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Docteur Jekyll et Mister Hyde >

Critique du Film : Docteur Jekyll et Mister Hyde

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 3 juillet 2007 à 15:35

Docteur Gentil et Mister Schnouff

Médecin estimé et époux de la douce et jolie Elizabeth, le docteur Henry Jekyll est un homme comblé dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée. Il partage son actuel emploi du temps entre des instants de romantisme avec sa chère et tendre et ses études – des expérimentations sur la douleur. Il travaille notamment sur une nouvelle formule d’anesthésiant, dont la composante de base est la cocaïne. Un soir, alors qu’il travaille tard, son singe de laboratoire renverse le mélange, répandant des émanations de drogue dans le laboratoire. Henry Jekyll, qui respire accidentellement ces vapeurs, se change alors en une créature violente et lubrique : Jack Hyde !


Edge of Sanity est une énième adaptation du Docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson et l’on pourrait bien entendu – sans risquer de se faire traiter de sectaire - la considérer comme une séquelle sans importance du classique de Ruben Mamoulian. Cependant, cela serait un peu précipiter les choses. En effet, il ne faut pas oublier que ce film possède au moins deux particularité : il est réalisé par un français, et un célèbre pornographe de surcroît ! C’est donc une curiosité, à ne pas en douter. Puis, au cours de sa vision, on pourra se rendre aisément compte que l’originalité de l’œuvre ne se résume pas seulement à l’identité de son concepteur. Ce qui est également une bonne chose…
En fait, au niveau scénaristique, Edge of Sanity se rapproche autant de Jack l’Eventreur que de Dr Jekyll & Mister Hyde. Il parait naturel de trouver cela logique tant le personnage de l’éventreur a une portée symbolique comparable à celle du scientifique schizophrène - notamment lorsque la légende identifie Jack comme un individu haut placé dans la société. Mais, dans son film, Gérard Kikoïne va plus loin en faisant s’entremêler les deux histoires. Cela n’est donc pas la simple expression d’un hommage lorsque les exactions de Jack Hyde se déroulent dans les quartiers de l’East End et de Whitechapel, et que les victimes sont toutes des prostituées éventrées. Le cinéaste tient absolument à ce que l’on appréhende ces deux histoires comme une seule.
Ensuite, au niveau de la thématique, le traitement met en relief les « vertus » de la drogue. Et plus que pour montrer les cotés pile et face de l’être humain - comme le fait Stevenson dans son roman -, Kikoïne utilise le medium de la potion comme le déclencheur d’une psychanalyse sauvage, d’un exorcisme psychologique. Les images de cette humiliation subie durant son enfance et qui hantent invariablement ses rêves se retrouvent alors projetées au premier plan, agissant sur la personnalité de Henry Jekyll sous la forme d’un explosif mélange de fascination et de répulsion.
Jekyll / Hyde se rend donc toutes les nuits dans les bordels de Whitechapel pour y trouver celle qui lui fera revivre en boucle cette nuit adolescente au cours de laquelle son éveil sexuel s’est mêlé à la honte et à la peur. Ensuite, une fois son excitation poussée à son paroxysme, il désamorce (exorcise ?) son mal en éliminant son objet : la femme. Pour cela, il utilise son bistouri de chirurgien et éventre ses victimes après les avoir égorgés. Un geste symbolique, rituel, une tentative inutile pour effacer de sa mémoire un douloureux épisode de sa vie.
Il est intéressent de noter que Henry Jekyll subit également les effets de la drogue. Véritablement accroc à sa double personnalité, son comportement diurne se modifie également. Il devient plus irritable, plus cynique, plus égoïste, en un mot… plus humain. Sans chercher un élément provocateur où il n’y en a peut-être pas, cet aspect effleuré dans le script peut entraîner une relecture du sujet de manière plus… hum… disons politiquement incorrecte (mais néanmoins intéressante).
Si l’on se penche sur le registre purement technique, ceux qui en doutaient pourront aisément se rendre compte que Gérard Kikoïne est un bon réalisateur (il le confirmera d’ailleurs avec l’Emmuré vivant). En fait, le film est assez proche, esthétiquement, du cachet Hammer Film, mais avec une atmosphère plus perverse, dans le style gothique italien. Les plans horrifiques, toutefois, ne sont guère effrayants et malgré que la plupart des situations se déroulent dans le milieu de la prostitution, le cinéaste évite de noyer son œuvre (d’inutiles ?) plans fesse. Il préfère jouer la carte du baroque et de la perversion bourgeoise avec une maison close assez classe, baignée par ses éclairages rouges et noirs, ses froufrous provocants, sa maquerelle maniérée et ses putes de luxe. Si, à mon goût, cela manque quand même de stupre et de fange (après tout, c’est ce que recherche Hyde !..) cela a l’avantage de ne pas submerger le film sous une imagerie racoleuse.
En fait, l’excentricité et la folie de Edge of Sanity vient du double personnage de Jekyll / Hyde, interprété par un Anthony Perkins halluciné. Sorte de gentleman chic le jour – il me rappelle fortement, par son attitude digne et affable, les élégantes interprétations de Peter Cushing -, il se transforme en junkie haineux la nuit. Comme il a été décidé d’appliquer peu de changements physiques et prothétiques au personnage, c’est le comédien lui–même qui doit appuyer l’effet de transformation… comme le fit Spencer Tracy dans la mémorable version de 1941. Finalement, l’expérimenté acteur s’en sort très bien, hormis dans les quelques plans finals où il en fait quand même un peu trop (si vous avez apprécié Jack Nicholson dans Shinning, ça devrait vous plaire…) Il faut dire, à sa décharge, que la séquence prête à l’excès, avec une séquence de bondage sanglant assez hystérique. En fait, ses performances d’acteurs les plus appréciables se déroulent le jour, durant les séquences où Henry Jekyll laisse subrepticement échapper quelques éléments de son aspect Hyde. A cette occasion, le comédien montre qu’il peut également faire preuve de subtilité.

60

Alors Edge of Sanity vaut-il sa vision ? Honnêtement, je pense que oui. Disons que sans être transcendant, il amène une pierre à l’édifice, avec sa relecture originale qui mélange les histoires de Jekyll & Hyde et de Jack l’éventreur. La réalisation est bien maîtrisée, de même que cet électron libre qu’est Anthony Perkins (ce qui n’est jamais une mince affaire). Le film manque peut-être un peu de malignité et de glauque, et cela peut étonner venu de la part d’un cinéaste connu pour son estimable carrière dans le X. Mais ceci explique peut-être cela, le réalisateur voulant peut-être se séparer d’une étiquette par trop encombrante. Un film intéressant..

Critique de publiée le 3 juillet 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Relecture intéressante du mythe
  • Réalisation soignée
  • Anthony Perkins, souvent impressionnant

Que faut-il oublier ?

  • Parfois un peu trop sage
  • Guère effrayant
  • Quelques aspects qui auraient mérités un meilleur développement

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