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Critique du Film : L'Exorciste : Au commencement
L'Exorciste : Au commencement >

Critique du Film : L'Exorciste : Au commencement

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 28 février 2006 à 0822

Indiana Jones meets Pazuzu

Dans l’Exorciste : Au commencement, on retrouve le bon père Merrin (Stellan Skarsgård) aux prises avec l’ancestral démon sumérien Pazuzu, mais de nombreuses années avant leur affrontement qui aura lieu à l’occasion de l’exorcisme de la petite Regan. Au cours de ce film, on apprend que le père Merrin a, durant une période de sa vie, suite à son implication forcée dans des massacres nazi, perdu la foi. Pour gagner sa vie, il doit donc travailler comme archéologue, et, en tant que tel, il se rend en Abyssinie, où vient d’être découverte une mystérieuse église byzantine enfouie sous les sables. Arrivé sur place, il prend compte de l’attitude hostile des autochtones et le comportement plus qu’étrange des scientifiques européens présent sur le site des fouilles…
Renny Harlin, monsieur Bim Bam Boum ! le finlandais à la légendaire finesse viking, s’est attaqué à la préquelle de ce vénérable mythe qu’est le chef d’œuvre de William Friedkin et de Dick Smith. Et, comme à son habitude, il ne fait pas dans la dentelle. Certains diront que cela n’est pas sa faute, que le film était déjà bien entamé lorsqu’il s’est retrouvé derrière la caméra, et que la tâche était bien difficile. Je ne dis pas le contraire, mais il serait malhonnête de dire que Au Commencement reflète une once du savoir-faire des deux précédents architecte ; John Frankenheimer et Paul Schrader, tant le film présenté est à des lieues de leurs styles réciproques.

Le père Merrin, de nombreuses croix à porter, dont ce film

Moi, je dirais plutôt que ce type de métrage n’est pas fait pour lui. Cette conclusion, que beaucoup de lecteurs trouveront sûrement trop hative, je la justifie par cette abondance d’effets gratuits lourdement appuyés (des tonnes de ralentis de verres qui tombent, de stylos qui roulent, et de pieds qui soulèvent la poussière) et cette volonté absolue de nous en mettre plein la vue, au discrédit du climax, qui se voudrait plutôt glauque, xénophobe et oppressant. Ainsi, le film privé de toute ambiance surnaturelle et inquiétante, la ‘’peur’’ qui peut éventuellement surgir (ce ne fut pas mon cas) ne peut venir que de l’attitude agressive de quelques protagonistes, des effets de surprise dans le style slasher, et quelques séquences gores pas trop mals foutues. Des artifices de fête foraine qui, de plus, ne fonctionnent pas toujours très bien, à cause d’une montée en tension pas assez rigoureuse.
Ainsi, le film s’oriente vers le blockbuster à 50 millions de dollars, qui veut nous épater avec des séquences grandiloquentes (il a fallu qu’il nous mettent un remake de Zoulou) et des rebondissements artificiellement exagérés. Le scénario est d’ailleurs parfais pour cela tant il compte de défauts ; dialogues mals documentés sur l’archivage des documents religieux (ils ne tiennent absolument pas compte du schisme des églises de 484, ou même de la destruction des archives de Rome en 476 par les troupes d’Odoacre), des incohérences flagrantes (le gamin qui se fait déchiqueter sans aucune rapide intervention durant de longues minutes par des hyènes ‘’géantes’’ en synthèse, en plein milieu d’un minuscule patio), des scènes éculés (encore la douche, toujours la douche…, les mouches, encore les mouches), et des influences démoniaques inexpliquées, présente juste pour que ça fasse dégueu (le malheureux Ben Cross, défiguré parce qu’il est là pour ça).
Elle prend sa douche, en pleine nuit, isolée dans une maison, et elle n’est pourtant pas blonde

Mais le pire vient avec le final. Avec tout d’abord, un plan aérien sur une gigantesque tempête de sable en synthèse qui touche le site, et qui se retrouve presque transformée en léger Sirocco une fois la caméra placée au sol, filmant l’affrontement en des militaires anglais armés jusqu’aux dents et les indigènes du petit village voisin qui doivent bien être des milliers pour submerger si facilement les retranchements de leurs adversaires. Puis, un twist scénaristique si débile, soudain, et à la limite de l’arnaque, qu’il vaut mieux choisir d’en rire. Une bonne idée, car on pourra continuer à ce gausser lors de la séquence d’exorcisme.
En effet, on pénètre à ce moment en plein film de chasse aux monstres. Avec une Isabella Scorupco devenue une créature bondissante et prédatrice, utilisant plutôt ses capacités physiques surdéveloppées que son pouvoir de subjection. On est très loin de cette crainte divine que devrait nous imposer Pazuzu. Renny Harlin oublie que les démons sont avant tout des anges déchus, et il nous offre un remake du final de la Mutante. Bref, c’est très décevant, et on assiste sans aucune émotion, à une succession de scènes d’horror survival, même si la réalisation n’est pas mauvaise du tout.
Pazuzu, un démon en robe bondissant

L’aspect technique est d’ailleurs le seul point fort du film, avec la musique de Trevor Rabin, et j’ai été séduit par cette superbe photographie. La plus belle image étant d’ailleurs cette ouverture sur un immense champ de crucifiés renversées. Un magnifique spectacle poétique et cauchemardesque, dont le message apocalyptique restera hélas sans suite. Les éclairages dans l’église et le temple païen sont parfaits et donnent une bonne impression d’immersion, tout en gardant une image parfaitement nette. De même, les éclairages extérieurs, sur le cimetière et le camp, donne un petit air ‘’cthulhien’’ bienvenu avec de nombreuses et riches nuances gothiques et claires obscures.

La conclusion de

Produit de commande sans grande envergure artistique, L’exorciste : Au commencement est un blockbuster comme il y en a des dizaines, avec cependant quelques atouts : un petit regard sur le cinéma gore, une interprétation correcte et une photographie nettement au dessus de la moyenne. Plombé par un scénario pas assez fouillé et une mise en scène tape à l’œil, le film est cependant condamné à l’oubli. A comparer avec la version direct-to-DVD de Paul Schrader, sortie en 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellente photographie et maîtrise technique en général
  • Interprétation sans génie mais correcte
  • Un peu de gore dans un blockbuster
  • Musique envoûtante
  • La séquence d’ouverture, magnifique peinture macabre.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario rempli d’incohérences
  • Un twist artificiel, forcé et risible
  • Absence de climax fantastique
  • L’exorcisme final, ridicule.

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