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Survival of the Dead >

Critique du Film : Survival of the Dead

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 9 mai 2010 à 16:27

Quand Romero fait dans le zombie ennuyeux...

Un peu moins de deux ans après la sortie du très moyen Diary of the Dead, George Romero nous remet le couvert en livrant un sixième film de zombies ; à plus de soixante-dix ans, il apparaît aujourd'hui que ce réalisateur, qui n'a plus rien à prouver à personne, ait décidé de vivre totalement sa passion cinématographique. Hors de question, désormais, d'aller chercher à droite et à gauche d'autres sujets de films, Romero aime les zombies movies, et le public aime les zombies movies de Romero, bref, tout le monde s'y retrouve. En créant une suite directe à Diary of the Dead - qui n'était, rappelons le, pas relié à sa tétralogie La Nuit des morts-vivants - Romero s'amuse donc créer une nouvelle histoire basée sur une ambiance totalement différente. Ainsi, si le précédent film était un Projet Blair Witch-like - avec caméra à l'épaule et style vrai faux documentaire - Survival of the dead est quant à lui traité et mis en scène comme un western, avec, en lieu et place des traditionnels indiens, des zombies.

On ne pourra ainsi pas repprocher à Romero de se répéter : dans la fond, ainsi que dans les thématiques, aucun de ses six films de zombies ne se ressemble. Cette fois, l'action a été placée sur une île, habitée par des éleveurs, sur laquelle s'opposent deux familles. Par rapport à la menace zombie, les deux clans ont des points de vue différents : les premiers pensent qu'il faut les tuer maintenant et tout de suite, alors que les seconds les conservent et les gardent dans une relative liberté, espérant pouvoir les faire redevenir normaux lorsqu'un traitement sera trouvé. Sur cette île anachroniquement très marquée - déplacement à cheval, habit très texans avec stetsons en option, maisons en bois, aucune armes à feu automatiques - vont débarquer un groupe de militaires très contemporains, lesquels vont se retrouver pris en tampon et obligés de faire des choix plus ou moins difficiles. L'idée de base est donc attrayante, les thématiques intéressantes, mais voilà, cela ne fonctionne plus.

Cela ne fonctionne plus parce que paradoxalement, sur la forme, c'est la sixième fois que Romero nous refait le même film. Avec ses péripéties courrues d'avance et ses figures imposées vues trop de fois, Survival of the dead ennuie plus qu'il n'intéresse. Nous allons donc assister à un film de zombies aux tenants et aboutissants classiques, et aux rebondissements très prévisibles. Ainsi, une nouvelle fois, Romero nous refait, entre autres, le coup du calin à un copain nouvellement transformé qui, bien sur, se termine mal, nous assène une nouvelle fois le poncif du personnage mordu qui ne l'avoue pas à ces compagnons avant de se transformer et de les attaquer, et conclut son film par l'habituelle déferlante de zombies qui met un terme prématuré à l'histoire. On sent venir les choses à des kilomètres, et, malgré la pertinence du point de départ, on s'ennuie très vite devant ce Survival of the dead quelque peu moisi.

D'autant que le film n'est pas angoissant du tout. Loin des fulgurances de ses premiers films, Romero délaisse les ambiances sombres et désespérées au profil d'un ton plus léger et d'un humour maladroitement utilisé. Parce qu'en effet, George Romero n'est pas Edgar Wright, et ses acteurs n'ont pas le potentiel comique de Simon Pegg. Etant plus un excellent faiseur d'ambiance qu'un pur déconneur, Romero peine ainsi à faire naître autre chose qu'un vague sourire - souvent contrarié - chez le spectateur tant son sens de la comédie est proche de zéro. On se trouve donc avec des ficelles comiques ressortant parfois de l'humour noir (l'explosion des têtes), parfois du gag bien potache (la pêche au zombie), aucun n'étant véritablement convaincant. Parce qu'en effet, si le propos peut être intelligent dans ce qu'il a de sérieux, cet ajout quelque peu incongru n'arrive finalement qu'à décrédibiliser le tout.

Survival of the dead se regarde donc comme l'un de ces long-métrages dont on se dit qu'il a quand même mal passé l'épreuve du temps, sauf que voilà : il a été tourné l'année dernière ! L'impression est de plus renforcée par les effets spéciaux utilisés ; ainsi, les effets de maquillages oldschool utilisés - fort sympatiques et assez bien fichus, toutes autres considérations mises à part - accentuent le côté vieillot du film, et les effets CGI sont d'une pauvreté telle que le long-métrage semble dater de l'époque où cette technologie n'était pas encore bien maîtrisée. Techniquement, d'une manière plus générale, le film peine à se démarquer de la masse de ses concurrents DTV, que cela soit dans la photographie très quelconque d'Adam Swica ou dans la bande originale sommaire de Robert Carli.

Devant la caméra, le casting s'avère également être d'une qualité très médiocre. Si Romero n'a jamais été un grand directeur d'acteur, il confirme une nouvelle fois cet état de fait, ainsi que son incapacité flagrante à réunir et à diriger un groupe d'acteurs convaincants. Réuni autour d'un Kenneth Welsh déguisé en Capitaine Igloo s'affaire un groupe de petits cabotins dont l'interprétation est totalement laissée en roue libre. Alan Van Sprang est ainsi un vieux barroudeur à qui on ne la fait pas, Kathleen Munroe nous interprète à la sauce soap la fille rebelle, donc mal aimée, et Devon Bostick s'apparente à une caricature du brave ado maladroit, mais tout de même loyal. Dans le lot, seul Richard Fitzpatrick arrive à tenir de manière assez juste son personnage de défenseur de zombies.

30

En exploitant une nouvelle fois ce filon des films de zombies duquel il est totalement indissociable, George Romero provoque l'agacement et l'ennui en lieu et place d'une quelconque excitation. Passé l'originalité du concept de départ, force est de constater que tout sent le moisi tant il a déjà été vu bien trop souvent. Alors certes, le résultat final n'est pas aussi mauvais que les rumeurs peuvent le laisser entendre, c'est juste que Survival of the dead arrive sur nos écrans avec au moins vingt ans de retard pour pouvoir être considéré comme un bon film, voire simplement un divertissement acceptable.

Critique de publiée le 9 mai 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une idée de départ intéressante,
  • Un traitement western bien fichu,
  • Des maquillages oldschools sympathiques.

Que faut-il oublier ?

  • Pas angoissant pour un sou,
  • Scénario déjà-vu et très prévisible,
  • Un humour qui ne fonctionne pas,
  • Interprétation très médiocre,
  • Des effets numériques ratés,
  • Déjà un vieux film...

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