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Critique du Film : Nightmare Detective
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Critique du Film : Nightmare Detective

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 9 septembre 2008 à 0016

Freddy goes to Tokyo

Décidemment, la société urbaine nippone est bien mal en point. En ce début du 21ième siècle, elle ne se trouve en effet composée que de gens névrosés, cyniques, fatalistes, et souvent dotés de tendances suicidaires. C’est en tout cas la façon de voir de Shinya Tsukamoto et il nous le confirme une fois encore avec cette sorte de mixage entre Suicide Club et Les Griffes de la Nuit (et même, on le constatera sur la fin, de Patrick).


Le scénario suit l’enquête de Keiko Kirishima, une jeune inspectrice de police (interprétée par une Hitomi, star de la J-pop, parait-il, aussi fade que Jennifer Lopez dans The Cell, un thriller à la thématique comparable), qui porte sur une série d’horribles suicides. Hors, des témoignages affirment que ces personnes se sont violemment tuées alors qu’elles étaient plongées dans un profond sommeil. Etrange, n’est-ce pas ? Ainsi, malgré que la police ait trouvé que les défunts avaient tous passé un coup de fil avant leur mort, l’enquête piétine. Keiko décide alors de faire appel à un medium qui a la réputation de pénétrer dans les rêves d’autrui.
Pour ce Nightmare Detective, Shinya Tsukamoto reprend son habituelle thématique portant sur le mal-être de la société japonaise, tout en assagissant sa réalisation. Le script est en effet nettement plus linéaire que les autres films du réalisateur (du moins, ceux qu’il m’a été donné de voir) et s’il y gagne en clarté de lecture, il y perd quelque peu en originalité, notamment dans la mise en scène. Néanmoins, il présente plusieurs aspects sympathiques comme : la violence des agressions (les effets gores sont présents, pas toujours très réussis) ; le choix de faire apparaître le tueur psychopathe sous une apparence informe ; l’utilisation du téléphone cellulaire (symbole du Japon moderne) comme un véritable medium ; l’obsession du réalisateur à filmer l’autodestruction (avec le sepuku, symbole du Japon traditionnaliste) ; une musique géniale ; des cadrages pertinents et des séquences bien pensées - comme le passage de la réalité au rêve par l’intermédiaire de l’élément aqueux (liquide amniotique ou rivière Styx ?)

Si Keiko est le personnage qui sert de pivot à l’histoire, le tueur et le « nightmare detective » sont également omniprésents. Tous finalement partagent les mêmes douleurs, les mêmes passés douloureux via des histoires parallèles (un peu forcées) qui nous seront révélées dans une conclusion onirique. Et c’est là finalement que le bas blesse. En effet, une fois débarrassé de ses « artifices » (je vais me faire lyncher par les fans avec ce terme, moi), l’on se rend compte que le cinéma de Tsukamoto tourne un peu en rond. Certaines incohérences ressortent de manière flagrante (ne me dite pas que la police japonaise ne peut pas remonter vers les coordonnées d’un particulier à partir de son numéro de téléphone), les nouveaux éléments n’apportent pas grand-chose de neuf et l’ambiance rendue (un peu plombée par une photographie vraiment médiocre) n’est pas vraiment plus captivante qu’un (bon) épisode de Freddy. Certains me diront ce c’est déjà pas mal, mais j’attends nettement plus du réalisateur furieux, poète et pamphlétaire de Tetsuo.
Reste cet étrange artiste qu’est Shinya Tsukamoto. Un homme assurément fascinant qui assume tous ses actes jusqu’au bout. La preuve, dans ce film, c’est lui qui interprète ce Freddy made in Japan. Et vous savez quoi ? C’est le meilleur acteur du film. Il est même par moment impressionnant !..

La conclusion de

Nightmare Detective est un film qui a, veuillez m’excuser la rudesse du terme, le cul entre deux chaises. En effet, dans ce film, Shynia Tsukamoto se risque au cinéma plus accessible en introduisant dans le métrage des personnalités plus lisses et une narration linéaire, mais il se refuse à complètement abandonner son style tordu et poisseux. Il en résulte une œuvre bâtarde, qui possède ses bons moments, mais nettement moins intéressante que Tetsuo, Tokyo Fist, ou plus récemment, Haze.

Que faut-il en retenir ?

  • Des idées brillantes, comme d’habitude avec Tsukamoto
  • L’exploration du nihilisme de la société nippone
  • L’acteur Shinya Tsukamoto, excellent dans son rôle
  • Enfin un film sans fantômes japonais aux cheveux filasses

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario un peu trop linéaire
  • Un Shinya Tsukamoto bien assagi
  • Une actrice principale bien fade

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