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Critique du Musique : BO OST - Black Swan
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Critique du Musique : BO OST - Black Swan

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 4 mars 2011 à 1422

Une oeuvre majeure pour Clint Mansell...

Darren Aronofsky et Clint Mansell font indéniablement parti de ces binômes réalisateur/compositeur qui ont marqué d'une pierre blanche le domaine des bandes-originales de film. A la manière d'Hitchcock/Hermann ou de Burton/Elfman, ces deux artistes ce sont avérés capable d'allier à la quasi-perfection musiques et images, proposant des mélodies allant au delà de la simple forme illustrative. Ainsi, aux sonorités stressantes de Pi, qui allaient de paire avec les migraines dont souffrait le héros, se sont succédées les envolées lyriques de Requiem for a dream (depuis devenu une bande originale utilisée ad nauseam dans les diverses télés-réalités), les partitions ambitieuses de The Fountain (qui mélaient mélodies classiques et sonorités pop-rock) et la musique minimaliste qui accompagnait aussi discrètement qu'efficacement The Wrestler. Autant dire que leur nouvelle collaboration sur Black Swan laissait rêveur quand à la qualité d'une nouvelle bande-originale.

La force de Clint Mansell est peut-être de ne pas être issu d'un parcours musical classique. Artiste évoluant dans le domaine du rock et de l'électro (influence qui se ressent particulièrement dans ses compositions sur Pi), Mansell a visiblement pu aborder Le lac des cygnes de Tchaïkovski avec le regard et la liberté de manoeuvre d'un non-initié. Il faut bien avouer que ce qui est proposé pourrait aisément être assimilé à une hérésie par les puristes ; en effet, l'optique choisie a été de se servir de l'oeuvre originale pour composer la musique du film. Ainsi, si les thématiques principales du ballet de Tchaïkovski sont belle et bien présentes tout au long des seize morceaux, elles ont été détournées et réarrangées par Mansell pour pouvoir accompagner les états d'âmes de l'héroïne. Une initiative ambitieuse, qui, d'ailleurs, aura valu à cette bande-originale d'être disqualifiée des oscars ; motif avancé : elle ne propose finalement qu'un nouvel arrangement des musiques d'origines, et non des créations originales.

Si le débat quant à l'originalité de la musique de Clint Mansell est tout à fait défendable (après tout, on pourrait presque y voir un remake des partitions de Tchaïkovsky), assimiler le travail de l'artiste à de simples nouveaux arrangements paraît tout de même très réducteur. En effet, si Le lac des Cygnes constitue clairement le fond de cette bande-originale, la forme a pourtant été l'objet d'un travail de création indéniable. Ainsi, on retrouvera des segments entiers de l'oeuvre d'origine, auxquels vont s'adjoindre des sonorités distordantes, ainsi que des mélodies créées de toute pièce pour accompagner les délires et les sentiments de l'héroïne en dehors des phases de ballet proprement dites. Les mélodies y trouvent ici des tonalités nouvelles, dégageant des atmosphères particulières, parfois légères, parfois nettement plus sombres. Ecouter les deux oeuvres à la suite démontre ainsi aisément le brillant travail d'orchestration effectué par Clint Mansell.

Globalement, le score se distingue une nouvelle fois grâce à sa montée en puissance. C'est un leitmotiv dans le travail de réalisateur de Darren Aronofsky, mais tous ses films savent astucieusement aller crescendo pour aboutir à un climax dans les séquences finales. Le travail de Mansell, comme un parfait miroir, tend à retranscrire cet état de fait avec des partitions montant également en puissance. Le procédé était déjà présent sur Requiem for a dream, et encore plus sur The Fountain, il trouve un aboutissement dans les compositions accompagnant Black Swan, lequel, en plus de commencer relativement doucement, accompagnent au début l'oeuvre de Tchaïkovski - presque scolairement pourrait-on dire - pour s'en éloigner petit à petit et proposer de plus en plus de digressions et de compositions nouvelles à l'intérieur des musiques traditionnelles du ballet. Une nouvelle fois, donc, la bande-originale s'avère de plus en plus qualitative au fur et à mesure de son avancée.

Ainsi, au niveau des passages les plus marquants, on retiendra sans hésitation deux morceaux majeurs. D'une part A new swan queen, qui a été astucieusement décalé par rapport à la chronologie originelle (il s'agit d'un des morceaux du final dans le ballet de Tchaïkovski) et qui, réarrangé pour un petit ensemble de cordes, prend une dimension encore plus lugubre ; d'autre part Perfection, qui illustre à merveille toute la montée en puissance du passage final, parfait miroir musical de la maestria visuelle appliquée par Aronofsky (sur le principe, ce passage n'est pas sans rappeler l'excellent Death is the road to awe qui accompagnait la dernière séquence de The Fountain). Les autres morceaux ne présentent quant à eux aucune fausse note, parvenant souvent à réussir l'amalgame entre les compositions de Tchaïkovski et celle de Clint Mansell. On en ressort finalement avec une question : à quelle moment une bande-originale de film devient-elle un morceau de musique classique ?

La conclusion de

Qu'est ce qui distingue une bande-originale de film d'un morceau de musique classique ? En adaptant et en réorchestrant le ballet de Tchaïkovski pour le film d'Aronofsky, Clint Mansell brouille les cartes et se sert des mélodies classiques pour livrer une partition qui s'apparente au final à une véritable réappropriation de l'oeuvre d'origine, proposant des choses nouvelles tout en s'accordant à la perfection avec le film éponyme qu'il se doit d'illustrer. Au final, le travail de Mansell est donc loin d'un simple exercice de réécriture et de réorchestration, mais s'impose au contraire comme une création originale, certes complètement dépendante des morceaux composant Le lac des cygnes, mais qui possède son existence propre au delà de toute comparaison.

Que faut-il en retenir ?

  • Prise de risque ambitieuse,
  • Réinterprétation réussie,
  • Parfaite adéquation avec le film éponyme,
  • Montée en puissance qui va crescendo,
  • Amalgame oeuvre d'origine/bande originale.

Que faut-il oublier ?

  • Demeure très classique dans son interprétation.

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