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Critique du roman : La Compagnie de la Foudre #1 [2001], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 22 mars 2007 à 15h51

Fantasy épique anti-colonialiste

Stryke n’attendit pas que les Kobolds lui tombent dessus. Enfonçant les talons dans les flancs de sa monture ; il l’éperonnât pour lui faire charger le pillard de tête, puis dévia vers la gauche comme s’il voulait longer son kigizil. Le cheval renâcla, mais Stryke le maintint sur sa trajectoire et enroula solidement les rênes autour d’une de ses mains. De l’autre, il brandit son épée. Surpris par la rapidité de son adversaire, le kobold tenta d’esquiver. Trop tard. La lame de Stryke siffla dans l’air ; la tête de la créature sauta de ses épaules, tomba sur le coté et rebondit en heurtant la piste. Un geyser de sang jaillit du cou tranché tandis que l’élan du kirgizil, désormais fou, emportait le corps décapité. Stryke se tourna vers un nouvel adversaire…
Sur le continent de Marias-Dantia, une douloureuse guerre religieuse fait rage entre les populations humaines. Elle oppose les adorateurs des anciens Dieux, des polythéistes désignés sous le nom de Multis, et les représentants d’un autre camp, de plus en plus nombreux, ayant épousés la foi d’un Dieu Unique ; les Unis. Il faut dire que depuis leur arrivée sur ces terres, les Humains ne se sont guère fait discrets et ont même entraîné une véritable mutation des conditions climatiques (une brutal avancée des glaces avec la progression d'un immense glacier descendant du Septentrion) et surtout… magique. Il semblerait en effet qu’à leur contact, les essences éthérées qui baignent le pays s’estompent et finissent par disparaître, privant les Anciens Peuples de leurs pouvoirs raciaux et les magiciens de leur source de puissance…
Au milieu de ces chamboulements, les Anciens Peuples que sont les Orcs, les Elfes, les Nains, les Kobolds et autres Trolls, offrent leur service aux plus offrants, ou aux plus convaincants. Parmi eux, les Orcs de la Compagnie des Renards. Ces derniers officient, presque à contrecœur, pour une alliée des humains Multi ; Jennesta, une sorcière sanguinaire née du croissement entre un humain et une Nyadd. Cette compagnie de mercenaires, véritable horde de chiens de guerre suivant la tradition moyenâgeuse, va alors, suite à d’extraordinaires circonstances, se retrouver dans une position d’arbitre, au cœur d’un conflit dont les enjeux dépassent leur entendement…
Dés parcourues les premières pages de La Compagnie de la Foudre, il n’est pas difficile de trouver dans le style un certain amour de l'auteur pour les valeurs classiques. L’univers de cette saga est ainsi de conception très commune, avec la présence, sans guère subir de modifications, de la plupart des archétypes propres aux œuvres d’Heroic-fantasy. Même la symbolique principale, la disparition progressive de la magie sous le matérialisme des Humains, reflète le moribond univers magique des Terres du Milieu de J.R.R Tolkien.
L’originalité et le plaisir de lecture, il va donc falloir le trouver ailleurs. Et il y a des chances que cela soit dans le parti pris et le style narratif. Conscient de la fragilité conceptuelle de son univers, Stan Nicholls a, selon toutes vraisemblances, décidé d’aborder le thème par l’autre bout. En fixant sa narration à partir du point de vue d’une race considérée dans la plupart des oeuvres comme des monstres ; les orcs ! L’auteur nous invite en effet à nous projeter dans la peau de ces créatures à peau verte, et principalement dans l'uniforme de son chef, le capitaine Stryke. On va alors découvrir un groupe d’individu très stéréotypés mais très attachants, et vivre en direct leurs moments de joie, de dispute, et de haine. L'auteur s’attarde principalement sur le groupe dirigeant cette unité d’une trentaine d’individu et sur les inévitables dissensions qui ne vont pas manquer de se produire, suite à des moments de grandes tensions.
Stan Nicholls profite également de ce choix narratif pour construire son récit à la manière d’une ode à la résistance culturelle et identitaire. On sent pertinemment ses préférences et son attachement envers cette horde de sauvages si véridique, et le récit est si orienté dans ce sens qu’il apparaît souvent comme un véritable conte allégorique portant sur les Guerres Indiennes. Les Humains apparaissent alors comme des pillards se disputant des territoires en butin, après avoir réduit à rien les populations autochtones. L’auteur fait même entrer en jeu la méthode d’élimination par virus (n’oublions pas l’ignominie de Henri Bouquet, un mercenaire blanc qui a détruit les Ottawa en leur offrant des couvertures portant le virus de la variole et la grippe des Espagnols, qui a exterminé la population autochtone de l’île Isabella) avec l’extermination de tribus orcs par la propagation de la tavelure rouge (une maladie au symptômes sans équivoque). Un rien directe et naïve, comme méthode, mais paraissant si sincère…
Autre particularité à relever : le goût de Stan Nichols pour la violence bien crade. Et là, même si l’on peut reprocher à l’auteur d’humaniser un peu trop ses orcs (ils peuvent sans défaut être comparés à une bande de mercenaires classique), il faut reconnaître que son attirance pour les descriptifs martiaux les plus crus est la bienvenue. Tout au long du roman, le gore, l’ignominie, la bestialité guerrière est omniprésente (il se vautre même avec délectation dans l’excès lorsqu’il décrit les exactions de la terrifiante Jennesta, sorte de Comtesse Bathory inhumaine). C’est finalement ce coté adulte qui différencie le plus ce cycle des romans de la série Warcraft, qui, eux aussi, introduisent des Orcs comme principaux protagonistes. Et c’est ce choix narratif qui m’a engagé à persévérer dans la lecture de cette Compagnie de la Foudre dotée par ailleurs d’une écriture très fluide et très directe.

La conclusion de à propos du Roman : La Compagnie de la Foudre #1 [2001]

Nicolas L.
72

La Compagnie de la Foudre est un roman assez commun, de part son écriture plutôt simple et son manque d’originalité dans la création de l’univers de Maras-Dantia. Cependant, il serait vraiment injuste de s’arrêter à cette sévère constatation. Car, finalement, le plaisir de lecture ne vient pas forcément que de la sophistication. Je dois avouer que j’ai accroché à ce premier tome. J’ai aimé cette projection dans la peau d’un orc aux senteurs de Geronimo, et j’ai également apprécié le goût de l’auteur pour le gore et la violence épique. Bref, si ce roman ne va pas rester éternellement dans ma mémoire, il m’a fait passer un agréable moment.

Que faut-il en retenir ?

  • Lecture très facile
  • Un point de vue inhabituel
  • De la Fantasy adulte, c’est assez rare
  • Très violent et organique

Que faut-il oublier ?

  • Un univers très conventionnel
  • Des orcs finalement très humains
  • Il faut apprécier le gore

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