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Critique du film : Toxic [1985], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 novembre 2007 à 16h08

Un super héros pas comme les autres

Melvin Junko est moche. Moche et aussi très con. De plus, il n’arrive même pas à aligner deux mots l’un derrière l’autre sans caqueter comme le ferait Donald Duck, plumé et balancé sur un glacier du Gröeland en plein mois de janvier. Aussi, comme seul boulot, Melvin a dû se satisfaire d’une place d’agent d’entretien dans une salle de gym. La serpillière à la main et la bave au lèvre, il a alors l’occasion de rêver fripon en matant les filles en body s’adonnant à leur loisir dans des pauses provocantes aptes à réveiller un mort.
Alors quand une des pétasses de la salle lui file un rencard pour le soir, à la condition qu’il enfile un tutu de danse rose bonbon, Melvin le niais ne sent pas venir le coup et pense de suite à celui qu’il est susceptible de tirer. Car - tout le monde l’aura compris sauf lui - ce pauvre type coincé et maltraité par dame Nature est la cible d’un canular potache organisé par la bande à Bozzo (si,si !), l’un des caïds du lycée du coin.


Bref, le soir venu, tout excité et le manche (de son balai à serpillière, bien entendu) fièrement dressé, Melvin se rend au rendez-vous. Et c’est un cauchemar ! Après avoir été chauffé à blanc par la fille, il voit surgir une bande d’étudiants hystériques et moqueurs, pliés de rire devant la tenue ridicule du jeune employé de ménage. Affolé, le jeune homme tente de fuir et, au bout de sa course, tombe par inadvertance dans un fût de liquide toxique. Quelle poisse, n’est-ce pas ?!
Et c’est à ce moment que l’incroyable se produit ! Alors que tout le monde croit Melvin passé de vie à trépas (sauf nous, car on sait que sinon le film n’aurait pas lieu d’être… et puis on a vu l’affiche), il se relève, vachement plus balaise, musclé et tout et tout. Bien qu’il soit encore totalement ridicule avec son tutu complètement cramé qui lui colle à la peau et son visage ravagé par les effets de l’acide, cela va beaucoup mieux pour lui car ; premièrement, personne n’ose plus se moquer de sa laideur et deuxièmement, il a trouvé un but à son existence ! Il décide en effet de continuer son job de nettoyeur, mais cette fois-ci version super-héros, en éliminant la racaille de Tromaville.
Et,cerise sur le gâteau, c’est au cours de l’une de ses missions qu’il va rencontrer l’amour de sa vie, la jolie Claire, une aveugle qui va lui apprendre les vertus de la bonté et du don de soi… ahhh, que c’est bôôô !

Les années 80 ! Une période faste dans le domaine du cinéma indépendant, déjanté et provocateur, un succès conséquence directe de la démocratisation du marché de la vidéo et de son impact économique et social. En effet, pouvant aller chercher directement son public dans les maisons et les appartements, le cinéma de genre se ramifie et se spécialise, et les produits jugés non exploitables en salle (trop gores, trop violents ou trop « cérébral »), trouvent une audience dans les cercles privés. Hors, parmi ces centaines de films qui ont marqué une génération de bissophiles, Toxic figure parmi les plus mémorables. On peut sans honte se demander pourquoi. En fait, les raisons sont multiples. Tout d’abord, il faut signaler qu’il marque l’envol de la popularité des studios Troma de Lloyd Kaufman et Michael Herz, deux uluberlus ayant élevé au niveau de culte la pratique de l’outrecuidance et de l’approximation artistique. Dans un premier temps récupérateur de vieilles perles Z oubliés, c’est à l’occasion de Toxic qu’ils passent définitivement à la production et à la réalisation de produits estampillés Troma. Ce film est donc en quelque sorte la « locomotive » du catalogue Troma ; le produit icône du studio.
Ensuite, au niveau purement artistique (si j’ose dire), parmi tous les éléments qui ont transformé un simple nanar volontaire en une oeuvre inoubliable, le plus marquant est sans nul doute son coté irrévérencieux. Un aspect provocateur cultivant le très mauvais goût qui passerait aujourd’hui très mal le barrage de la censure. On pense bien entendu à la séquence dans laquelle des jeunes voyous friqués s’acharnent à écraser des passants à l’occasion d’un jeu sordide. Si l’idée n’est pas réellement nouvelle, c’est surtout son traitement qui choque, avec des plans insistant sur le coté gore et dégueulasse de la situation, mettant en image le corps écrabouillé et la tête explosée d’un enfant passé plusieurs fois sous les roues d’une voiture. Mais ce n’est pas tout ! Dans Toxic, Lloyd Kaufman et Michael Herz s’acharne aussi sur les institutions publiques, ses magouilles et ses passe-droits ; notamment avec l’introduction du personnage du maire, cet individu au profil psychologique ignoble.

Bref, on joue du politiquement incorrect, du polisson à la Porky’s (à grand renfort de plans nichon, qui deviendra l’image de marque du Studio), du gore mal foutu mais écoeurant et des blagues potaches à deux balles. On entretient aussi l’image « arty » de cinéma amateur, avec ses plans approximatifs, ses montages bancals et ses comédiens de seconde zone débitant des dialogues crétins. Le tout sur un script bourré d’incohérences et pratiquant sans vergogne l’humour pipi-caca. Et ça fonctionne ! Enfin, à la condition que l’on adhère à cette invitation au n’importe quoi.
Cela marche car derrière cet amoncellement de conneries assumées perce - si l’on ose se pencher plus avant sur le truc - un véritable amour du cinéma et une sincérité non mercantile (cela a un peu changé depuis, Lloyd Kaufman ayant transformé cette innocence en un juteux business). Toxic, dans les années 80, est la matérialisation du film référentiel que tout teenager fan d’horreur bis rêve de réaliser. Sa force est que sa mise en œuvre parait être à la portée de n’importe qui – ce qui n’est pas vraiment le cas, Toxic étant réalisé avec des moyens traditionnels et en 35mm – à la manière d’un film de potes désirant se payer un délire. On y rie donc volontiers, les carences flagrantes de cette série Z se retrouvant, par un inattendu processus psychologique et affectif, transformées dans nos esprits potaches en qualités irréfutables.

La conclusion de à propos du Film : Toxic [1985]

Nicolas L.
80

Toxic est le film qui a rendu célèbre les studios Troma. Irrévérencieux, vulgaire et sale, il a fait plier de rire toute une génération d’ado boutonneux et potaches. Hors, il s’avère que plus de vingt ans après sa sortie, il reste encore sacrément gonflé dans son traitement, avec son humour très crade et ses provocations gratuites. Il garde donc toute son efficacité dans le domaine du mauvais goût et de la farce grand guignol ; un phénomène de « non usure » qu’il est intéressant de noter.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario complètement déjanté
  • Irrévérencieux et potache
  • Un humour très gras mais qui fonctionne
  • Du gore à la manière grand guignol

Que faut-il oublier ?

  • Vraiment n'imprte quoi
  • Pour les amateurs du genre, les autres vont détester

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