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Critique du Film : Centurion
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Critique du Film : Centurion

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 18 août 2010 à 1748

Virilus, rends-moi ma légion… et trouve-moi un scénario

Quintus Dias est ce que l'on appelle un porte-poisse, un chat noir. Partout où il passe, il abandonne derrière lui un véritable compost organique... fait de ses camarades. Lui, par contre, s'en tire toujours indemne, sans même que l'émail de ses dents blanches comme la neige subisse le moindre éclat. En fait, il n'est vraiment pas prudent d'inclure dans les rangs de son armée le centurion Dias. Malheureusement, le général Titus Virilus, commandant la IXème légion, n'avait pas connaissance de cette importante information...

Bon, ok, en même temps, ce brave général bourrin amateur de bastons dans les tavernes, les crasses, il ne cherche pas vraiment à les éviter. On pourrait même dire que si, comme OSS 117, "il aime se battre" il souffre de grosses carences dans l'art de la guerre et dans la gestion d'une armée en campagne. Respecté par ses hommes plus par le fait qu'il partage leurs repas et leurs putes que par son talent militaire, le général Virilus n'est qu'un fort en gueule, un incompétent qui se retrouve inexplicablement à la tête des forces d'invasion du nord de la Bretagne. A croire que le sénateur Agricola a trop abusé de vin romain pour lui confier une tâche aussi importante.

Evidemment, menée par un tel incapable, l'expédition est un désastre annoncé. En faisant confiance à une guerrière picte muette jouant le rôle d'éclaireur, Virilus conduit son armée dans un véritable traquenard. Nous, spectateurs, on a beau faire et crier " par Jupiter, tu es fou de laisser tes troupes s'aventurer sans aucune avant-garde sur cet étroit sentier forestier qui pue le piège!", rien y fait, la IXème légion, entrainée par le plus con de tous les officiers de l'Empire, entre dans la gueule du loup. Et finit dévorée. Seule une poignée de survivants, dont ce sacré Quintus, échappe aux tranchants des haches et aux pointes de flèches pictes. Cependant, au lieu de fuir, apprenant que le général Virilus a été capturé par les Pictes, ces fiers soldats romains décident d'infiltrer les lignes ennemies pour tenter de le libérer.

Neil Marshall est un cinéaste particulièrement apprécié par les rédacteurs de Scifi Universe. Il est vrai que l'homme et l'artiste ont tout pour séduire. Toujours souriant et disponible, le réalisateur britannique est également l'un des principaux acteurs d'un cinéma généreux, nerveux, moderne et référentiels. Ainsi, Dog Soldiers, The Descent et Doomsday, s'ils sont loin d'être parfaits, sont des films en tous points remarquables de sincérité et de dynamisme, fruits du travail d'un amoureux du 7ème art, et surtout d'un fan du cinéma de genre des années 80. On avait même fini par augurer un très grand avenir à Neil Marshall et le faire apparaitre comme l’un des grands espoirs du cinéma anglais. Mouais. Personnellement, Centurion a douché mon enthousiasme. D'une eau aussi froide que celle des torrents des Highlands.

Ce n'est pas que le film soit terriblement mauvais. Loin de là. Mais force est de constater que Neil Marshall à encore grand besoin de travailler sur son art. Et notamment de grandir. On aurait pu penser que Doomsday avait été comme une sorte de défouloir récréatif et que l'artiste était désormais prêt à ranger ses jouets pour entamer un parcours un peu plus adulte, mais apparemment il ne s'est toujours pas décidé à quitter la cour de récré. Dans les faits, cela entraine un film voyant son édifice narratif construit sur un scénario d'une énorme faiblesse. Pourtant, si on le dissèque, on se rend compte que le script de Centurion ne manque pas de matériaux. Sa construction thématique évoque la destruction des légions de Varus dans la forêt de Teutoburg, la légende de la reine Bodicca et Le dernier des Mohicans, sa première partie est inspirée des violents peplum modernes (Gladiator) et la deuxième prend la voie du pur survival. Le gros problème est que tous ces éléments thématiques sont mis bout à bout sans la moindre tenue logique.

