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Jeunes Vierges pour un Vampire >

Critique du Film : Jeunes Vierges pour un Vampire

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 3 décembre 2007 à 16:19

La vampire a soif

Le début des années 70 marque pour le prestigieux studio Hammer le début d’un inéluctable déclin. Pour lutter contre le désintérêt croissant d’une nouvelle audience envers ses derniers films, la compagnie de Michael Carreras décide de leur procurer désormais un nouveau ton, une nouvelle imagerie. Hélas, malgré ces efforts louables, les échecs s’avèrent cuisants, les vieilles gloires britanniques que sont Christopher Lee, Peter Cushing ou Andrew Keir ne parvenant pas à redonner du sang neuf aux vieux mythes exploités par la firme britanniques. Pour exemple, citons, entre autres flops moins connus, des films comme Dracula 73 ou Dracula Vit Toujours à Londres, qui sont de cuisants échecs aussi bien commerciaux qu’artistiques.
En fait, la satisfaction - si satisfaction il y a à accepter ce constat - il vaut mieux la chercher dans les œuvres mises en boîte par des personnalités moins connues. Comme celles de Jimmy Sangster. Scénariste du studio depuis des lustres, ce gallois pur souche se met à la réalisation en 1970, à l’occasion d’un remake : celui du Frankenstein de 1957 (réalisé par Terence Fisher). Dans ce film, il s’attarde à porter un regard plus moderne sur le mythe et surtout à renouveler une distribution vieillissante. Ainsi, si Dennis Price, l’un des piliers des studios, fait bien partie du casting, tous les autres comédiens sont des nouveaux venus, comme Ralph Bates, qui y débute sa carrière cinématographique. Au final, s’il est force d’admettre que le résultat est somme toute assez moyen, il en ressort tout de même un film intéressant car représentatif du tournant artistique opéré par le studio londonien.


Un an plus tard, pour Lust for a Vampire (un titre qui sera prohibé par la censure américaine, forçant le métrage à être rebaptisé par le beaucoup plus sage Love for a Vampire), Jimmy Sangster pousse encore plus loin son entreprise de « lifting artistique ». Pour ce faire, tout en prenant bien garde à conserver ce cachet très particulier que l’on pourrait baptiser la « Hammer Touch » (décors en studio, photographie très travaillée, période pré-indutrielle, ambiance gothique…), il emploie un style narratif nettement plus moderne. Il commence par prendre une grande décision : même si le film parle de vampires, oublions un peu Christopher Lee et Peter Cushing, trop représentatifs d’un classicisme rigide. On met aussi de coté ce cher Dracula, personnage jugé démodé par un jeune public avide de nouvelles sensations. Non, mieux vaut chercher dans un créneau plus aguichant… Comme, par exemple, ce personnage nettement plus sulfureux qu’est Carmilla.
Carmilla, fantasme fripon et homosexuel né de l’esprit de Sheridan Le Fanu au 19ieme siècle, est une vampire. Dans ce film, elle est la réincarnation de Carmilla Karnstein, une châtelaine du 17ème siècle. Infiltrée dans une école privée pour jeune fille, elle utilise son magnétisme pour assouvir ses instincts sanglants… mais surtout polissons. Un pitch idéal pour Jimmy Sangster, qui peut ainsi mettre en scène une œuvre à l’ambiance torride et foncièrement érotique. Pour ce faire, il n’y va pas de main morte. Il commence à réunir autour de lui la quasi-totalité des plus jolies vamps du studio… et il les déshabille avec soin. Sous la caméra très classieuse d’un réalisateur sexagénaire retrouvant la fougue de ses 20 ans, Suzanna Leigh, Yutte Steingaard, Pippa Steel et Judy Matheson s’effeuillent avec docilité, faisant tomber innocemment leurs déshabillés vaporeux. Seule Helen Christie se voit autorisé à nous masquer ses charmes (et c’est bien dommage, serais-je tenté d’ajouter). Le cinéaste profite aussi de récupérer le mythe de Carmilla pour offrir aux spectateurs de très érotiques jeux lesbiens, tout en parvenant à éviter le basculement dans la vulgarité. Le résultat est particulièrement réussi et la séquence dans laquelle Carmilla « vampirise » Suzan compte même parmi l’une des plus « culte » de l’histoire de la Hammer.

Mais Lust For A Vampire n’est pas un chef-d’œuvre. Loin de là. Car ce film traîne un immense boulet qui est le poids de ses traditions. Malheureusement, comme ses collègues du studio, Jimmy Sangster ne parvient pas à échapper complètement au piège du cliché. Il n’arrive pas, par exemple, à définitivement se séparer de l’imagerie liée au mythe de Dracula. Résultat : il ne peut s’empêcher d’introduire dans la narration ce personnage du comte Karnstein. Interprété par un insipide Mike Raven, ce vampire kitch est non seulement ridicule dans son accoutrement de carnaval (on dirait Bela Lugosi coincé dans un film de Jean Rollin) mais, de plus, guère utile au déroulement de l’histoire.
Le dénouement manque également d’originalité ; une foule en colère, armée de pieux, de râteaux et de torches, qui prend d’assaut le château des Karnstein pour mettre un terme aux exactions d’un trio de vampires un peu figé. Notons aussi le manque de personnalité dans la réalisation de Jimmy Sangster, plus conteur d’histoires que technicien, un aspect qui empêche le film de posséder ce cachet particulier qui rend les films inoubliables.

60

Lust for a Vampire est l’un des meilleurs Hammer de la période. Le réalisateur-scénariste Jimmy Sangster parvient à y moderniser le style un peu désuet du studio anglais tout en conservant ses atouts, à savoir une atmosphère gothique et une esthétique soignée. Cependant, malgré ces qualités, on ne peut le considérer comme une œuvre majeure. Il pèche en effet par la présence de clichés éculés et par une réalisation qui manque quelque peu de caractère.

Critique de publiée le 3 décembre 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Lifting intéressant de l’imagerie Hammer
  • Un érotisme gothique assez classieux
  • Brochette de jolies vamps
  • Quelques initiatives osées

Que faut-il oublier ?

  • Le comte Karnstein, ridicule et inutile
  • Scénario encore trop classique
  • Réalisation sans personnalité

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