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Critique de la Bande Dessinée : No Hero
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Critique de la Bande Dessinée : No Hero

Avis critique rédigé par Nicolas W. le dimanche 1 août 2010 à 1633

Jusqu'où iriez-vous pour être un super-héros ?

"Il y a de nouveaux humains aux Etats-unis. Je m'appelle Carrick Masterson. Je suis américain, chimiste et libre. Voici mes amis. Ils sont libres et veulent vous libérer. Libres car ils ne craignent pas la brutalité de la police, la loi de la rue ou de voir notre monde se retourner contre eux. Nous sommes tous égaux devant la liberté. Voici les Levellers."

Nous sommes en 1966 quand un groupe qui se nomme lui-même les Levellers décide de défendre la liberté de ses concitoyens. Leur leader, le charismatique Carrick, a trouvé une drogue capable d'altérer l'être humain et de le transformer pour en faire un surhomme. Cette substance, le FX7, permet donc aux Levellers - devenus la Front Line entre-temps - de faire régner un nouvel ordre mondial en intervenant en Amérique du Sud ou encore en Afghanistan. Malheureusement pour eux, en 2011, de mystérieux adversaires se mettent en tête de les éliminer un par un. Pour pallier au vide laissé par ces pertes, Carrick est contraint de prendre de nouvelles recrues. Parmi celles-ci, un jeune homme qui ne rêve que de justice : Joshua Carver. Mais jusqu'où est-il prêt à aller pour devenir un super-héros ?

Après son Black Summer, également publié chez Milady, Warren Ellis récidive avec No Hero. Encore une fois, l'américain fait équipe avec Juan Jose Ryp pour mettre en images son récit. Toujours dans la droite lignée des Watchmen de Moore, Ellis s'intéresse à nouveau à l'impunité des justiciers. Il plonge le lecteur dans le versant obscur de la Front Line avec son ton incisif et outrancier habituel. Mais à trop user du même thème, No Hero ne risque-t-il pas de lasser le lectorat ?

Si les Armes de Black Summer étaient des hommes améliorés par diverses technologies, les membres de Front Line se trouvent métamorphosés par la drogue FX7. De cette petite idée, Ellis tire une grande partie de son histoire en nous faisant vivre la transformation de Joshua en "super-héros". Impressionnante graphiquement - grâce aux magnifiques planches de Ryp - cette odyssée psychologique au pays de l'horreur narcotique n'en reste pas moins fascinante sur le plan purement thématique. De fait, Warren Ellis nous montre à quel point devenir un autre, devenir un être surpuissant peut coûter cher autant sur le plan physique que mental. Comme toujours avec l'américain, pas de grands et nobles sentiments, juste du noir et de l'abject. A bien des égards, No Hero dresse un portrait au vitriol des activités héroïques et pas seulement du sacrifice consenti pour accéder à ce statut.

Car la Front Line, comme les Watchmen, ne figure pas au Panthéon des justes. Au travers de ce comics, Ellis s'inscrit dans ce mouvement qui vise à désacraliser le beau et noble justicier. Par là-même, on peut comprendre pourquoi la quatrième de couverture donne une parenté avec Wanted. Carrick et sa bande sont bien plus proches de la ligue des super vilains du comics de Millar. Mais la comparaison s'arrête là, on ne trouve pas non plus le ton hallucinant de provocation propre à Wanted. De même, on regrette un tantinet que le sous-texte politique passe à la trappe. Ellis a fait beaucoup mieux avec Transmetropolitan sur ce côté. En réalité, tout l'intérêt de No Hero repose d'abord sur la confrontation Carrick/Joshua, notamment ce dernier qui se révèle extrêmement intéressant. C'était surement là un des points faibles de Black Summer : ici les deux personnages principaux s'avèrent réellement charismatiques et travaillés.

Quant à la fin, sans trop la dévoiler, disons qu'elle verse dans une horreur gore tout à fait réjouissante qui fera vigoureusement déconseiller ce comics au public sensible. On reprochera d'ailleurs à l'œuvre de ne pas adopter ce ton plus tôt tant l'explosion finale se révèle jouissive. Au niveau du dessin, Juan Jose Ryp fait légèrement mieux que Black Summer mais surcharge toujours ses planches. Le résultat affiche un hallucinant taux de détails mais qui noie plus qu'il ne séduit. Dommage. Mais ces relatives lacunes n'empêchent pas le comics d'être un excellent moment de détente qui vaut assurément le détour.

"Je veux faire de ce pays un endroit agréable à vivre, comme vous l'avez fait en sauvant les écoles et en défendant les droits civils. Je veux me lever et dire: ouiais, j'ai décidé de vous juger car certaines choses sont simplement justes et d'autres ne le sont simplement pas.

A quel point le veux-tu ? Réfléchis bien mon garçon."

Remerciements à Amandine V. pour la relecture.

La conclusion de

Même s'il joue sur un thème déjà maintes fois abordé, No Hero de Warren Ellis n'en reste pas moins un très bon moment. Grâce à un duo de personnages retors et charismatiques, à quelques idées sympathiques et au ton acide de l'américain, le comics ne déçoit pas. En y ajoutant une fin gore à souhait et un portrait au vitriol des super-héros, No Hero s'avère une lecture des plus recommandables.

Que faut-il en retenir ?

  • L'idée de la FX7
  • Carrick et Joshua
  • Le ton acide du récit
  • La fin gore
  • L'initiation de Joshua

Que faut-il oublier ?

  • Un dessin surchargé
  • Pas de sous-texte politique
  • Un relatif manque d'originalité

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