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Critique du Film : Bubba Ho-Tep
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Critique du Film : Bubba Ho-Tep

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 10 février 2006 à 0617

Elvis et JFK face à la momie

Elvis Presley n’est pas mort, il est juste mal en point, alité dans un asile de vieillard, perdu au fin fond du Texas, avec comme seul fidèle compagnon un zizi en chou-fleur. Car celui qui est mort dans les années 70, pourri par l’abus de coke, de médocs et de cheese-burgers, et vérolé par le diabète, était un imposteur, un sosie choisit volontairement – et en théorie temporairement - par le King pour fuir une célébrité qui le minait et l’empêchait de vivre.
Donc, le vieil Elvis, dont personne ne veut plus croire aujourd’hui la véracité de ses dires (qui ne seront d’ailleurs jamais vérifiés, et s’il s’agissait seulement du délire mythomane d’un vieux sénile ?) traîne son pyjama pourri dans cette antichambre de la mort, en compagnie d’un Noir, un doux dingue prétendant être le vrai JFK à qui l’on aurait re-pigmenté la peau afin de l’éloigner du monde politique.
Leur quotidien, meublé par de ternes repas, des poses pipi et des siestes forcées, voit un beau jour sa monotonie brisée par le début d’une série de décès, qui surviennent avec une cadence anormalement élevée, quand bien même ils se produisent dans un hospice de vieux. La découverte de hiéroglyphes sur les murs et l’attaque d’un scarabée belliqueux finissent par convaincre Elvis et JFK qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark. Mais qui donc va bien pouvoir croire deux vieux schnocks, unanimement considérés comme des fous ?..

Non, Elvis n’est pas mort!

Don Coscarelli est considéré par beaucoup comme un génie. Pourtant, si l’on se retourne un peu sur sa carrière, on se rend compte qu’elle sonne comme une vieille calebasse un peu creuse. En fouillant bien au fond, on peut y trouver, c’est vrai, un chef d’œuvre d’horreur macabre, Phantasm, qui avait, en son temps – il faut quand même remonter au début des années 80 – terrorisé un sacré paquet de spectateur en les plongeant dans un cauchemar onirique et morbide. Depuis, pas grand-chose de délectable, une série de séquelles à ce Phantasm, de qualité variable, et la création de la série kitch des aventures de Dar, un sous-conan écologiste.
Avec ce Bubba Ho-Tep, Don Coscarelli se hasarde sur une nouvelle voie, en abordant ce qui pourrait être catalogué comme un assez cocasse Elvis Meets The Mummy, si on omettait de gratter un peu la pellicule bis qui entoure l’œuvre. Car ce qui fait la force du scénario de Bubba Ho-Tep, c’est sa fascinante seconde lecture et l’émotion qui en découle. La farce potache devient alors un psychodrame assez poignant et cynique dans lequel deux mourants livrent un dernier combat pour y acquérir une reconnaissance, une identité, et finalement une dignité.
Car que pourrait donc bien être la momie, à part la matérialisation du pourrissement et de l’oubli ? Sortie de nulle part, elle pourrait être assimilée bien évidemment à la Grande Faucheuse, mais avec une absence de justification théologique et une méthodologie beaucoup plus sale, remplie de vers et de crasse. En luttant contre cette entité, au milieu de la quasi indifférence de leur entourage qui ne voient plus en eux un quelconque intérêt, Elvis et JFK essayent de retrouver leur soi-disant qloire passée, mais surtout tentent de se procurer une nouvelle raison de se réconcilier avec eux-mêmes.
Il est juste très vieux

Pour incarner cet Elvis vieillissant, le cinéaste, sous les conseils de son ami Sam Raimi, a eut la bonne idée de choisir Bruce Campbell. Cet acteur génial, starifié dans les années 80 avec ses performances de Ash dans les Evil Dead, a finalement le même cursus cinématographique que Don Coscarelli ; un artiste prometteur à la carrière ‘’momifiée’’ pour être passé probablement à coté de quelques opportunités qui auraient peut-être tout changées. Se pliant à la volonté du script, Bruce Campbell se soumet alors docilement à de contraignantes nécessités - des heures de maquillage, un costume rembourré encombrant et horriblement lourd, de nombreuses répétitions mimétiques – au cours d’un tournage difficile car désargenté.
Mais pour quel résultat ! Car Bruce Campbell est parfait ! Vraiment parfait ! En comparaison, je regardais il y a quelques jours la performance de Charlize Theron dans son métrage Monster, en me disant : ‘’ C’est impressionnant, mais en même temps, elle en fait parfois un peu trop et cela plonge parfois le personnage dans la caricature.’’ Ici, ce n’est pas du tout le cas, tout est finement calibré et l’acteur parvient à glisser dans nos esprits des sentiments de compassion et d’attendrissement envers ce personnage pathétique, noyé par les regrets et la désillusion.
Il serait injuste de ne pas citer également Ossie Davis, un comédien issu du monde théâtral et qui incarne le personnage de JKF. Car il est vraiment remarquable dans sa performance en vieil homme doux et effacé, persuadé d’être la victime d’une machination, et qui acquêt petit à petit une reconnaissance de la part du seul personnage digne d’intérêt à ses yeux : Elvis. Le King illustrera ce gain identitaire en l’appelant systématiquement ‘’président’’ à partir de la moitié du métrage. Par l’anecdote, à noter également la présence de Reggie Bannister, le héros de la série Phantasm, dans un petit rôle.
La momie, un nouveau type de Faucheuse

Les seuls défauts que l’on peut reprocher au film sont la mise en place un peu forcée des personnages par des artifices un peu trop lourds, et surtout de nombreux problèmes de rythme au niveau de la réalisation. On peut séparer le film en deux parties distinctes, la mise en place des personnages et la chasse au monstre, mais il faut admettre qu’aucune des deux n’est vraiment géniale en terme de réalisation et de tenue rythmique. Coscarelli hésite sans arrêt entre un traitement onirique, flou et flottant et une tenue plus dynamique avec un montage plus nerveux, sans arriver à souder les liens entre les deux systèmes narratifs. Par conséquence, certains spectateurs vont être gênés par ce rythme désynchronisé et y trouver peut-être des longueurs, avec le risque de décrocher. Cela serait dommage, d’ailleurs.

La conclusion de

Bubba Ho-Tep est un ovni cinématographique, un film de genre comme on en fait presque plus. Sur un pitch complètement improbable, voir débile, Coscarelli nous offre au final un magnifique, bien que non dénué de défauts, conte émouvant sur la vieillesse et la quête de soi. De plus, il a eu le goût de s’entourer de talentueux comédiens qui n’hésitent pas à le remercier en offrant des remarquables prestations. A voir impérativement et à juger sur pièce.

Que faut-il en retenir ?

  • Pitch farfelu et scénario riche
  • Interprétation majestueuse
  • Humour, cynisme et émotion au rendez-vous

Que faut-il oublier ?

  • Quelques problèmes rythmiques

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