dessinée n'aura aussi bien porté ses fantasmes sur le papier.

La conclusion de

En 1986, Serpieri, avec Morbus Gravis, frappe très fort. Vraiment très fort. Nous faisant oublier la bande dessinée érotique italienne un peu « nunuche » (cf. Milos Manara), il nous propose là un mélange de sexe et de dépravations, de sensualité et d’horreur, au sein d’un scénario bien travaillé qui ose aller très loin dans le démonstratif craspec et l’érotisme. Enfin, cet album marque aussi les débuts de Druuna, la plus belle femme de l’histoire de la bande dessinée. Bref, un chef d’œuvre. Hélas, Serpieri, dessinateur de génie qui sombrera ensuite un peu trop dans le libidineux peu inspiré, ne fera plus jamais aussi bien.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers fascinant, une histoire intriguante
  • Parfait équilibre entre érotisme et horreur
  •  Druuna, un personnage faussement candide
  • Un dessin magnifique

Que faut-il oublier ?

  • Quelques concours de circonstances un peu forcés.

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