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Critique du Téléfilm : Le Monde Interdit
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Critique du Téléfilm : Le Monde Interdit

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 21 décembre 2010 à 1620

Une belle adaptation d’un grand classique

De retour d’Amazonie, le professeur Challenger expose aux éminents membres de la British Royal Society son projet de monter une expédition vers un monde perdu où ont survécu les dinosaures. Devant le scepticisme de l’audience, il affirme détenir une carte établie par un ancien mercenaire portugais sur laquelle figure l’emplacement de ce lieu, un immense plateau perdu au milieu de la forêt amazonienne. Plus par sens du défi que convaincu par les propos de l’explorateur, trois gentlemen décident de rejoindre son entreprise : l’aventurier John Phillip Roxton, le journaliste Ned Malone et le professeur Leo Summerlee

Enième adaptation du célèbre roman de Sir Arthur Conan Doyle, Le monde interdit est un très luxueux téléfilm de 146 minutes produit par la BBC. En effet, pour mettre en forme cette nouvelle relecture du Monde perdu, le réalisateur britannique Stuart Orme (un artisan plutôt doué à qui l’on doit une intéressante adaptation du Puppet Masters de Robert A. Heinlein) soit vu doté de moyens confortables, à commencer par les services des studios Framestore et un plateau de tournage installé dans des magnifiques paysages de Nouvelle-Zélande.

Comme chacun le sait, Le Monde perdu est un récit aventureux qui amène des gentlemen explorateurs à rencontrer des dinosaures dans un endroit encore inexploré de la planète. Le premier à avoir tenté de matérialiser à l’écran ces créatures rencontrées par l’équipe du professeur Challenger fut Harry O. Hoyt, dans un film muet datant de 1925. Les effets spéciaux, conçus à base marionnettes animées en stop-motion étaient l’œuvre d’un certain Willis H. O'Brien, qui allait devenir célèbre quelques années plus tard avec son travail sur King Kong. Le film suivait d’assez près le roman de Sir Arthur Conan Doyle, à la différence près qu’il y glissait un personnage féminin, créé de toutes pièces pour la star Bessie Love. Dans la version qui nous intéresse plus, le scénariste Adrian Hodges a suivi la même démarche en introduisant dans l’histoire une jolie fille, Agnes Cluny,  interprétée par la charmante Elaine Cassidy.

Autres temps, autres mœurs, ici, le stop motion est remplacé par les effets CGI. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le travail rendu par Framestore est en tout point remarquable. Pour ceux qui l’ignoreraient, Framestore est un studio britannique de création virtuelle qui a collaboré de nombreuses fois avec la BBC avant d’être sollicité par les plus grands studios hollywoodiens (dernièrement, on leur doit les effets CGI d’Harry Potter, par exemple, ou Les chroniques de Narnia, Prince of Persia et Le Choc des titans). En 1999, ce studio s’est fait une solide réputation dans la modélisation et l’animation des dinosaures grâce au succès (mérité)  du faux documentaire de la BBC intitulé Sur la terre des dinosaures (qui repasse en boucle sur nos chaines), où ils démontrent tout leur savoir-faire, faisant aussi bien, voire mieux, que le studio ILM. Ils devinrent à ce moment les « spécialistes des dinosaures » tant et si bien que lorsque Hallmark et la chaine ABC montèrent l’énorme projet Dinotopia (80 millions de dollars) en 2002, c’est tout naturellement que les producteurs firent appel à eux.

Le résultat de leur travail sur Le monde interdit, réalisé en 2001, est tout simplement stupéfiant. Framestore nous offre un spectacle de grande qualité, avec un niveau d’incrustation vraiment stupéfiant. L’attaque du village par les deux allosaures est criant de réalisme, tout comme ses plans sur le nid des ptérosaures et la rencontre amicale entre Ned Malone et « Figaro », charmant petit herbivore. La chute d’un allosaure dans un piège hérissé de pieu, est également une scène absolument saisissante. Les créatures se voient de plus dotés de textures plus riches que celles de Jurassic Park (ILM ayant choisi des rendus neutres) et un design plus acéré, plus agressif. A coté de cela, les maquillages des hommes-singes, sans être extraordinaires, affichent un degré de réalisme correct, même si l’on devine parfois le cascadeur dissimulé sous la panoplie simiesque.