Le cas du général Virilus cité plus haut n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Comme pour Doomsday, on a l'impression de suivre un récit inventé par un enfant de dix ans voulant y introduire, coûte que coûte, toutes ses influences. On saute du coq à l'âne et tant pis si l'on n’y croit pas cinq secondes. Que dire de la crédibilité de cette deuxième partie dite "survival" où cinq fuyards épuisés parviennent à garder durant plusieurs jours cent mètres d'avance sur des poursuivants connaissant parfaitement le terrain et équipés de chevaux! Au final, ce n'est donc pas tant l'étrange coté fantasy spaghetti (avec ses jolies minettes permanentées déguisées en guerrières pictes) qui dérange le plus, c'est carrément le déroulement de l'intrigue, à la fois prévisible et puéril. Impossible d’adhérer à cette histoire à deux sesterces, sans compter qu’il est difficile de s'identifier aux héros : un général romain au comportement de barbare germain lobotomisé et un centurion en cavale guère plus futé. Et comme ce sont les seuls personnages un tant soit peu mis en valeur dans le film… Il est également triste de noter que certaines pistes, si elles avaient été explorées plus avant, auraient été intéressantes, comme le développement du personnage du roi Picte Gorlacon. Hélas, Neil Marshall a opté pour  une narration qui reste en permanence superficielle et qui enchaine les séquences (dont nombreuses sont dispensables) tel un diaporama. 

Pour le film et pour nous, heureusement que Neil Marshall est bien meilleur technicien que scénariste! On est en effet soulagé de constater que, visuellement et chorégraphiquement, Centurion tient sacrément bien la route. Certaines séquences sont vraiment superbes. Très à l'aise pour filmer l'action, toujours aussi maître de ce cinéma viscéral qu'il affectionne, le réalisateur nous offre de superbes et violents combats épiques bien mis en valeur par une belle photographie. Il n'innove en rien, certes, s'inspirant de néo-classiques (le découpage des combats dans Gladiator, la violence graphique de Braveheart, les vues aériennes du Seigneur des Anneaux...) mais il le fait bien et, appréhendés avec un pur raisonnement primal, ces déchainements gore habilement orchestrés sont d'impressionnants spectacles dégageant une certaine force poétique. Une sorte de poésie macabre et guerrière évoquant les textes de Robert E. Howard et Karl Edward Wagner. A noter également de belles reconstitutions, aussi bien dans les costumes (pictes et romains) que dans les décors, vraiment très réalistes.

A niveau de l'interprétation, le casting souffre d'une galerie de personnages composée de gros rustres débiles aux profils aussi subtils qu'une blague scato de Bigard. Michael Fassbender paie au prix fort l'inconsistance de son personnage et parvient presque à nous attrister lorsque l'on se rend compte que tous ses choix ne sont suivis que de désillusions. A ses cotés, Dominic West, le vil Theron de 300, se contente de mettre toute sa hargne dans l'armure d'un haut officier romain, ce qui, finalement, ne se révèle pas très judicieux. Par contre, en confiant à une femme le rôle du méchant, Neil Marshall a failli réussir son coup de bluff. Failli seulement, car malheureusement - et cela malgré de beaux efforts - Olga Kurylenko a du mal à s'imposer. Sa féminité un peu trop mise en valeur par un cinéaste que n'a pu se résoudre à détruire son look de top model, l'actrice n'arrive que très rarement à dégager une aura de prédatrice en pleine traque. Mais bon, elle se révèle toujours plus intéressante qu'Imogen Poots, complètement atone dans le rôle d'une sorcière "défigurée" (par les dieux, son rimel a coulé !) dont l'utilité dramatique reste très discutable. Elle bouffe un quart d'heure de métrage qu'il aurait été pertinent d'utiliser autrement. Reste Axelle Carolyn qui finalement reste la plus crédible car un peu plus en retrait.

La conclusion de

Après Doomsday, Neil Marshall nous prouve encore qu’il est un excellent technicien mais aussi un piètre scénariste. S’il veut réussir à franchir un palier, il va falloir qu’il regarde la vérité en face et qu’il cherche enfin quelqu’un capable de lui offrir une belle histoire. En attendant, Centurion est un joli spectacle viscéral bien mis en image, un défouloir gore hyper nerveux, mais vraiment trop basique pour dépasser le stade de gentil divertissement vite oublié.

Que faut-il en retenir ?

  • Techniquement bien maitrisé
  • De beaux décors et costumes
  • Une belle photographie
  • Des combats bien gore

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario très faible
  • Des personnages creux

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