Critique Gutterballs [2008]

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 25 novembre 2008 à 15h27

Hey, motherfucker, tu la veux ma quille?!!

Ce soir là, après les horaires de fermeture, aurait dû se dérouler à l'Xcalibur une compétition de bowling très privée. Seulement voilà, un joueur non invité va s'acharner à brouiller les cartes. Son nom? BBK... Et il est de plus vachement balaise, sans oublier que lui, les strikes, ce n'est pas dans les quilles qu'il les fait, mais dans les petits cons et les grognasses!..
Amis du bon goût et de la délicatesse, passez votre chemin! Gutterballs n'est vraiment pas fait pour vous. Dans ce film d'une rare vulgarité, deux bandes de jeunes débiles vont voir leurs rangs fondrent comme neige au soleil sous les coups d'un tueur au visage dissimulé sous un sac pour boule de bowling. Tout ça pour régler une affaire de vengeance... une histoire de viol collectif parachevée par une pénétration à la quille. Classe, n'est-ce pas?


Et ce détail glauque n'est pas le seul élément nauséeux et crados du film. Il suffit de s'attarder un peu sur les abrutis qui arpentent le film à grand renfort de fuck, shit, bitch, suck my dick et autres subtilités linguistiques. Deux bandes rivales, une composée de petits cons fachos qui pourraient faire pâlir d'envie les membres du gang d'Orange Mécanique et l'autre de marginaux excentriques qui ne pensent qu'au cul. A cela, il ne faut pas manquer de rajouter un patron cynique et quelques pétasses blondes de passage et vous aurez un panorama complet de la clique qui fréquente l'Xcalibur.
Gutterballs est un slasher fortement typé grindhouse. Le second degré, cruel et obscène, noie donc tout le récit et la caricature - avec des personnages archi stéréotypés - est omniprésente. Cependant, contrairement à la démarche de Tarentino et Rodriguez qui avaient apporté leur pierre au genre avec des versions pulps et accessibles, le cinéaste Ryan Nicholson nous plonge dans les racines du grindhouse avec une relecture autrement plus fidèle... et trash. Dans Gutterballs, pas de gags légers, tout repose sur l'excès dans le domaine du craspec et du mauvais goût... et, je l'avoue, j'ai trouvé le résultat fortement réussi. J'admet aussi que certaines exécutions manquent d'originalité (comme quand le travelo - un sosie de Divine, l'égérie de John Waters - meurt étouffé pour avoir tenté une trop ambitieuse fellation) mais d'autres valent leur pesant de popcorns. Pour vous donner une idée du truc, je citerai juste un double meurtre opéré à l'occasion d'un 69 et d'un face fucking suffoquant, ou un lustrage de tête à la cire chaude par une machine déglinguée et douée de parole (dialogues très cons en sus).

Bref, ce qui étonne le plus dans Gutterballs, c'est la quasi absence d'esprit potache. Ainsi, le viol, qui va lancer cette sanglante vendetta, est réalisé de manière très crue (même si cela reste visuellement très sage) avec la vision d'individus abjects et une durée de séquence très longue qui essaye amener dans l'esprit du spectateur une sensation de gène. Et même si la suite se révèlera moins dense, le film ne basculera jamais dans la gaudriole et le gore inoffensif. Un postulat risqué, c'est certains, le film pouvant être catalogué comme un produit malsain, mais qui est la consécration d'un souhait: celui d'offrir un produit qui se rapproche le plus possible d'un grindhouse des seventies. Maintenant, on adhère... ou on n'adhère pas.
La réalisation va aussi dans le sens de ce désir d'authenticité. Avec son aspect granuleux, la photographie amène une esthétique vintage, accentuée par la présence d'une palette chromatique criarde à la limite de la psychédélie retro. Coté ambiance, il ne faut pas non plus oublier de signaler l'importance de la bande musicale, qui nous transporte un bon demi-siècle en arrière. Mais c'est dans ce secteur technique que l'on déniche aussi la faiblesse du film, avec des passages un peu approximatifs dans les justesses de raccords et des pertes de rythme lors de trop répétitives séquences d'exposition... en fait, des défauts qui sont indissociables du genre.

Même remarque concernant la violence graphique. Un peu trop furtivement exposés, les effets sanglants sont parfois décevants, d'autant plus que Ryan Nicholson est un maquilleur de formation très expérimenté. Avec un budget de 4 millions de dollars, on était en droit d'attendre un peu plus de spectacle dans le domaine du gore.

La conclusion de à propos du Film : Gutterballs [2008]

Auteur Nicolas L.
67

Slasher retro fonctionnant sur la vulgarité et le craspec, Gutterballs est un spectacle très divertissant, pour autant que l'on adhère à la démarche de Ryan Nicholson, qui est de coller le plus possible à l'esprit grindhouse. Certainement pas le film d'horreur de l'année, mais une intéressante initiative qui mérite d'être vue.

On a aimé

  • Un aspect grindhouse et retro bien retranscrit
  • Des morts originales, un esprit craspec aujourd'hui assez rare
  • Très drôle au second degré

On a moins bien aimé

  • Faut adhérer à la démarche
  • C'est du grindhouse, donc pas du Richard Attenborough

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