La réalisation de Stuart Orme fait dans l’académisme distingué, l’objectif étant de ranimer l’atmosphère victorienne (et edwardienne) du roman de Conan Doyle. C’est totalement réussi, à la fois par la forme et par le fond. Il émane de ce film une légèreté toute britannique (je vous conseille de visionner ce film en version originale pour mieux en profiter), tant dans les rapports entre les personnages que dans déroulé des évènements. Le ton et léger et aventureux, bourré d’humour et de situations périlleuses, évoquant modestement les grand films d’explorations britanniques comme Aux sources du Nil ou L’homme qui voulu être roi. Une ambiance séduisante qui doit beaucoup au niveau de performance des comédiens. En effet, non seulement, Stuart Orme a bénéficié du soutien de techniciens compétents mais, en plus, il a pu compter sur un excellent casting qui, par les performances de ses acteurs, rend bon nombre de passages dialogués croustillants.

Ainsi, si l’on retient surtout les très amusantes chamailleries amicales entre le professeur Challenger (Bob Hoskins, génial) et le professeur Summerlee (James Fox, sooo british !), il serait injuste d’oublier que les deux stars sont entourées par des comédiens convaincants, interprétant leurs personnages avec justesse et élégance. Même l’introduction « aux forceps » du personnage féminin d’Agnes Cluny ne parvient pas à nous choquer, Elaine Cassidy évitant sans mal le piège de la caricature (greluche en détresse ou, au contraire, aventurière bourrine à la Michelle Rodriguez) – et elle a un si joli sourire !

L’un des dangers menaçant les crédibilités du film résidait dans la matérialisation des Accala, ces natifs américains vivant sur le plateau. Finalement, Stuart Orme s’en est bien sorti même si la représentation des membres de cette tribu en guerre – ils portent des coiffes étranges, ne correspondant pas vraiment avec le biotope environnant, et sont un peu trop « propres sur eux » - avec les Doda (les hommes-singes) est l’aspect le moins convaincant du film. C’est d’ailleurs à l’occasion de la rencontre entre les explorateurs et ces indigènes que l’introduction d’Agnes Cluny peut trouver sa justification puisqu’elle est la seule à comprendre et parler leur idiome portugais primitif.

Venons-en maintenant au seul changement notable par rapport au texte original. Dans le roman de Conan Doyle, les aventuriers voient leur espoir de retour contrarié quand l’un des guides indiens, Gomez, coupe le pont reliant le plateau au monde extérieur. Il agit par pure vengeance, Roxton étant le meurtrier de son frère. Ici, Gomez est effacé (ou plutôt, il devient l’auteur de la carte que détient Challenger) au profil du révérend Theo Kerr. Sans passer pour un puriste au regard étroit, on peut légitimement s’interroger sur la justesse de ce choix. Non pas que Peter Falk ne colle pas au personnage (au contraire, il nous offre l’amusant spectacle d’un inspecteur Colombo illuminé) mais son comportement est trop excessif pour être cohérent. Il est certain que le fanatisme peut amener une personne à agir de manière irraisonnée, mais dans le cas présent son changement brusque d’attitude apparait comme bien trop peu crédible, surtout qu’il génère la promesse d’une mort affreuse pour sa nièce chérie.

La conclusion de

Certaines œuvres télévisuelles, par leurs qualités techniques et la sincérité de leur démarche, arrivent sans peine à rivaliser avec bon nombre de productions cinématographiques pourtant bien plus ambitieuses. C’est le cas de ce Monde Interdit, œuvre de Stuart Orme qui ne se contente pas de respecter le matériau original (Le monde perdu, d’Arthur Conan Doyle) mais qui convainc aussi par la qualité de sa réalisation, la justesse de son interprétation et la beauté de ses effets spéciaux. Un excellent divertissement, digne du chef d'oeuvre de sir Arthur Conan Doyle, avec un Bob Hoskins absolument génial dans le rôle du professeur Challenger.

Que faut-il en retenir ?

  • Le respect du matériau original
  • Une réalisation élégante
  • De superbes effets spéciaux
  • Une interprétation de qualité

Que faut-il oublier ?

  • L’introduction du personnage de Kerr
  • Le rendu visuel de la tribu Accala, peu crédible

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