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Critique du Film : Dying Breed
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Critique du Film : Dying Breed

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 15 mai 2009 à 1806

Une communauté respectueuse des traditions

Le thylacine, appelé communément tigre de Tasmanie est l'un des premiers animaux éradiqué de la planète par la main de l'homme moderne. Tout comme le dodo, il a été la victime des colons européens et de l'imposition de leur mode de vie (déforestation, chiens, chasse sportive, élevage) et les derniers spécimens se sont éteints misérablement en captivité. Pourtant, des légendes courent encore. Certains prétendent que cet incroyable animal, caché au fin fond de la forêt Tasmanienne, a survécu. Ils vont même jusqu'à affirmer avoir trouvé des traces de son passage dans le sol, à défaut d'en avoir aperçu la queue.

La soeur de Nina faisait partie de cette catégorie de gens qui croient en l'existence du Tigre de Tasmanie (et peut-être également du dodo, mais bon, force est d'admettre que courir après ces volatiles patauds est nettement moins attractif que la recherche de ce très étrange prédateur à la fois fauve, chien et marsupial). Seulement voilà, la zoologue a perdu la vie au cours de sa quête, la police ayant retrouvé son corps dérivant dans un fleuve.

Nina, plus par respect que par conviction, décide de suivre la voie de sa soeur défunte. En compagnie d'amis, elle se rend en Tasmanie et s'enfonce dans l'arrière-pays à la recherche d'une race considérée comme éteinte. Jody Dwyer, le réalisateur, nous invite alors à suivre les aventures de ce petit groupe d'amis dans un survival qui va les mettre aux prises avec une adversité inattendue, nettement plus dangereuse que l'objet de leur quête. Une adversité dont l'origine a été brièvement exposée lors d'un pré-générique se déroulant durant la colonisation de cette grande île australienne.

Tourné dans de superbes décors naturels, Dying Breed commence par introduire un groupe de protagonistes aux profils archétypaux. Nina, le cerveau de la bande, se voit entourée de son sympathique et courageux petit ami et d'un autre couple, composé d'un crétin bagarreur et de sa copine, à la fois jolie et un peu trouillarde. Inutile de préciser, donc, que les rapports sociaux qui vont se tisser entre les différents personnages (avec son lot de chamailleries et de réconciliation) sont ultra convenus et, par là même, absolument inintéressants.

L'arrivée du groupe dans la communauté de freaks est traitée de manière guère plus originale, avec son lot de regards en biais et de sous-entendus menaçants. Le secret de cette communauté étant quasiment dévoilé dés l'ouverture du film, on suit avec une certaine indifférence les premiers contacts entre ces individus dégénérés et les jeunes gens, en n'attendant qu'une seule chose: que les affaires sérieuses débutent enfin! Heureusement, cela ne tarde pas trop.

Jody Dwyer fait, dans un premier temps, monter la pression par des petits détails (comme la petite fille qui mord le petit ami de Nina sur le bac) avant de créer une atmosphère de malaise en plaçant les "héros" dans une position inconfortable lors de la séquence du bar. Le réalisateur est assez habile dans sa composition, avec une alternance de plans serrés sur les visages crades des villageois et une orgie de plans en plongée sur les visiteurs, recroquevillés sur leurs chaises. Le rapport de force habituel est alors instauré, avec ses proies et ses chasseurs. Très classique, presque scolaire, mais bien construit.

Les mises à mort commencent un peu plus tard, alors que les jeunes gens se sont aventurés dans la forêt. Le mythe du Tigre de Tasmanie refait son apparition, mais il ne sert que d'appât; un simple moyen pour séparer les futures victimes qui, malgré leurs craintes, n'hésitent pas à explorer, de nuit, l'épaisse forêt tasmanienne avec des téléphones mobiles en guise de lampes torches. Peu crédible. De plus, à ce moment, l'on se demande pourquoi les villageois prennent la peine d'agir par la ruse. Il leur serait en effet très simple d'utiliser leur supériorité numérique pour capturer Nina et ses amis. Par jeu? Peut-être. Mais l'on en vient aussi à douter de l'évidence qui nous saute au yeux et l'on peut chercher (à tort, je vous le dit tout de suite) d'autres explications.

Si la réalisation est conventionnelle mais de bon aloi tout en présentant de nombreux effets gore réussis, quelques détails peuvent gêner l'immersion, comme la présence de ces voies de chemin de fer non loin du village (si le train passe par ici, pourquoi les visiteurs se sont embêtés à emprunter une route forestière et un bac?). Le rôle de la vieille femme - et son soudain revirement - est également un peu bancal car elle n'a pas eu vraiment l'occasion de "s'humaniser" au contact du groupe. Rien de bien grave dans tout ça, mais, ajouter au scénario ultra prévisible, cela donne un film qui n'est guère captivant.

La conclusion de

Au final, Dying Breed est loin d’être un mauvais film mais il pèche par son scénario vraiment trop classique et prévisible. Les personnages, de plus, sont trop transparents pour que l’on s’y attache, ce qui fait que l’on suit leurs malheurs avec un net détachement. Apparemment, Jody Dwyer n’avait pour ambition que de réaliser un survival comme les autres, c’est vraiment dommage, car, techniquement, il n’y a pas grand-chose à reprocher à son travail.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation soignée
  • Des bons effets gore
  • De beaux décors naturels

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario sans aucune originalité
  • Des personnages transparents

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