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Critique du Film : Pathfinder
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Critique du Film : Pathfinder

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 18 juillet 2007 à 2355

Bourrinage nordique

Suite à un raid quelque peu raté, un enfant viking est recueilli par une tribu amérindienne. Celui-ci, élevé suivant les coutumes de son peuple d’adoption, va se retrouver seul à lutter contre une nouvelle et violente incursion barbare…


Le 1er aout, date de la sortie française de Pathfinder, tous les amateurs d'histoire qui s’attendent à voir un récit épique et aventureux s’appuyant sur la colonisation du Vinland par les « norsmen » de Leif le Chanceux risquent fort d’être très désappointés. Ici, point d’installation d’un comptoir commercial, de colonie, voire au pire de rafles d’esclaves, non, juste un massacre orchestré par des Huruk-Hai en épaulière de football américain et au coefficient intellectuel de gobelins des cavernes. Dés le début du film, Marcus Nispel, le réalisateur, annonce la couleur, le scénario se veut linéaire, d’une violence totale, sans concession ni détour, à la manière d’un survival médiéval. Vous me direz : pourquoi pas ? C’est vrai, ce souhait est légitime dans le cadre de la fantasy hardcore. Cependant, en plus de ne posséder aucune once d’originalité, ce qui était prévisible, il est regrettable que ce script soit d’une connerie digne des nanars d’héroïc-fantasy italiens des années 80.
Ainsi, ces envahisseurs sanguinaires venus du Nord, qui ne sont là que pour le goût du massacre, sont suffisamment crétins pour tenter une attaque en toute discrétion en éteignant leurs torches mais en jouant tout de même du cor. Assez stupides également, malgré leur expérience culturelle, pour marcher sur un lac à la surface insuffisamment gelée sans y envoyer la moindre reconnaissance, et encore plus cons pour ne pas assurer leur cordée en montagne. Et ce n’est pas tout, le meilleur du pire vient du héros, ce jeune homme recueilli à l’âge approximatif de 10 ans par un peuple qui ne connait même pas la roue, mais qui parvient tout de même à acquérir une totale maitrise de l’équitation et de l’escrime (alors qu’il déteste ça). Tout ça sans cheval (les indiens des Grands Lacs n’en possédaient pas) et en se contentant de donner des coups d’épée dans l’eau (dans les deux sens du terme). Il connait même encore parfaitement la langue norvégienne. Ouah ! Quelle mémoire ! Quand aux membres des tribus natives, leur naïveté tend définitivement vers la débilité mentale à de nombreuses occasions (notamment lors d’une attaque de masse foireuse fort désopilante).
Pathfinder débute en fait comme Conan (et consorts, à commencer par Red Sonja) et se poursuit en y ajoutant des éléments du 13ème Guerrier, du Dernier des Mohicans et surtout de Rambo, premier du nom (on a même droit à un remake de Willow !). Quasiment tous les plans, hormis la séquence de climax (qui elle emprunte à Cliffhanger) sont piqués à droite et à gauche dans ces paniers référenciels, sans aucun essai de relecture. L’on devine bien que Marcus Nispel ne recherche aucunement l’effet de surprise mais plus l’efficacité, mais hélas pour lui, à aucun moment, dans sa mise en scène, il n’arrive à la cheville des modèles précités. De plus, le montage, très mauvais (tiens, comme par hasard, je viens de remarquer que le monteur est le même que pour Transformers, autre ratage dans le domaine !) ajoute au manque de clarté de certaines situations se voulant pourtant démonstratives.Au final, bien malgré lui et malgré la violence affichée, le cinéaste se contente de nous offrir un vulgaire ragout réchauffé de clichés éculés.
Par contre, l’accompagnement est assez délectable. Et pour le coup, Marcus Nispel doit grandement remercier son mitron Daniel Pearl, responsable de la photographie de Pathfinder. C’est ce dernier, en effet, plus que le réalisateur, qui empêche le film de terminer dans le vaste réservoir de produits de consommation bas de gamme. Car au niveau esthétique Pathfinder est une œuvre de toute première qualité, largement supérieur à un Apocalypto qui est issu, de par son concept, de la même veine. Mais cela ne suffit pas à tirer suffisamment la qualité du métrage vers le haut, notamment à l’occasion de combats au montage nettement trop clipesque et au cadrage trop serré.
Au niveau de l’interprétation, Karl Urban, dans le rôle de Fantôme, tire son épingle du jeu en nous offrant une prestation quasi muette dans le pur style « Schwarzi des chaumières ». Cela ne vole pas bien haut, mais le comédien, habitué aux rôles « épiques » (les séries Hercules et Xéna, le Seigneur des Anneaux, Riddick, Doom…) n’est jamais ridicule l’épée à la main. A coté de lui, pas grand-chose à dire, les barbares sont très impressionnants mais sont totalement dissimulés par leurs armures démesurées, mais très effrayantes car parfaitement photographiées. Quand aux indiens, disons le sans détour, ils ont l’air de crétins (mis à part le chef et sa fille).
Remarque : Mon cher ami Han Maximus m’a justement fait remarquer que je ne citais aucunement les différents problèmes qui ont pourri le tournage de Pathfinder. C’est vrai, car j’ai jugé le produit sous sa forme définitive, sans m’étendre sur les circonstances de sa conception. Maintenant, que répondre à Marcus Nispel qui annonce, de manière très virulente, à qui veut bien l’entendre que la production l’a empêché de personnaliser son film, allant même jusqu’à lui imposer ses choix. Je lui dirais d’abord que le problème n’est pas nouveau. De Orson Welles à John Carpenter, tous ont dû subir le dictat des studios. Dans les temps, c’est certains, les responsables de production, qu’ils se nomment Warner, Laemmle ou De Laurentiis, avaient plus de culture cinématographiques que ceux d’aujourd’hui, ces avocats affairistes ou ces vendeurs d’appareil ménager. Il n’empêche que Marcus Nispel a signé Pathfinder. Comme nombre de ses prédécesseurs mécontents, il aurait pu le renier, faisant de ce film une énième perle de ce bon vieux Alan Smithee. Il ne l’a pas fait (il doit avoir ses raisons) donc ce nanar de luxe est SON film. Tout le reste n’est que vaine spéculation.

La conclusion de

J’attendais beaucoup de ce film inspiré, soi-disant, d’un vieux film norvégien intitulé Ofelas le Guerrier. Autant dire que j’ai été grandement déçu par sa pauvreté scénaristique et son manque de panache. Seule la photographie, grandiose, sauve le film du pilori critique. Le public américain, lui, n’a pas mordu à l’appât du look, faisant de ce Pathfinder un énorme bide à 45 millions de dollars. Et pour une fois, j’avoue que je le comprends. Hormis les plus jeunes spectateurs, qui peuvent apprécier cette débauche martiale et ces images de vikings monstrueux grognant comme des fauves, je ne vois pas qui peut être intéressé par ce spectacle très moyen.

Que faut-il en retenir ?

  • Photographie somptueuse
  • Prestation correcte de Karl Urban

Que faut-il oublier ?

  • Aucune originalité
  • Scénario linéaire et rempli d’incohérence
  • Réalisation sans panache et montage foireux
  • Me rappelle même plus de la B.O.

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