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Critique du Roman : Le Seigneur de l’arc d’argent
Le Seigneur de l’arc d’argent >

Critique du Roman : Le Seigneur de l’arc d’argent

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 26 juin 2008 à 1558

Troie, carrefour des passions

Kolanos, le Mycénien, n'avait jamais été très patient. La nuit était presque finie, et ses hommes n'étaient pas revenus. Il mit son casque, prit son épée et partit sur la plage, en direction du chemin de la falaise. La lune sortit des nuages, et il s'aperçut qu'il avait du sang sur sa tunique et sur les mains. Il s'arrêta, ramassa une poignée de sable et se nettoya les mains.
Le Seigneur de l'arc d'argent, premier panneau du tryptique livresque de Troie, peut être présenté comme une préquelle de l'Iliade, le poème épique d'Homère. Cependant, l'écrivain David Gemmell - qui, hélas, nous a quitté il y a peu - a pris son parti de ne pas édifier en personnages principaux les grands héros homériques que sont Achille, Ajax, Agamemnon ou Hélène, mais de se consacrer plus au développement des personnages secondaires, voire même inconnus. Ainsi, les héros de ce roman se nomment Helicon (connu aussi sous le nom d'Enée et qui, dans l'Iliade sera le prince qui conduira l'exode des survivants troyens, Virgile lui consacre d'ailleurs son Enéide en faisant ainsi le fondateur du latium), Argurios, un guerrier mycénien et Andromaque, une jeune princesse au profil féministe (à la fois bisexuelle et amazone).
Autour de ses trois personnages, David Gemmell a construit son histoire, batie essentiellement à partir des conflits générés par le choc de deux influences antithétiques: la raison d'état et la passion. A ces deux essences dramatiques, il convient d'ajouter quelques épices narratives comme le sens de l'honneur, la cupidité, l'ambition et la simple sauvagerie animale. Les rapports entre les personnages sont donc tour à tour passionnels et raisonnés, entrainant des incertitudes et des paradoxes qui amènent son lot de tension et de rebondissements.
Le style de David Gemmell est de lecture très facile. Sa plume, un peu rustre, parfois vulgaire, est plus à l'aise dans la description des exploits martiaux que dans les passages romantiques, qui apparaissent comme empruntés, un peu trop mélodramatiques, et l'auteur tombe parfois dans le piège du cliché "peplum spaghetti". On ne lui en voudra pas, car il se rattape bien dans les moments épiques, et la nature même des personnages (très classiques, avec des profils bipolaires) atténuent l'aspect sommaire de cette écriture un peu trop directe. Des personnages qui finissent tous par devenir très accrocheurs, sans que l'un prenne trop le dessus sur l'autre (chaque lecteur aura bien entendu ses petites préférences). De temps en temps, l'écrivain coupe le fil du récit avec des courts chapitres (de toute façon, la narration reste en permanence très nerveuse) nous présentant d'autres points de vue sur la situation et les personnages. Une bonne idée qui aére bien la narration et qui favorise l'immersion du lecteur dans un univers plein de vie.
En fait, si l'on se penche plus avant sur l'analyse, on trouvera beaucoup d'analogies entre ce roman et les oeuvres appartenant à cette nouvelle vague de fictions historiques télévisuelles, comme Rome ou les Tudors. Ainsi, David Gemmell a opté pour doter son univers d'un environnement réaliste. Dans le Seigneur à l'arc d'argent (qui est l'une des dénominations du dieu Apollon), l'écrivain évite les interventions divines et les manifestations surnaturelles, l'aspect fantastique étant seulement présent dans l'anachronisme permanent (qui donne au récit son aspect légendaire et homérique) et les prédictions vérifiées de la jeune princesse troyenne Cassandra. Seule l'apparition d'Hector, un héros qui dégage une aura quasi surnaturelle, nous renvoie aux récits mythologiques de l'Iliade (comme dans le film Troy, qui nous montre des héros developpant une puissance à l'extrême limite de la normalité). Heureusement que ces éléments sont présents d'ailleurs, sinon je n'aurais pas eu le plaisir de pouvoir vous parler de cet excellent roman dans les colonnes de SFU.

La conclusion de

Avec une plume très directe et nerveuse, David Gemmell nous expose sa vision du récit épique. A partir de la mythologie homérique, il nous propose un univers réaliste et violent, dans lequel s'affronte des hommes aux passions et aux ambitions exacerbées. Ce premier tome, qui peut se poser comme une sorte de préquelle de l'Illiade, est riche en actes héroïques et sanglants, un domaine dans le lequel l'écrivain est très à son aise. Par contre, il se montre un peu plus maladroit et archaïque dans la description des idylles et des rapports sociaux. Un bon premier tome doté d'un final passionnant... j'attend la suite avec impatience.

Que faut-il en retenir ?

  • Une écriture adulte et directe, facile à lire
  • Des personnages accrocheurs
  • Un récit épique et mouvementé
  • Belle description des combats

Que faut-il oublier ?

  • Une plume un peu rustre
  • Aspect sentimental un peu désuet et mélo

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